L’Europe trahie par ses « élites » (ou « comment en est-on arrivé là ? »)

L’Europe entière connaît un profond malaise, bien antérieur à l’actuelle crise économique, largement lié à la présence de minorités de plus en plus présentes et bien déterminées à s’affirmer par tous les moyens au sein des populations d’origine. Ce problème dépasse largement celui de la présence africaine en Europe, même si elle en constitue un des aspects les plus visibles.

Il porte sur le désarroi d’une soi-disant élite intellectuelle européenne, bureaucrates, essayistes, journalistes, enseignants, hommes politiques et philosophes de tout poil, qui projettent sur l’Europe toute entière leur désarroi et leur vide intérieur. C’est bien cette « élite » qui doute d’elle-même, de son identité, de son histoire, et, en fin de compte, de son propre destin, qui a construit le naufrage européen des trente dernières années.

Ce désarroi se focalise aujourd’hui sur le phénomène le plus visible qui est celui de l’immigration, notamment en provenance d’Afrique noire, qui n’en est pourtant, à tout prendre, que le prolégomène[3].

Car l’Europe, repue et rassasiée d’une longue croissance quasi ininterrompue, sûre d’elle-même, de sa sécurité interne et externe, s’était voulue pendant plus de trente ans ouverte à tous les courants du monde et dispensatrice d’un message généreux à l’usage de l’humanité toute entière.

Elle s’était voulue accueillante sur son sol à tous, sans distinction de race, de religion, de coutumes ou de mœurs, convaincue qu’elle était de son invulnérabilité culturelle et de sa capacité à absorber sans heurts ni frictions ces populations hétérogènes venues des coins les plus reculés de la planète. Au demeurant, le Nouveau Monde n’était-il pas là pour faire la leçon à l’Ancien et lui donner le secret magique d’une intégration réussie et porteuse de bonheur, de puissance et de prospérité ?

Allant plus loin sur le chemin du renoncement, l’Europe avait prétendu forger une nouvelle identité sur les décombres des sociétés et des nations qui la composent.

Elle a été victime d’une prodigieuse naïveté sciemment entretenue par ses élites ignares et amplifiée par des médias complaisants sur les bienfaits supposés d’une immigration de masse destinée à combler le déficit des naissances, payer les retraites et sauver la croissance, tout en réalisant une coexistence heureuse entre autochtones et allochtones[4].

Le réveil sera cruel. Car l’Europe se réveille de ce long sommeil onirique profondément menacée de l’intérieur et sans doute bientôt de l’extérieur. Tant il est vrai « qu’aucune civilisation n’est détruite du dehors sans s’être tout d’abord ruinée elle-même, aucun empire n’est conquis de l’extérieur, qu’il ne se soit préalablement suicidé… Une société, une civilisation ne se détruisent de leurs propres mains que lorsque elles ont cessé de comprendre leurs raisons d’être »[5].

 

*

 

 

La « trahison des clercs » et l’idéologie dominante

Comment l’Europe en est-elle arrivée là ? Gramsci a montré le chemin en démontrant comment une idéologie dominante peut littéralement transformer une société de l’intérieur. Il faut donc dénombrer les courants complexes qui ont constitué l’idéologique dominante des trente dernières années en Europe avant d’explorer les mécanismes de propagation de cette idéologie dans l’ensemble de la population.

Schématiquement, on peut en identifier trois principaux : la haine de soi ou le rejet de son identité propre ; la croyance dans le caractère universel des valeurs de l’Occident ; et, ce qui en constitue le fer de lance, la religion des droits de l’homme, l’arme incapacitante par excellence, qui permet de pénétrer par effraction dans tous les systèmes de défense sociaux érigés par la société pour sa survie. Ces courants s’entremêlent en se renforçant mutuellement, la haine de soi nourrissant et justifiant l’universalisme.

 

La haine de soi

Elle est magnifiquement illustrée par un texte de Jacques Attali publié dans Le Monde en date de 1997 sous le titre de « Géopolitique de l’immigration ». Le jeune conseiller d’État[6] ose écrire sans rougir que « La France, en raison de ses choix géopolitiques antérieurs, est une nation musulmane »[7]. Et voilà le représentant d’une des institutions les plus vénérables de l’administration d’État qui raye d’un trait de plume 2000 ans d’histoire de France et du christianisme.

Il est vrai que ce chemin lui avait été déjà tracé par rien de moins que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, lequel déclarait tout de go en 2005 : « Il ne serait pas anormal qu’un étranger puisse voter »[8], reprenant sans vergogne une des 110 propositions de François Mitterrand énoncées en 1981[9]. Ce clin d’œil à la gauche n’avait évidemment pour objet que d’inaugurer, déjà, une politique d’ouverture à la gauche visant à démanteler le PS[10]. Mais c’était néanmoins fermer bien imprudemment les yeux sur le poids des mots, en ignorant que le vote accordé aux étrangers ne revient, ni plus ni moins, qu’à éroder encore davantage la notion de citoyenneté, déjà bien écornée, et celle d’appartenance à la nation par des liens autres que ceux de la Sécurité sociale ou du code de la route[11].

D’où l’affirmation, tant de fois répétée par d’autres beaux esprits depuis, que l’Europe est, par destination, musulmane et le refus opposé par l’ancien président Jacques Chirac de reconnaître dans le projet de Constitution européenne les racines chrétiennes de l’Europe.

Mais c’est curieusement dans les pays scandinaves que la haine de soi a atteint des sommets. Elle reposait sur une vision grandiose fondée sur un superbe dédain pour les notions de culture, de religion et d’histoire propres à une nation. L’idée d’assimiler l’étranger venu d’ailleurs paraissait même insupportable. Car une telle entreprise aurait été porteuse de « racisme ». N’impliquait-elle pas subrepticement, horreur, la notion d’une supériorité culturelle de la population d’accueil sur celle de l’étranger ? L’on retrouve ici un des effets collatéraux d’un complexe de culpabilité collective résultant du triste héritage de l’idéologie nazie abhorrée.

 

L’universalisme

L’autre versant de la haine de soi repose sur la conviction bien ancrée de l’universalisme des valeurs élaborées au cours des siècles en Occident, démocratie, égalité, liberté, tolérance à autrui et à ses opinions. Elle a longtemps fleuri aux Pays-Bas, pays d’accueil par excellence. Selon ce nouvel évangile que Rousseau n’aurait pas récusé, les valeurs de l’Occident étaient, par définition, universelles et donc communes à toute l’humanité. Il suffisait, en conséquence, d’avoir recours à des recettes éprouvées[12], l’éducation, la libéralisation des institutions sociales et politiques, la démocratie et le respect des droits de l’homme, pour que les populations musulmanes immigrées aux Pays-Bas puissent enfin accéder à leur tour à la vérité révélée : la tolérance en Hollande ou — sous d’autres cieux — la démocratie en Irak. L’unité de l’humanité autour de ce fonds culturel commun à l’homme sur la planète n’était plus qu’une question de temps[13].

En réalité, cette idéologie angélique a longtemps oscillé sans vraiment choisir entre deux modèles également inaccessibles : soit l’idéal d’une assimilation susceptible de faire dans l’instant de tout immigré venu du fin fond de l’Afrique « une fille ou un fils de la République » selon l’heureuse expression de Jacques Chirac ; soit la constitution d’une société multiculturelle formée d’individus séparés mais égaux entre eux, comme aux Pays- Bas ou en Grande-Bretagne. Les deux modèles ont l’un et l’autre piteusement échoué.

Car cette vision onirique de la nature de l’humanité ferme complaisamment les yeux sur l’infinie complexité de la nature humaine et notamment le fait que l’homme est plus souvent guidé par la passion que par la raison[14].

Il a donc fallu déchanter. L’irruption répétée de la violence au quotidien a contraint une fraction de l’élite européenne à s’éveiller lentement, péniblement, douloureusement à la réalité. Le retour au bon sens a été puissamment aidé par le déchaînement de violence et de haine constaté non seulement aux États-Unis avec les attentats du 11 septembre 2001 mais aussi ceux de Madrid du 11 mars 2004, enfin ceux de Londres du 7 juillet 2005, sans compter, en France, les émeutes de novembre 2005. Décidément non, l’immigration de masse n’était donc pas toujours une bénédiction tombée du ciel.

 

La doctrine des droits de l’homme

Mais l’idéologie dominante a la peau dure et la religion des droits de l’homme refuse encore de céder le terrain, malgré les coups répétés portés à sa crédibilité par l’actualité au quotidien.

Cela s’explique. Tout d’abord, les droits de l’homme s’insèrent astucieusement dans un des principes les plus profondément ancrés dans la conscience de l’humanité, le sens de la justice. Depuis les temps les plus reculés, l’homme réclame justice avant toute chose.

Par ailleurs, toujours avec beaucoup d’opportunité, cette revendication fondamentale, quelques soient les abus qui en ont été faits au fil du temps, a été inscrite dans le droit international. Ce qui lui confère, de ce fait, une sorte d’impunité juridique coulée dans le bronze, car protégée par d’innombrables conventions, traités, protocoles, tous plus contraignants et catégoriques les uns que les autres.

Désormais le recours aux droits de l’homme permet tout, justifie tout, explique tout, quel qu’en soit le domaine d’application, notamment en matière d’immigration. Certaines institutions internationales s’en sont même fait une spécialité comme le Conseil de l’Europe ou l’Office international des migrations dont c’est devenu le fonds de commerce principal.

Le principe de base qui régit la démarche de ces institutions est d’une simplicité biblique. À quelques variantes près, il affirme que tout homme, quel qu’il soit et quels que soient ses motifs, a le droit de s’installer partout sur la planète dans le pays qui lui convient. Et cela sans tenir le moindre compte des frontières, du droit local, de la politique du pays choisi ou des préoccupations des populations d’accueil concernées. La doctrine des droits de l’homme est commodément là pour fournir une justification juridique bien rodée à un état de fait. À partir de cela, tout devient possible, immigration, légale ou clandestine, droit d’asile, regroupement familial, lutte contre la pauvreté, ou simple convenance personnelle. Car innombrables sont les motifs qui peuvent justifier l’installation d’une personne, d’une famille ou d’un groupe sur le territoire du pays de son choix.

Omniprésente et omnipotente, cette doctrine des droits de l’homme a fleuri en Europe pendant une trentaine d’années, en fait jusqu’en 2005-2006, pour justifier des flux migratoires toujours plus importants. Il a fallu la vague d’attentats de cette période, et aujourd’hui la crise économique pour observer un reflux, tout d’ailleurs relatif, de l’idéologie des droits de l’homme[15].

 

Les viviers de la doctrine : les institutions nationales ou internationales

Les institutions nationales ou internationales ont joué et jouent encore un rôle important dans l’élaboration et la propagation de la doctrine dominante[16]. Battue en brèche sur le terrain et contestée dans les enceintes nationales fâcheusement exposées aux aléas des opinions publiques, cette doctrine trouve un refuge dans ces milieux protégés. Il y aurait, d’ailleurs, une étude sociologique intéressante à mener sur ces milieux clos, quiets et irresponsables, fermés au fracas et aux désordres de la rue, où s’élaborent dans la tranquillité des belles consciences de nobles et généreux principes à usage d’autrui.

Au niveau international, c’est évidemment l’ONU peuplée de fonctionnaires généreux et menant une existence confortable, car dotés de salaires opulents non soumis à l’impôt, circonstance fortuite qui favorise évidemment la générosité intellectuelle. Mais c’est à Genève, à l’Office international des migrations, que l’on trouvera un des plus beaux fleurons de cette bonne conscience bureaucratique pétrie d’irresponsabilité quiète. Cette organisation, toujours ardente à défendre par voie de presse ou de colloques toujours plus d’immigration légale ou non, toujours plus de meilleures conditions d’accueil pour les immigrés déjà installés est au premier rang du lobby « immigrationniste ». Jacqueline Wecker, sociologue avertie, conseiller auprès de cette estimable institution, ne voulait-elle pas étendre le bénéfice du regroupement familial, au-delà de la famille biologique, à la famille élargie, amis, connaissances, voisins, etc. En effet, un village africain ne constitue-t-il pas une grande famille ?

Le Conseil de l’Europe n’est nullement en reste dans ce grand concert humanitaire. Refuge recherché d’hommes et de femmes politiques recalés ou retraités de la vie politique, il est un des réceptacles privilégiés où mûrit la pensée unique loin des tristes réalités du quotidien.

Cette institution se veut l’autorité européenne en charge du respect des droits de l’homme. La recommandation 1449, édictée en l’an 2000, stipule ainsi expressément que l’immigration est un des droits fondamentaux de l’homme. En conséquence, elle récuse le droit d’un pays de refuser l’entrée sur son territoire d’immigrés clandestins et réclame l’accroissement des flux migratoires autorisés. Elle s’autorise à ce titre une ingérence constante dans les affaires intérieures des pays européens comme, par exemple, à l’encontre de l’Italie qui prétendait en juin 2008, prendre des dispositions pour mieux connaître les déplacements des Roms. En mai 2009, le commissaire aux droits de l’homme, Thomas Hammasberg, critique vertement l’initiative de l’Italie refoulant vers la Libye 500 émigrés clandestins venus de la mer[17]. Et le « droit d’asile » — s’étrangle d’indignation M. Hammasberg, lequel n’est évidemment pas chargé de les accueillir, les loger, les nourrir, les subventionner, etc., etc.

Au niveau national, le paysage n’est pas triste non plus. Rappelons simplement le célèbre arrêt Montcho du Conseil d’État en date du 11 juillet 1980 étendant sans vergogne le bénéfice du regroupement familial aux familles polygames au motif que cette situation — la polygamie — « ne constituait nullement un trouble à l’ordre public ». Voilà de quoi renforcer le respect dû à la plus haute instance administrative française. Il a fallu les lois Pasqua de 1993 pour mettre un terme à cette aberration.

Mais le cas du Conseil d’Etat mérite qu’on s’y arrête. Créé par Napoléon en 1809, il est la plus haute instance juridique et administrative de notre pays. C’est, aux côtés du Conseil constitutionnel, le juge des lois. Il recrute dans la fine pointe de la « botte » du concours de sortie de l’École nationale d’administration, donc parmi les esprits les plus fins, les plus aiguisés, les plus subtils d’une de nos meilleures écoles, les meilleurs d’entre les meilleurs. Et voilà que, dans la tiédeur d’une après-midi d’été, cette noble institution foule allégrement aux pieds, comme en s’amusant, un des principes les mieux établis du droit de la famille. Il participe ainsi tristement au dérèglement des consciences et à la corruption des valeurs fondamentales de la société[18].

Le Conseil constitutionnel, de création plus récente, fait également preuve d’excellentes dispositions dans ce domaine. Depuis qu’il s’est arrogé le droit de juger pratiquement toutes les lois de la République grâce au droit de saisine élargi institué par Valéry Giscard d’Estaing, et à la « doctrine Badinter », le Conseil constitutionnel n’a cessé de combattre ou de censurer toutes les dispositions visant à maintenir l’ordre public et à endiguer les flux migratoires. Ainsi, entre 1977 et 1993, sur treize décisions concernant l’immigration, les fraudes au mariage ou au droit d’asile, pas moins de huit ont été jugées contraires à la Constitution et cinq acceptées du bout de lèvres, c’est-à-dire assorties de réserves qui aboutissent à les vider de leur contenu de façon à les rendre inopérantes.

Cela a été notamment le cas récemment pour ce qui concerne le rejet des tests ADN en matière de regroupement familial visant à limiter les nombreuses fraudes constatées en ce domaine qui faisaient de ce droit une des filières les plus fructueuses pour l’immigration illégale. La proposition 13 présentée par le député Thierry Mariani concernant la loi du 23 octobre 2007 a été jugée non conforme à la Constitution, et donc rejetée.

Last but not least, la Commission de Bruxelles, l’institution la plus malthusienne de la planète, pourtant riche en espèces de ce genre, l’emporte sur toutes les autres. L’Europe de Bruxelles célèbre l’homosexualité, ignore la famille et encourage l’immigration de masse. Le commissaire Franco Frattini, chargé de la Justice et des Affaires intérieures, rappelait naguère que l’économie européenne compterait bientôt un déficit de 20 millions de personnes de la population active et de réclamer à cor et à cri « des flux migratoires plus soutenus »[19]. Pas question bien évidemment d’évoquer une solution d’évidence : relancer une politique familiale européenne susceptible de favoriser la natalité.

Cela ne devrait pas surprendre. Relisons les traités fondateurs de l’Europe, le traité de Maastricht ou d’Amsterdam. On n’y trouvera rien sur la démographie, rien sur l’enfant, rien sur la famille. Mais ces textes se préoccuperont abondamment de l’égalité des sexes, du droit d’asile, de l’immigration, de la Sécurité sociale des migrants et même, au passage, du bien-être des animaux. On ne peut songer à tout. Et les rédacteurs de ces textes prétendent ingénument s’intéresser au développement durable, devenu à la mode, sans s’interroger au préalable sur la relève des générations.

 

Les relais de la doctrine dominante

Ces mécanismes sont bien connus, au moins en France, qui a toujours été en tête du peloton européen dans ce domaine. Ce travail de fond a d’ailleurs porté ses fruits à la longue comme en témoigne le refus obstiné de fournir des statistiques ethniques, par peur de la vérité sans doute.

À tout seigneur, tout honneur, il faut décerner le prix d’excellence à l’INSEE qui n’a cessé depuis 30 ans d’abreuver la presse, et les médias, et l’opinion, de statistiques byzantines —entendons par là rigoureusement inaccessibles au grand public — quand elles n’étaient pas tronquées, mutilées ou carrément mensongères. Son frère jumeau est l’INED qui, sous la férule de François Héran, est devenu, d’un centre de recherches démographiques respecté dans le monde entier qu’il était du temps d’Alfred Sauvy, une officine de propagande pitoyable au service du lobby de l’immigration.

Mais il y a bien d’autres canaux multiples et hautement vascularisés de la diffusion de cette idéologie mortifère qui a régné sur la France depuis 30 ans : partis de gauche, le PS au premier rang, mais ardemment secondé par le PC ou ce qu’il en reste ; syndicats, quelle qu’en soit la couleur, toujours prêts à prendre le parti des immigrés au mépris des intérêts des travailleurs qu’ils ont la prétention de défendre ; associations de gauche — Ligue des droits de l’homme, Licra, SOS racisme — toujours promptes à se porter au secours des « sans-papiers », évidemment persécutés sans raison; « intellectuels » de gauche virulents à la plume abondante et facile, assurés qu’ils sont d’avoir toujours une tribune ouverte dans la presse de gauche (comme les « artistes » de Proust avaient en permanence leurs couverts mis chez Mme Verdurin) ; belles consciences du XVIe comme les « bobos » du VIIe disposés à s’enflammer pour toute cause noble pourvu qu’elle soit dépourvue de tout danger ; personnalités et artistes du monde du spectacle voulant à tout prix et à tout propos se hisser sur les barricades pour s’y faire photographier et exhiber leurs bons sentiments aux yeux du public ; et bien sûr, les grands médias, radios et télévision, dont les journalistes interprètent le monde au travers de lunettes spécialement taillées sur mesure, à gauche naturellement.

Il serait injuste de ne pas mentionner dans cet inventaire le CNRS qui recèle en ses flancs toute une armée de réserve de parasites sociaux, sociologues, politologues, psychologues, anthropologues, et autres brontosaures de la pensée unique. Peu payés mais ayant des tâches qui leur laissent d’immenses loisirs, ces « chercheurs » peuvent s’adonner en toute impunité à une œuvre de base dont l’essentiel consiste à saper les fondements traditionnels de la société qui les nourrit[20].

Une mention spéciale doit être réservée à la presse française dont le rôle dans l’anéantissement de la pensée libre grâce à l’omerta, l’arme du silence, empruntée, et à juste titre, à la mafia sicilienne, mérite d’être salué.

Citons au premier rang de la presse de gauche camouflée, Le Monde, le grand quotidien du soir dégénéré tombé de haut du piédestal où l’avait juché son fondateur Beuve-Méry. Ce journal n’a-t-il pas mis 25 ans pour découvrir un soir de novembre 2005 que les « jeunes » tant célébrés à longueur de colonnes n’étaient pas tous des petits saints ?[21]

Mais le crime ne paie plus. Ainsi La Croix tombe en quenouille entre les mains d’un directeur qui avait voulu en faire l’organe des chrétiens de gauche bien-pensants, au grand dam de son compte d’exploitation ; Libération, recapitalisé, est sauvé in extremis du naufrage par un riche banquier promu sauveteur de la presse de gauche ; cependant que le père fondateur du Nouvel Observateur voit avec inquiétude ses recettes d’abonnement fondre comme neige au soleil. Le gotha de la « gauche caviar » parisienne serait-il enfin rattrapé par la réalité ?

 

Les temps ont changé

Ce que des années de publications, de discours et de colloques n’avaient pas réussi à faire, des attentats féroces et stupides comme l’assassinat de Pym Fortuyn en 2002 puis de Théo van Gogh en 2004 aux Pays-Bas l’ont obtenu en un clin d’œil[22]. L’Europe si sûre d’elle-même se découvre frileuse. Les « bobos » ne tiennent plus le haut du pavé et leurs bobards se vendent mal.

Le « retour de bâton » a été sévère en France avec les deux lois du 26 juillet 2006 puis celle du 23 octobre 2007 voulues par Nicolas Sarkozy. Mais on retrouve les mêmes tendances aux Pays-Bas (où les ressortissants étrangers sont désormais fichés), au Danemark, en Angleterre et en Italie. Les immigrés ne sont plus les bienvenus et l’intégration à marche forcée des immigrés déjà installés se met en route. L’Union européenne se ferme à l’immigration et envisage enfin des règles communes .

Le message a été bien reçu par les communautés immigrées qui ont mis, pour l’instant, un bémol à leurs démonstrations et à leurs revendications. Pas un attentat n’est venu troubler l’ordre public depuis 2006. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps[23].

Du côté des « intellos », le temps de la contrition n’est pas encore venu, même si le Handelsblat hollandais reconnaît piteusement : « Nous prétendons inculquer notre identité propre à nos immigrés mais nous ne sommes même pas sûrs d’en avoir conservé une ». Bel aveu.

Ceci étant le mal est fait. Un sondage de 2008 publié par l’International Herald Tribune fait état d’une hostilité forte et croissante envers les musulmans dans les pays européens, ce qui présage assez mal d’un avenir commun. Le chemin à parcourir ensemble risque d’être long et difficile.

 

 


[1]. Titre évidemment inspiré du célèbre ouvrage de Julien Benda, publié en 1922, La Trahison des clercs.

[2]. Président, Institut de Géopolitique des Populations (20, rue d’Aguesseau, Paris 75008)

 

[3]. Pour la France seule, Guy Desplanques de l’INSEE, note en 2006 une « poussée migratoire importante des dix dernières années » avec une augmentation (officielle) de 45 % en 5 ans (sans compter les clandestins).

[4]. Expression qui nous vient des Pays-Bas.

[5]. René Grousset dans Bilan de l’histoire.

[6]. Né à Alger en 1943.

[7]. On aurait aimé au passage que ce précoce et brillant géopoliticien veuille bien préciser les choix géopolitiques antérieurs qui justifient une immigration de masse provenant, entre autres pays, de Turquie, du Zaïre ou de Chine.

[8]. Le Monde du 25 octobre 2005.

[9]. Avant de prendre son neveu au gouvernement Fillon III en juin 2009.

[10]. L’excuse toujours invoquée pour justifier cette invraisemblable proposition était qu’il ne s’agissait que des élections municipales, oubliant commodément que les maires sont aussi les grands électeurs du Sénat, ce qui n’a rien de local.

[11]. Songeons ici, parmi tant d’autres, à l’ouvrage de Bernard Stasi, L’immigration, une chance pour la France ou aux multiples déclarations de Jacques Delors sur ce sujet.

[12]. On pourrait ajouter le libéralisme et l’économie de marché — dont les excès sont à l’origine de l’actuelle crise économique — à ce cocktail roboratif.

[13]. Fukuyama avait écrit, avec le succès que l’on sait, des choses admirables à ce sujet dans La Fin de l’histoire, Flammarion, 1992. Il semblerait néanmoins que l’histoire continue, malgré tout.

[14]. Il est au passage divertissant de retrouver ici dans ce messianisme naïf les accents des missionnaires chrétiens allant naguère évangéliser les populations « sauvages » des continents encore plongés dans l’obscurité du paganisme en Afrique ou en Asie.

[15]. À cet égard, il est significatif de voir le secrétariat d’État aux Droits de l’homme passer allègrement à la trappe dans le gouvernement Fillon III. Il est vrai que la carrière de Bernard Kouchner étant assurée, point n’était besoin désormais de ce véhicule encombrant, source inépuisable d’incidents diplomatiques à répétition.

[16]. « Le poisson pourrit par la tête », dit un proverbe chinois.

[17]. L’Italie en 2008 a vu débarquer sur ses rivages 36 900 immigrés clandestins soit 75 % de plus qu’en 2007.

[18]. On ne peut s’empêcher de penser ici au Sénat de la Rome du IIIe siècle dont la corruption a entraîné irrémédiablement la ruine de l’Empire romain.

[19]. Obligeamment chiffrée à 159 millions de personnes par l’ONU en janvier 2000.

[20]. Une éminente sociologue du CNRS ne prétendait-elle pas effrontément tantôt sur les écrans, sans que personne ne la contredise bien entendu, que les immigrés à la retraite rentraient tous au pays ? La CNAV disait expressément le contraire quelques semaines plus tard.

[21]. Et de gémir aujourd’hui à longueur de colonnes sur les méfaits de ces braves jeunes gens à Cavaillon, par exemple : Le Monde du 16 septembre 2009. Mais c’est la faute à la mairie de droite naturellement. Tartufe est toujours parmi nous.

[22]. L’assassin de van Gogh, Muhammad Bouyeri, fils d’un immigré marocain, avait ingénument tenu des propos particulièrement révoltants : « Ce meurtre est justifié car la loi islamique m’oblige à couper la tête à quiconque insulte Allah ou son prophète » (sic). Pour faire bonne mesure, il déclare à la mère effondrée de van Gogh : « Je n’éprouve aucune compassion pour vous car vous êtes une infidèle ». Voilà qui a dû la réconforter grandement.

[23]. Encore que l’affaire de la burka vienne opportunément nous rappeler que la frange la plus radicale des musulmans vivant chez nous n’a nullement renoncé à nous imposer leurs mœurs et peut-être, un jour, leurs lois. Et cela d’autant plus que les tendances démographiques jouent clairement en leur faveur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>