Les gouvernements, en Europe comme aux Etats-Unis, sont obstinément « à côté de la plaque ». Ils persistent à interpréter comme une crise conjoncturelle de courte durée ce qui, en réalité, est une crise structurelle de long terme. Dans de telles conditions, il ne faut s’étonner si les remèdes appliqués, de part et d’autre de l’Atlantique, avec des plans de soutien ici, des plans de relance là bas, sont autant d’emplâtres sur une jambe de bois. Ils ne servent rigoureusement à rien, si ce n’est à gagner un peu de temps, dans la mesure où ils ne s’attaquent nullement aux fondements de la crise.
Expliquons-nous.
Un endettement aussi massif, aux USA comme en Europe (l’Allemagne exceptée) ne peut s’analyser que comme un déséquilibre structurel profond et durable entre l’offre et la demande.
Du côté de la demande, l’Occident a résolument choisi depuis fort longtemps, (pour d’évidentes raisons de démagogie électoraliste) de privilégier la consommation comme moteur de la croissance au lieu de fonder aussi la croissance sur l’investissement (le modèle chinois) ou l’exportation (le modèle allemand). La démocratie n’a pas que des avantages. Le résultat ne s’est pas fait attendre : un gouffre prodigieux s’est ouvert entre les demandes d’une consommation frénétiquement dopée par le crédit et les capacités de l’économie à y répondre, d’où l’appel à l’étranger avec un déficit commercial chronique provoquant un endettement massif.
Du côté de l’offre, les dérives de la doctrine libérale ont imposé contre vents et marée une mondialisation tous azimuts qui a eu pour conséquence la multiplication des délocalisations à l’étranger, (Chine et Inde en étant les principaux bénéficiaires) d’où une profonde désindustrialisation aux Etats-Unis[1] comme en Europe (sauf en Allemagne qui a su rester capable de produire les biens d’équipement dont les pays émergeants sont gourmands).
Mais tout d’abord, à quel prix pourrait-on réduire notre endettement ?