Pauvre France

Pauvre France, comme aurait dit Jean Lefebvre en son temps.

Voilà un ministre d’origine espagnole (il a été naturalisé en 1982, voici 30 ans, quelle ascension politique vertigineuse !) qui poursuit avec acharnement de son ire un Français d’origine camerounaise, pour défendre l’honneur des Français d’origine juive. Et les bons Français de souche, comme on dit, dans tout cela ? Ils contemplent ébahis ce spectacle étrange en se demandant dans quel pays nous vivons et dans quelle époque. Voilà où mène une politique d’immigration incontrôlée qui débouche inévitablement sur un communautarisme où chaque communauté hérissée et constamment sur la défensive cherche à défend bec et ongles son fief plutôt que de se fondre dans l’ensemble français.

Certes, l’anti-sémitisme est une bien vilaine chose et l’incitation à la haine raciale mérite d’être condamnée. Tout le petit peuple politique qui frétille de concert, à droite comme à gauche, en est bien d’accord et applaudit Monsieur Valls des deux mains. D’ailleurs les lois Gayssot et Pléven y pourvoient amplement, Dieu merci.

Mais fallait-il pour autant poursuivre l’ennemi avec une telle hargne jusque dans les coulisses d’un spectacle soit disant humoristique. L’emploi d’un marteau pilon pour écraser une mouche est-il recommandé ? La lutte contre l’antisémitisme n’est-elle pas en train de virer à l’hystérie ?

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L’économie française : un tableau de bord bien sombre

La France traverse une des pires périodes de son histoire économique. La comparaison avec l’Allemagne prospère d’Angela Merkel est affligeante pour nous.

Car il ne faut pas se leurrer et se laisser gruger par les informations savamment distillées par les pouvoirs publics. Ces « bonnes nouvelles », obtenues à « l’arraché », étaient supposées annoncer en fin d’année le miracle de la guérison de l’économie française, grâce aux soins éclairés du bon docteur Hollande.

La baisse de 50 000 chômeurs proclamée récemment n’a guère de sens. Tout économiste un peu sérieux sait fort bien qu’il est aisé par quelques « trucages » statistiques astucieux de donner des couleurs, provisoires hélas, à une série statistique anémiée, celle du chômage par exemple. C’est le temps d’obtenir de grosses manchettes dans la presse avant de passer à autre chose de plus sérieux, les nouvelles sportives par exemple.

Ce genre de procédé bien connu est couramment utilisé pour « embellir » les statistiques du chômage, celles des prix, pour le budget, bref, pour tout agrégat statistique dont il suffit de changer astucieusement la composition en jouant sur les délais de prise en compte de certaines données-clef pour en pervertir le sens. D’autant plus qu’un résultat mensuel ne donne qu’une très médiocre indication sur l’orientation générale de l’économie et qu’il faut attendre patiemment plusieurs mois, voire plusieurs trimestres, pour y voir clair.

Reconnaissons cependant d’emblée un mérite à François Hollande (il n’en a pas tellement). Alourdir la charge des ménages pour alléger celle des entreprises relève de la plus stricte orthodoxie libérale. Il faudrait l’en féliciter. Le malheur veut que cette mesure se situe dans un contexte déflationniste grave, alors que la charge fiscale atteint déjà le niveau d’alerte et cela en l’absence de toute réforme de fond.

Or les remèdes sont archi connus grâce à une pléiade de rapports de qualité, -dont le dernier en date est celui de Louis Gallois- qui psalmodient inlassablement la litanie des maux français : obésité du secteur public et notamment du secteur social ; Etat-Providence atteint d’anémie graisseuse ; rémunérations trop élevées et compétitivité insuffisante, ce qui nous chasse des marchés extérieurs ; rémunérations excessives en regard de la productivité de la main d’œuvre (qualification insuffisante faute de formations adaptées, horaires de travail largement en dessous des normes européennes et des Etats-Unis etc. etc.).

En un mot, et pour le dire un peu brutalement, les Français ne travaillent pas assez et sont trop payés pour ce qu’ils font.

En conséquence, la France, depuis des années, vit largement au-dessus de ses moyens. Notre pays ne « gagne pas sa vie » et vit à crédit comme ces ménages dispendieux qui ne savent pas contrôler leurs dépenses. Bien mieux, les nouveaux emprunts servent, en partie, à payer les anciens. C’est de la « cavalerie » pure, un système Madoff transposé à l’échelle d’un pays. Mais ce petit jeu ne peut durer éternellement.

La preuve en sont le déficit budgétaire (4,1 % du PNB cette année) et l’endettement extérieur (95,1 milliards) lesquels s’alourdissent d’année en année : l’endettement seul va bien bientôt atteindre des niveaux « grecs » : près de 100 % du PNB. C’est la cote d’alerte à ne franchir en aucun cas pour un pays qui ne veut pas glisser dans la catégorie des pays sous-développés. Ces derniers ne survivent que grâce aux aides internationales, fonds de secours européens, FMI ou autres. On en est plus très loin. Et pourtant notre pays se prépare à le faire allègrement, dans l’indifférence du public.

Le gouvernement n’en a cure, de promesses non tenues en promesses non tenus : « demain, nous raserons gratuit », comme le promettait le coiffeur de légende. Il s’est engagé sous la pression de Bruxelles à ramener le déficit budgétaire de 4,1 % cette année à 3,6 % l’an prochain. Mais personne n’y croit plus. Les promesses solennelles, et les engagements de l’Etat, n’ont plus aucune crédibilité, ni devant l’opinion publique, ni à Bruxelles. On assiste, une fois de plus, à une fuite en avant en espérant qu’elle ne se terminera pas « dans le mur ».

Car l’adage ancien : « trop d’impôts tue l’impôt » reste toujours vrai. La preuve par neuf en est le budget de la France. Malgré l’alourdissement de la charge fiscale les recettes ne suivent pas et le déficit budgétaire reste intact, en attendant qu’il se creuse à nouveau.

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Quand Hollande singe Sarkozy

Qui aurait cru que le bon visage de clerc de notaire de notre cher président, cachait l’âme fière et altière d’un condottiere ou d’un nouveau Don Quichotte ?
Notre paisible François Hollande, galvanisé par la poignée des va-en-guerre de service, associations bienfaisantes, anciens du Quai à l’âme tendre et journalistes au grand cœur, ceux qui avaient déjà donné contre Kadhafi (Allah ait son âme ), veut absolument envoyer l’armée française guerroyer en Syrie. Voilà la France intronisée comme « gendarme du monde « bis », à la traîne de l’Amérique quand même. Car c’est elle qui a les moyens militaires. Les Français sont là pour aboyer frénétiquement à la moindre occasion et « éveiller les consciences », le beau rôle quoi. Comme si la lutte contre le chômage ne suffisait pas à épuiser les maigres ressources intellectuelles de notre cher président.
D’autant plus que, plus le président demande à nos forces armées d’intervenir aux quatre coins du monde, moins le gouvernement s’engage à leur financement. La crise vous dis-je. Et les restrictions budgétaires sont toujours là. Le budget des armées de la France est à un étiage jamais atteint : 1,5 % du PNB et de réduire les effectifs déjà maigrelets de 37 000 hommes. C’est l’âne de Buridan.

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François Hollande dans la souricière

Il n’a aucune chance d’en sortir. Voici pourquoi.

Tous les indicateurs sont au rouge : le déficit public atteint 72,6 milliards (sur une base annuelle). Prévu à 3,7 % en 2013, il devrait plutôt s’orienter vers 4% du PIB. Les défaillances d’entreprises se multiplient : plus de 15 000 en deux mois, d’où un chômage historiquement élevé, proche de 11%. Ce n’est pas fini, hélas. Les créations d’emplois sont à la baisse : près de 8000 emplois sont perdus chaque jour. La compétitivité est en baisse et la productivité aussi. La France est-elle devenue le « malade de l’Europe » aux côtés de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne et de l’Italie ?
C’est la raison pour laquelle l’agence de notation Fitch vient de retirer à la France son triple A, qu’elle avait conservé jusqu’ici par on ne sait quel miracle. Il était temps. Car conserver un triple A à une économie qui sombre en douceur était une aberration qui n’avait que trop duré.

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La methode Sarkozy : le liquide

Décidément, on ne finit pas d’en apprendre sur les méthodes peu orthodoxes de Nicolas Sarkozy pour accéder au pouvoir.
Car c’est décidément un bien curieux personnage que les Français ont porté à la tête de l’Etat, sans scrupules, capable de tout et dépourvu de toute correction. Qu’en en juge plutôt.

Chacun sait que les élections coûtent cher, et les élections présidentielles plus cher encore.
Cela se comprend. En dépit de aides de l’Etat, il faut trouver des ressources supplémentaire, ouvertes ou discrètes, pour financer les innombrables « faux frais » de la campagne, la location de salles, les affiches, les « primes » aux amis, les « pourboires » aux supplétifs occasionnels, et j’en passe. Il faut de l’argent, beaucoup d’argent en France, comme aux Etats-Unis d’ailleurs. Ce ne sont certainement pas les maigres cotisations des militants du parti qui peuvent y suppléer. Il faut trouver autre chose.

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Nicolas, reviens vite !

Certains de nos compatriotes, apparemment privés d’entendement ou de mémoire, regrettent déjà Nicolas Sarkozy et réclament bruyamment, sur tous les tons et toutes les ondes, son retour aux affaires. Ils ont même été jusqu’à créer une association « les Amis de Sarkozy », véhicule indispensable, comme on sait, pour recueillir de l’argent et faire parler de soi en toute occasion.

On les comprend. Nicolas Sarkozy a effectivement un bilan exemplaire :
- 500 Milliards d’endettement public supplémentaire pendant son mandat : c’est Sarkozy
- 250 000 immigrés de plus par an : c’est toujours Sarkozy
- cerise sur le gâteau : le cher homme, devenu un vrai foudre de guerre, va chercher gratuitement noise à Kadhafi en Libye. Moyennent quoi, Il a fait prestement sauter le verrou Kadhafi qui contenait Touaregs et islamistes, lesquels se sont empressés de dévaler sur le Mali. Ce qui a rendu obligatoire une nouvelle intervention de l’armée française. Et ce n’est probablement pas fini.

Pour faire simple, on peut rappeler comme suit les réalisations remarquables de Maître Sarkozy pendant son mandat :
- les 35h : elles sont toujours là, fidèles au poste,
- le collège unique : il est toujours là, pour la plus grande joie de nos chers petits, dont beaucoup terminent leurs études quasiment illettrés,
- la méthode globale, toujours appliquée, pour fabriquer des ignares en série,
- l’impôt sur la fortune, toujours présent.

Et nous n’évoquerons pas ici la longue liste des réformes en trompe l’oeil, inachevées ou carrément bâclées : les retraites (encore à réviser), la justice (toujours aussi bancale, l’université (à réformer) etc. etc. etc.

Et dire que son slogan pour la campagne présidentielle était « la France Forte » ! Quelle galéjade.

On comprend que l’on puisse regretter un homme providentiel de ce calibre.

L’UMP, l’huitre et les plaideurs

Le bon Lafontaine l’avait déjà écrit bien avant nous.

Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent
Une Huître que le flot y venait d’apporter :
Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;
A l’égard de la dent il fallut contester

L’huitre, objet d’une convoitise acharnée, c’est évidemment la présidence de l’UMP où les deux protagonistes voient, peut-être à tort d’ailleurs, l’antichambre de l’élection présidentielle.

Les plaideurs, chacun a reconnu les deux François, François Copé et François Fillon. On pourrait d’ailleurs appeler cet épisode charmant « la guerre des deux François ».
Quand à Georges Dandin, mon Dieu, comment ne pas le distinguer sous les traits d’Alain Juppé, né malin, rusé, madré. Il espère bien, en fin de compte, empocher, tout ou tard, la mise, grâce à une affaire qui le place enfin, le destin est miséricordieux, après tant d’avanies, en position d’arbitre, de vieux Sage, de Gourou même au sein de l’UMP.

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La réélection de Barak Obama

La cause est entendue. Obama a été réélu par les minorités noires et latinos, mais aussi par la fraction de la communauté blanche dite libérale, lisons quasi socialiste, parfaitement incarnée naguère par feu Edwards Kennedy, milliardaire au grand cœur. C’est celle qui ne rêve que d’étendre encore davantage l’emprise de l’Etat fédéral à des fins de justice sociale, entendons par là une redistribution aussi large que possible en faveur des déshérités, celle qui a milité avec acharnement en faveur de la réforme du National Health Service votée voici plus de deux ans.

Aux Etats-Unis comme en France, l’électorat blanc a été victime de l’immigration. En fait, cela était prévisible voici dix ans, lorsque le Bureau of Census américain nous a appris que le dernier bébé né aux Etats-Unis cette année-là changeait la majorité de la population en faveur des minorités. Les blancs d’origine caucasienne devenaient minoritaires pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique. Les conséquences électorales n’ont pas tardé à se manifester.

En gros, cette élection a vu le triomphe de l’Amérique sociale et compatissante contre l’Amérique industrieuse et industrielle, l’Amérique du travail, de la compétitivité et de la réussite individuelle contre l’Amérique compatissante soucieuse de la prise en charge par la collectivité de tous les « laissés pour compte de la croissance. Et ils sont nombreux Outre Atlantique où la crise financière a creusé encore davantage le fossé toujours béant des inégalités de la société américaine.

Cette réélection apparaît d’autant plus injustifiée que Obama, en dépit de son évidente bonne volonté et de ses qualités personnelles, a échoué sur toute la ligne, notamment en terme d’emplois et de croissance. La création d’emplois nouveaux reste anémique et la croissance oscille, pour l’instant, autour d’une trajectoire quasi plate et cela en dehors d’un déficit budgétaire qui reste phénoménal et des énormes quantités de liquidités enfournée à tour de bras par Ben Bernanke, le président d’une Fed complaisante devenue une machine à imprimer des billets. En dehors de cela, la crise des crédits hypothécaires n’est toujours pas résolue et bien des ménages modestes continuent à être expulsés sans ménagement de leurs logements.

Bien plus, la réforme du secteur bancaire et financier n’a été menée à bien qu’en partie et les fameux hedge funds recommencent à faire parler d’eux et proliférer ici et là. Les leçons de la dernière crise n’ont manifestement pas été tirées. Une nouvelle « bulle » spéculative de taille colossale est en train de se former. C’est le développement fort inquiétant du « shadow banking » (hedge funds, assurance, fonds de pensions et autres entités financières), ce secteur financier de 67 milles milliards de dollars (vous avez bien lu mille milliards), qui échappe totalement à la règlementation qui s’impose au secteur bancaire traditionnel. Décidément, la spéculation financière a encore de beaux jours devant elle. A quand la prochaine crise ?

Que faut-il attendre de cette réélection ? Il est permis de se demander si, avec la mise à l’écart de Mitt Romney, malgré ses défauts, l’Amérique n’a pas perdu sa dernière chance de se réformer et de remonter la pente. En d’autres termes, il est donc à craindre que les Etats-Unis, qui sont sur une pente hésitante depuis une dizaine d’années, ne vont pas à leur tour emprunter le chemin du déclin, comme la vieille Europe avant eux.

Car les « penseurs » Outre atlantique, et l’on pense ici naturellement au plus vociférant d’entre, le prix Nobel d’économie, mais surtout chroniqueur au New York Time, Paul Krugman, à la barbe fleurie, persistent à ne jurer que par l’évangile selon Keynes, à savoir, des déficits, encore des déficits et toujours des déficits (d’autant plus que comme il est prévisible, le nouveau Health Service qui entrera en œuvre en 2014 va se révéler un insondable gouffre à milliards de dollars (comme notre chère Sécu en Europe).

C’est que financer par le déficit est tellement commode. Aussi longtemps néanmoins que l’hydre de l’inflation ne réapparait pas (elle est contenu, pour l’instant) par le chômage et la compression du revenu moyen des ménages) et que les investisseurs étrangers, japonais mais surtout chinois, continuent, faute de mieux, à acheter les bons du trésor américains qui financent le déficit. Car les Etats-Unis, on le sait bien, disposent du redoutable privilège de battre monnaie internationale.

L’endettement des Etats-Unis va donc continuer à s’élever tranquillement vers le ciel avec cependant une double limite. La première serait si, pour une raison ou pour une autre, la Chine renâclait à financer l’Amérique, ce qui peut intervenir en cas de fâcherie sérieuse, (d’ordre diplomatique ou prudentielle) auquel cas les taux d’intérêt, qui sont restés à un niveau historiquement bas, et disons-le anormalement bas, commençaient à grimper, risquant du même coup d’étrangler dans l’oeuf une reprise économique toujours hésitante.

Il est vrai aussi que si la technique du « fracking » tenait ses promesses, et que les USA redeviennent exportateur net de pétrole et de gaz naturel, ce serait évidemment un ballon d’oxygène en faveur de ce pays qui pourrait à nouveau bénéficier d’un sursis inespéré dans la remise en ordre de son économie et notamment la reconstruction de ses infrastructures terriblement négligées. Mais saura-t-il en profiter ? Pour l’instant, il n’en a guère pris le chemin et il est à craindre que les ressources additionnelles ne soient utilisées pour financer de nouvelles largesses sociales en faveur de la nouvelle majorité, cad les anciennes minorités.

Un second obstacle qui se dresse sur la route du déficit à perpétuité tient à la majorité de la Chambre des Représentants où les Républicains, enragés de leur nouvelle défaite, ne semblent pas disposés au moindre compromis. Mais tout finira bien par s’arranger par un compromis boiteux, comme d’habitude.

C’est dans le domaine de la politique étrangère que le changement pourrait être le plus net. Le président Obama voudra sans doute, -il est né à Hawaii- concentrer son attention sur le Pacifique, face à la Chine, et se désintéresser un peu plus de cette insupportable Europe qui refuse obstinément de financer sa propre défense tout en s’enlisant voluptueusement, mois après mois, dans les méandres infinis de la crise de l’euro.

Par ailleurs, le processus, en route, d’islamisation insidieuse de la vieille Europe n’a certainement pas échappé aux observateurs américains. Entre une Europe plus ou moins islamisée et une Europe encore vaguement chrétienne, il est clair que les USA n’hésiteront pas privilégier la première, pour sauvegarder avant tout leurs intérêts stratégiques de long terme. Comme ils l’ont magistralement fait au Moyen-Orient (avec, il est vrai, des résultats bien ambigus). Et tant pis pour cette vieille Europe qui s’est obstinément montrée incapable de se défendre toute seule.

Par contre, le volcan israëlien risque de se réveiller tout d’un coup, et l’Amérique, pourtant lasse des combats en terres étrangères, pourrait bien se voir happée à contre cœur dans un nouveau champ de bataille au Moyen-Orient. D’autant plus que le brasier syrien flambe de plus belle et que le feu couve sous les cendres en Lybie.

Dure leçon. Il ne suffit pas de gagner de justesse les élections américaines pour que la paix revienne miraculeusement dans le monde.
Dans ce contexte déprimé, une Amérique diminuée pourra-telle rester le grand Arbitre international, le champion des libertés dans le monde ? Voire.

Pour une politique migratoire de survie, pour une droite réunie

Pour une politique de redressement démographique

La France est en guerre, une guerre démographique bien sûr, une guerre que nous sommes en train de perdre, par aveuglement, par sottise, par idéologie, par lâcheté surtout. En telle enseigne que dans 20 ou 30 ans, la France, telle que nous la connaissons, n’existera plus. C’est dire à quel point ces problèmes d’immigration sont d’une importance vitale pour la survie même de notre pays. Et tout le reste est littérature.

Dans ce contexte, quelle pourrait être une politique d’immigration de survie ?

Immigration et politique migratoire de nos jours.

C’est le phénomène par lequel des populations étrangères, ou d’origine étrangère, envahissent progressivement, pacifiquement, mais en masse, de l’intérieur ou de l’extérieur, un territoire pour être en mesure de s’en assurer, à terme, le contrôle. Il suffit de lire les diverses déclarations des responsables de ces communautés pour en prendre conscience. Le message est clair.

En corollaire, une politique d’immigration est celle qui permet à un parti politique, en l’occurrence le parti socialiste, de s’emparer du pouvoir de façon parfaitement légale par le biais du processus électoral, pour être en position de le garder à perpétuité. Quitte à jouer le rôle de l’apprenti sorcier.

En matière d’immigration, pour faire simple, deux démarches sont concevables C’est plus ou moins le laisser faire, le laisser aller, la politique du « chien crevé au fil de l’eau ». On a déjà reconnu la politique de Nicolas Sarkosy : on expulse à grand coups de trompe deux malheureux Afghans (à un coût de 10 000 euros par tête), mais on laisse rentrer quasiment sans contrôle environ 250 000 personnes par an, clandestins compris.

Ou alors, on institue des mécanismes de contrôle à fois quantitatifs et qualitatifs qui permettent de réguler plus ou moins bien le volume et la qualité culturelle de la population étrangère admise sur le territoire en fonction des besoins de l’économie et du maintien d’un équilibre démographique relatif. C’est la politique du Canada, de la Nouvelle Zélande, de l’Australie.

En France, on ne sera pas surpris de savoir que nous avons fabriqué, -le génie français pour la fabrication d’usines à gaz -, un système bâtard qui mélange à la fois certains contrôles administratifs largement inefficaces d’ailleurs, pour le droit d’asile par exemple, mais surtout des droits automatiques à caractère légal, ou institutionnels, désormais coulés dans le bronze, le regroupement familial, l’immigration nuptiale, catégories pour lesquelles il n’existe véritablement aucuns contrôles quantitatifs. Si demain il venait fantaisie à un grand nombre d’Algériens français nouvellement naturalisés d’aller « se marier au bled », rien ne pourrait les empêcher le plus légalement du monde de ramener en France leurs nouvelles épousées qui auraient, bien sûr, vocation, à devenir françaises, et donc électrices, quelques années après. Et l’on peut aisément deviner dans quel sens elles vont alors voter. Il suffit d’analyser les résultats des dernières élections présidentielles, et législatives, où les populations d’origine immigrée, souvent à majorité musulmane, ont massivement voté à gauche, à plus de 80 %.

Ce qui amène à affirmer avec force que l’immigration n’est nullement une démarche humanitaire, comme on s’acharne sottement à le proclamer, ni une démarche économique, avec plus de 3 millions de chômeurs, c’est une évidence. Il s’agit bel et bien d’une démarche politique délibérée qui vise à chasser durablement la Droite du pouvoir et de permettre à la gauche de se constituer, aux frais du contribuable, une forteresse électorale quasi inexpugnable, c’est-à-dire d’assurer à la Gauche la capacité de s’emparer du pouvoir et le conserver pour longtemps, très longtemps. Avec, au passage, le mort de notre pays. Mais quel homme politique s’en soucie vraiment?

Dès lors, il reste aux droites, le choix difficile, mais vital, de s’unir pour survivre ensemble ou de mourir chacune de son côté.
Dans ce contexte, quelle politique pourrait permettre de rassembler ces droites diverses, aux contours fuyants, autour d’une politique d’immigration de survie démographique et politique?

D’abord les chiffres

En matière d’immigration, quelles sont les grandes masses, celles qui font véritablement problème ?

- l’immigration familiale : 82 235 titres de séjour mais 98 646 en 2006.En fait, au cours des cinq années sarkoziennes, l’immigration familiale a oscillé d’année en année entre 85 000 et 87 000 titres de séjour

- l’immigration nuptiale. Tout de suite après, le deuxième poste migratoire le plus important est l’immigration nuptiale avec 46 661 personnes en 2010 mais 50 350 en 2006. Là encore, cette catégorie a varié entre 47000 / 48 000 personnes par an.

Ces deux masses, à elles seules, représentent près des deux tiers des flux migratoires annuels.

Le reste, en comparaison, fait pâle figure. Les demandes d’aile certes s’élèvent à 41 619 en 2010 mais sur ce total 10 377 seulement sont agrées. Mais là attention. Car il est bien connu qu’en majorité, les demandeurs non acceptés disparaissent instantanément dans la nature et gonflent d’autant le nombre des « sans papiers ». D’autant plus que la République, bonne mère, accorde sans discrimination la gratuité des soins de santé, grâce à la CMUC, plus de 220 000 de bénéficiaires par an, sans compter la scolarité gratuite pour les enfants et des allocations de séjour pour les parents par l’ATA, l’allocation temporaire d’attente (un beau pléonasme administratif au passage). Qui voudrait s’en retourner au pays, avec ou sans papiers, dans de telles conditions ?

C’est une des formes de l’immigration clandestine et non des moindres. Car, pour 2010, 52 000 moins 10 000 donne environ 40 000. Ce qui explique pourquoi l’Etat chaque année régularise plus ou moins discrètement environ 30 000 clandestins. De toute façon, plus de 80 % des arrêtés de reconduite à la frontière ne sont pas exécutés.

Pour être complet, il faudrait ajouter :

- l’immigration dite humanitaire, qui tourne autour de 20 000 par an et les titres de séjour des étudiants étrangers, proche de 60 000

- et, ce que l’on oublie toujours, l’immigration Outre-mer, antichambre de l’immigration en métropole, qui nourrit une population illégale estimée à 110 00 personnes

- à ce total il faut ajouter l’immigration de travail qui varie de 10 à18 000 par an, laquelle va bientôt s’enrichir de quelques dizaines de milliers de « Gens du Voyage » qu’il importe d’insérer sur le marché du travail.

Nous arrivons bien au total à un chiffre égal ou supérieur à 250 000 immigrés.

Mais ce torrent migratoire nourrit directement, ne l’oublions pas, les naturalisations, celles qui augmentent le volume des nouveaux électeurs, de gauche en majorité.

Là encore, rappelons les chiffres. Ils sont éloquents. ils concernent trois catégories :

- les naturalisations par décrets, soit 94 573 en 2010,

- les naturalisations par déclaration auprès du ministère de l’Intérieur, soit 21 923 en majorité par mariage comme on l’a vu,

- les acquisition par déclaration auprès du ministère de la Justice, soit 26 779. Il s’agit pour l’essentiel d’étrangers nés en France

Nous arrivons ainsi à un total de 143 275 de nouveaux électeurs effectifs ou potentiels qui vont peser sur la balance des élections. Mais les décisions annoncées par la ministre de l’Intérieur laissent entrevoir que ce total sera prochainement porté à un niveau supérieur.

Un calcul rapide montre ainsi montre ainsi que, sur 5 ans, le temps d’un mandat présidentiel, en additionnant le croît naturel des populations immigrées et l’arrivée des nouveaux venus, l’heureux élu socialiste peut espérer accroître son capital électoral d’environ 12 %, et cela sans rien faire d’autre que d’ouvrir un peu plus largement les frontières de la France.

Il n’est guère surprenant dans ces conditions que la France étouffe littéralement sous le poids des dépenses sociales et du chômage qui en découle. Le coût de l’immigration a été estimé par l’Institut de Géopolitique des Populations à plus 73 milliards par an. Dans ces conditions, la réduction puis la suppression du déficit budgétaire n’est pas pour demain. Le rêve passe.

Voilà le défi auquel les Droites réunies seront confrontées pour élaborer une politique de survie électorale et politique.

Quels pourraient être les objectifs d’une telle politique ?

Le but d’une véritable politique de contrôle de l’immigration susceptible de rallier les suffrages d’une droite rassemblée, d’une droite au sens large du terme, allant du Front national au centre, UMP comprise, devrait être celle qui permettrait d’assurer la survie de la France, pour longtemps, sinon pour toujours, en terme d’identité nationale, d’identité culturelle mais aussi de sécurité intérieure, de progrès économique, de cohésion sociale. C’est cette France-là qui est compromise par une immigration massive et bien trop rapide. Car une intégration réclame du temps pour réussir. Sinon, c’est le chaos.

Cette politique de survie devrait se décliner nécessairement en termes quantitatifs et qualitatifs. Car c’est toujours le nombre qui, en fin de compte, fait problème. Mais à quel chiffre arrêter le curseur ? Le Front national, jadis, avec nostalgie parlait d’un objectif d’immigration zéro. Plus près de nous, Henri de Lesquen, président de Radio Courtoisie. rappelait les prophéties d’un grand Anglais, Enoch Powell, lequel appelait de ses vœux une ré immigration qui aurait permis selon lui, de ramener la part des étrangers dans la population britannique, à des proportions plus raisonnables. On peut toujours rêver.

Alors faut-il déterminer le chiffre optimal à l’aveuglette, comme on joue à la roulette ?

Il importe impérativement de s’appuyer sur un « guideline », un repère si l’on préfère. On peut le trouver dans les travaux antérieurs de Philippe Bourcier de Carbon. Ce dernier à l’occasion d’un précédent colloque en 2008, avait procédé à un certain nombre de projections sur le thème : « que se passera-t-il si les flux migratoires en provenance de Turquie, d’Afrique noire et du Maghreb, sont maintenus à 200 000 par an, ou s’ils sont ramenés à un chiffre inférieur ? »
Il serait fastidieux d’entrer dans le détail de ces calculs, fort remarquables par ailleurs. Il en ressort, et on s’en doutait un peu, qu’à un chiffre de 200 000 par an, la France sera promptement noyée, submergée, engloutie irrémédiablement sous le flux de ces immigrés venus d’ailleurs, mais majoritairement musulmans ou sous l’influence ne serait-ce que culturelle de l’Islam. On voit d’ailleurs déjà ce que cela donne dans certains quartiers ou certaines villes.
Par contre, toujours selon la même source, si l’immigration était ramenée à 100 00 personnes par an, la France devrait pouvoir survivre tant bien que mal, au moins pour un certain temps.

Bien sûr, les problèmes d’intégration subsisteraient. Il n’y a pas de miracle. Mais la France devrait normalement se montrer être capable d’assimiler cet afflux de population, pour autant que la proportion d’étrangers hors UE soit stabilisée à un niveau raisonnable. Il faut savoir donner du temps au temps, comme François Mitterrand aimait à le rappeler. Au-delà, elle dépérira puis elle mourra.

Ce chiffre de 100 000 immigrés hors UE par an devrait donc être le point de départ des négociations à entreprendre pour l’élaboration d’une politique de compromis avec les divers partenaires d’une future droite plurielle.

Les moyens

Mais comment y parvenir ? C’est là que le bât blesse. Car dans l’état actuel de notre arsenal législatif et règlementaire, cet objectif est rigoureusement impossible à atteindre
Il faudra donc nécessairement réécrire le décret Giscard / Chirac de juillet 1994 portant institution du regroupement familial et soumettre à des conditions plus rigoureuses le droit au mariage des Français avec des étrangers. Ce qui ne sera pas une mince affaire. Car à l’heure des divorces en masse, du PACS et bientôt du mariage « joyeux » (le mariage gay), les membres du Conseil constitutionnel persistent à prêter religieusement au mariage un caractère institutionnel quasi magique. Quelle pantalonnade. Ce qui en fait néanmoins un boulevard pour l’entrée en France d’une masse croissante de nouveaux mariés pour l’occasion.
De plus, il conviendrait de renforcer considérablement les conditions d’accession à la nationalité, pour les immigrés certes, aussi pour les jeunes nés sur le sol français Ces conditions devraient être subordonnées à une parfaite connaissance de la langue, de l’histoire, de la culture de notre pays, comme c’est le cas au Canada, par une série d’examens échelonnés dans le temps. Emmanuel Valls se prose de faire exactement tout le contraire. Ce n’est pas un hasard.

L’immigration intérieure

Mais ce n’est pas tout. Le contrôle de l’immigration comporte en fait deux volets : l’immigration venue de l’extérieur, comme on vient de le voir, et l’immigration intérieure, de loin la plus importante, celle qui est née sur notre sol.
Il s’agit des jeunes nés de l’immigration, ceux de la deuxième et troisième génération, ceux qui font problème, les jeunes désoeuvrés de nos cités, ceux d’Echirolles ou d’ailleurs, les Merah connus ou inconnus qui se dissimulent avant de frapper. Car il faut savoir qu’aujourd’hui un enfant sur 4 ou 5 nés sur le sol français est d’origine étrangère, c’est à dire majoritairement africaine ou maghrébine et souvent musulmane. Or les vieux sont chez nous et les « Jeunes » de l’autre côté. Autrement dit, maîtriser l’immigration de l’extérieur est bien, mais cela ne règle qu’en partie le problème. Inutile de fermer partiellement un robinet si à côté un autre reste largement ouvert
Cette l’immigration intérieure, celle que l’on ne maîtrise absolument pas, provient de populations à la fécondité deux ou trois supérieure à la nôtre. En 2008 ils représentaient 165 000 naissances sur une totale de 810 000 naissances. Ils doivent aujourd’hui représenter quelques 180 000 naissances sur un total de naissances de 800 000.

Le drame de la France est de réunir des populations ayant un comportement démographique et culturel totalement opposé. D’un côté, il y a les Françaises, qui constituent une population post « transition», comme les démographes aiment à le dire, à fécondité apaisée, tournant autour de 1,6 enfant par femme. De l’autre se trouvent des populations avant transition, à fécondité forte ou très forte, allant de 2,7 à 4,2 enfants par femme dans les cas extrêmes. Le résultat de ce taux différentiel est clair. Le premier groupe tend à s’amenuiser d’année en année alors que le deuxième ne cesse de croître. Ce qui, à terme, ne peut manquer d’engendrer de graves troubles sociaux. Il importe de rééquilibrer ces deux groupes.

Ici il n’existe qu’un seul moyen de maîtriser cette immigration intérieure de façon à inciter ces familles à rejoindre les taux de fécondité de l’ensemble de la population : limiter sévèrement les allocations familiales aux familles, quelle que soit leur origine, qui dopent artificiellement leur fécondité. Ces allocations seraient réservées au 1+ et 2° enfants et rien, ou pratiquement rien, au-delà.

Pour couronner ce dispositif de redressement démographique, on ne peut manquer de prendre en compte la loi Simone Veil/Roudy. Cette loi avait hypocritement pour objet de supprimer les avortements. Sancta simplicitas. Le nombre des avortements cavalcade allègrement entre 200000 et 250 000 par an selon les années. Mais, grâce à Dieu, Simone Veil trône honorablement à l’Académie française en récompense des bons et loyaux services rendus à la nation.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut faire sérieux, une politique de survie ne pourra laisser cette loi de « suicide démographique » inchangée.

Quelles sont les chances de voir un jour cette politique de survie adoptée ? Chacun pourra en juger par lui-même. Mais son indice de probabilité est sans doute égal à celui qui calculerait la probabilité de voir François Hollande gravir l’Everest en solitaire, sans bouteille d’oxygène.

Quoi qu’il en soit, la France vit clairement sur un volcan démographique. Et elle ne le sait pas. Et, plus précisément, ne veut pas le savoir. Mais ce volcan va tôt ou tard entrer en éruption.

Le grand retour de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy n’a pas tardé à effectuer une rentrée plus ou moins discrète sur la scène politique. Nul doute qu’il va s’y incruster avec l’énergie du désespoir.

Cela se comprend. Rien de plus infortunés que ces anciens présidents battus qui traînent dans l’ennui une existence inutile et misérable sans savoir quoi faire de leur temps, tels ces pitoyables chevaux de course, fourbus et réformés que l’on met au pré. Surtout s’ils sont encore jeunes. Songeons à Bill Clinton, Georges Bush ou VGE ou à Jacques Chirac. A cet égard, dans un souci de miséricorde, on devrait songer à voter une loi interdisant à toute personne de se présenter aux présidentielles avant d’avoir atteint l’âge canonique de 70 ans. Comme ça, on aurait la paix. Mais, avec Nicolas Sarkozy, il n’y a heureusement rien à craindre de semblable.

Car nous avions été bien naïfs. Les quelques rares observateurs qui avaient osé imaginer « l’après Sarkozy » le voyaient déjà quitter les berges de la Seine pour celles du Potomac et aller honnêtement gagner beaucoup d’argent dans un grand cabinet d’avocat d’affaires américain (tout comme jadis la ravissante Christine Lagarde). D’autant plus qu’il dispose d’un carnet d’adresses pratiquement sans égal au monde, depuis le prince de Monaco jusqu’à l’Evêque coadjuteur de la principauté d’Andorre.

Mais ce n’est pas du tout. Le voilà qui se déguise en touriste ordinaire au Maroc avant de rentrer à Paris pour s’enfermer au Conseil Constitutionnel dont il est membre de droit. Cela se comprend. La République, décidément bien généreuse offre un véritable pont d’or à ses anciens présidents. Voyez plutôt.

Tout comme Giscard avant lui, et notre Chirac, Sarkozy dispose d’un équipage de prince. La République lui verse 11 500 euros nets par mois, auxquels s’ajoute 6 000 euros versés au titre d’ancien Chef d’Etat. Cela fait déjà un joli pactole de 17 500 euros par mois. C’est quand même mieux que le smig. La petite Julia ne manquera pas de jouets à Noël. Cela d’autant plus qu’à cela s’ajoutent des « primes de sujétion » (on se demande lesquelles) d’un montant inconnu mais dont on peut s’imaginer qu’elles sont rondelettes. En outre, l’heureux bénéficiaire de ces largesses est logé dans un appartement de fonction « meublé et équipé », qu’il peut voyager sans limites et gratuitement sur Air France, et que deux policiers assurent la protection de sa précieuse personne, sans compter pas moins de sept collaborateurs.
Ah, j’allais oublier. Il dispose aussi d’une voiture de fonction qui ne doit pas être probablement une Coccinelle ou une Smart. On comprend aisément que dans ces conditions il soit difficile de renoncer à ce pactole, à vie, d’aller s’exiler à New York où, au surplus, il faut travailler dur pour gagner son pain quotidien.

Mais il y a plus. Car des délices nouveaux l’attendent à Paris où il va pouvoir jouer un rôle convoité, celui de la statue du Commandeur auprès de l’ancienne majorité. Ne fait-on pas déjà courir le bruit que les Français commencent à regretter Sarkozy ?

En fait, pour ceux qui pénètrent quelque peu la psychologie du personnage, son seul but dans la vie sera désormais de prendre sa revanche sur le destin injuste qui l’a privé d’un second mandat où son immense talent aurait pu s’épanouir à loisir. Là deux voies royales s’offrent à lui : soit chercher à revenir purement et simplement à l’Elysée ; soit barrer systématiquement la route au rival imprudent qui ferait mine de vouloir en faire autant. Chacun sait que l’on tire autant de satisfaction de l’échec de ses amis que de ses propres succès.

En d’autres termes, le boulevard qui s’ouvre devant lui, et on peut en imaginer d’avance les arcanes infinies, va lui permettre de mettre sans cesse des bâtons dans les roues de l’impudent François Copé si ce dernier s’imagine pouvoir rivaliser avec son ancien patron. Mieux encore, il lui sera loisible d’avoir recours à l’inusable et docile François Fillon, son ombre portée à la tête de l’UMP, comme sa marionnette préférée. Il pourra commodément en tirer les ficelles dans l’ombre pour avancer masqué vers son propre but. Tout cela en attisant savamment les rivalités fratricides au sein de son propre camp. Que de riantes perspectives.

De sorte qu’avec une droite divisée et éclatée, la gauche peut heureusement se préparer à l’ exercice ininterrompu du pouvoir pendant de longues années. Du Songe d’Attali au rêve de Sarkozy ?