L’affaire Depardieu

Ce que l’on peut appeler « l’affaire Depardieu , qui a trop longtemps défrayé la chronique , jette un singulier éclairage sur la sensibilité de l’opinion en France sur certains sujets.

En premier lieu, il semblerait que, dans l’ensemble, le public n’ait guère été incliné à condamner vigoureusement l’attitude, cynique et égoïste, de l’acteur. Certains y ont même vu une opportune réponse au « tour de vis fiscal » imposé par la conjoncture et dont ils s’estiment les injustes victimes : une revanche par procuration ou par personne interposée en quelque sorte.

En d’autres termes, les Français ne sont nullement choqués qu’un acteur, qui met en vente à 50 millions d’euros un hôtel à Paris, excusez-moi du peu, sans compter la maison de Belgique et une somptueuse villa en construction sur la côte en Normandie, puisse allègrement pratiquer, et en toute impunité, la « resquille fiscale ». L’homme a manifestement des moyens. Les mêmes s’indignent à grand bruit des gros salaires des cadres dirigeants qui font vivre la nation ( PSA, EDF etc. etc.) nourrissent une indulgence sans bornes pour l’enfant de la balle qui a réussi. Cela peut surprendre mais il en est ainsi. Ah, mais c’est qu’il fait rire, lui . Drôle de pays que le nôtre.

Côté Depardieu, on sera choqué par l’absence totale de scrupules moraux chez une vedette du cinéma qui a fait toute sa carrière en France pays auquel, après tout, il doit tout, fortune, succès, renom. Le patriotisme fiscal ou le patriotisme tout court ne semble pas avoir pris racine dans la conscience de ce saltimbanque bouffi et adipeux, nourri à l’alcool et à la drogue, comme il se doit dans ces milieux délétères, qui se croit tout permis. En témoignent les innombrables incartades grossières d’un personnage parfaitement répugnant, comme uriner dans une bouteille au vu de tous et de toutes dans un avion de ligne (ah ! ah ! ah !) ou le viol confessé en début de carrière qui lui a fermé les portes d’Hollywood. Les Américains ont quand même plus de tenue que nous.
Il est vrai que ce n’est nullement le seul cas en l’espèce. Jean-Luc Delarue, surnommé le « gendre parfait », récemment décédé d’un cancer de l’estomac, avait fait aussi un énorme scandale en agressant les hôtesses de l’air sur un avion d’ Air France qui le menait à Johannesburg. Décidément l’avion ne vaut rien à nos vedettes.
Et Catherine Deneuve, dont on attendait un peu plus de bon sens, n’ a pas hésité à se précipiter publiquement à la rescousse de son ami cruellement menacé par le fisc. ll est vrai qu’elle-même faisait sans trop de scrupules naguère de la pub pour la BNP. « L’argent n’a pas d’odeur » « Nihil olet »disait déjà l’empereur Vespasien à son fils Titus. C’est la solidarité tribale des gens du spectacle avant l’amour du pays. Car l’argent passe avant tout. Sauf pour Philippe Torreton qui sauve l’honneur de cette clique méprisable.
Car cette super classe d’acteurs et d’hommes de théâtre et des médias se sentent quasiment au -dessus des lois et dotés d’une impunité totale par rapport au vulgum pecus, pauvres spectateur qui payons nos places, que nous sommes. « Qu’ils paient leurs impôts , ces pauvres cloches, moi je me tire ».Faudra-t-il réintroduire le contrôle des changes et des contrôles douaniers pour retenir ces petits fripons à la maison ?

Mais là où les choses se gâtent sérieusement, c’est lorsque l’homme en détresse fiscale s’en va se réfugier, non plus à la frontière franco- belge, ce qui n’était pas si mal, mais entre les bras câlins de Vladimir Poutine, lequel ne sort d’ailleurs pas grandi de cet épisode mesquin. Au risque de se déconsidérer, il n’a pas voulu rater une si belle occasion d’envoyer une « nasarde » à François Hollande ? Sans doute quelques vieux comptes à régler au sujet de la Syrie et de la vente à moitié ratée de frégates Mistral. Poutine semble lui-aussi atteint d’une sorte d’hubris, l’ivresse qui saisit les hommes politiques qui ont réussi, qui ne trouvent plus guère d’obstacle sur leur chemin et qui estiment en conséquence pouvoir se permettre n’importe quoi comme un tsar d’autrefois ou un Joseph Staline.

Du côté Depardieu, cette façon de s’asseoir sans façons sur passeport français parce que monsieur est vexé dans sa vanité d’acteur vieillissant mais encore adulé, est bien révélateur de la mentalité du personnage . Imaginons ce qu’il aurait fait entre 40 et 45 ? Se serait-il empressé de s’engager dans la Résistance, tel Malraux, ou aurait-il tourné des films à la gloire de l’occupant ? tout comme l’ont fait Maurice Chevalier et bien d’autres histrions de l’époque. Décidément, le patriotisme ni la décence ne sont pas les points forts de notre « classe artistique et culturelle ».

Bah ! Encore quelques semaines et les Français auront oublié et se précipiteront pour voir les films de Depardieu

Lettre ouverte à M. Barbier, directeur de l’Express, sur l’immigration

Paris, le 22 décembre 2012

Monsieur Christophe Barbier
Directeur
L’Express

Cher Monsieur,

Vous savez l’estime que je vous porte, depuis toujours. Aussi ai-je été extrêmement surpris de prendre connaissance du dernier numéro de l’Express consacré aux « coûts de l’immigration » et notamment à votre éditorial de ce même numéro.

Pour simplifier, vous développez deux idées, à dire vrai qui ne sont pas neuves, car la gauche, dont vous êtes le porte parole, ne cesse de les ressasser inlassablement depuis 30 ans, à savoir :

1° Les immigrés rapportent plus qu’ils ne coûtent.

2° Grâce à l’immigration, la France pourra tenir tête à l’Allemagne, et même l’emporter sur notre rivale de toujours.

La démonstration est éblouissante. Le malheur veut qu’elle n’a ni queue ni tête car fondée sur des éléments faux, incomplets, tronqués, ou déformés. Excusez-moi du peu.
Cela s’appelle, en bon français, de la désinformation comme le pratiquaient jadis certains régimes autoritaires de sinistre mémoire dont vous vous souvenez peut-être.

Reprenons votre démonstration, point par point. Ici, le modeste lecteur de l’Express que je suis, car je n’ai pas ni votre formation intellectuelle, ni votre vaste expérience des problèmes démographiques (voir cependant mon cv ci-joint), ne peut s’empêcher de penser que vous avez commis deux erreurs majeures, en fait, peu dignes de la direction d’un grand hebdomadaire comme l’Express.

En premier lieu, dans votre démonstration implacable des coûts de l’immigration, vous avez tranquillement négligé toute la littérature qui a été publié sur ce sujet délicat depuis bien des années. Je citerai simplement un premier colloque organisé voici 5 ans par votre humble serviteur, en compagnie de quelques personnes également connues, et je cite entre autres Gérard Lafay, mon ancien collègue à Paris II, et Jacques Bichot, docteur en mathématique, professeur agrégé d’économie à Lyon 3. Mais peu importe.

Vous avez préféré et c’est votre droit, privilégier les travaux d’un certain Xavier Chojnicky, maître conférence à Lille 3. Ce jeune homme d’avenir a en effet publié, pour le compte de la DRESS en juillet 2010, un modeste opuscule de 200 pages truffé d’équations économétriques.
Je ne suis pas certain que vous sachiez ce qu’est l’économétrie. Mais ce qu’il y de sûr est que l’appliquer à l’analyse de l’immigration, et de ses coûts, revient à faire et je cite, ce que Lord Maynard Keynes (vous voyez de qui il s’agit) disait d’une théorie quelque peu douteuse : « qu’elle consistait à appliquer la théorie des liquides à des matières sinon solides, du moins semi pâteuses ». Effectivement la démonstration de M. Chojnicki, présente effectivement bien des caractéristiques pâteuses à telle enseigne que votre collègue, Mme Vincent du Monde, quotidien qui n’a pourtant pas la réputation de pencher à droite, a cru devoir prudemment ramener de 47,9 à 12,4 milliards le gain supposé tiré de la production des immigrés.

Vous trouverez ci-joint les estimations de mon dernier colloque du 11 février qui évalue à 73,3 milliards le coût net de l’immigration, défalcation faite d’une valeur ajoutée par les immigrés de 55,9 milliards. Vous pourrez constater sans peine que l’écart est considérable entre les évaluations « économétriques » de M.Chojnicki et les nôtres. Vous ne serez donc pas surpris si je tiens les calculs de M. Chojnicki pour parfaitement fantaisistes (voir mon article publié dans Valeurs Actuelles du 24 novembre 2011). Mais la presse de gauche s’est, bien entendu, précipité sur ce modeste relief, comme des moineaux sur un tas de crottin, qui lui permettait, enfin, de justifier le slogan de toujours : « L’immigration, ça rapporte », sans l’ombre d’une justification.

Le second point saillant de votre remarquable démonstration est que, grâce à l’immigration, la France va pouvoir enfin surclasser l’Allemagne.
Cette information, tirée de votre chapeau de magicien n’a pas manqué de réjouir le cœur du vieil économiste que je suis. Dès lors, quoi de plus simple. Faisons venir en France chaque année 200 000 sympathiques Congolais plus 200 000 aimables Maghrébins, qui ne demandent que cela, et voilà la France qui caracole en tête des pays européens.

Là encore, le malheur veut que cette proposition n’a aucune sens. Car assimiler un immigré venant du Tiers monde à un jeune français, allemand, britannique, formé et qualifié consiste à commettre l’erreur classique de nos « immigrationnistes » de choc. Cette vision quantitativiste est tout simplement une niaiserie, indigne d’un esprit comme le vôtre. Et c’est là que nous retombons sur le problème du coût net de l’immigration.

L’immigré coûte bien plus qu’il ne rapporte. Car il n’est malheureusement pas formé, ni éduqué ni qualifié. Il faut donc, dès qu’il pose son pied sur le territoire national, le prendre en charge, c’est-à-dire le loger, le soigner, mettre ses enfants à l’école, et lui donner de quoi subsister (l’ATA). Et lutter contre l’inévitable délinquance.

Tout cela est détaillé dans les Actes du Colloque de l’l'Institut de Géopolitique des Populations du 11 février dernier que vous avez superbement dédaigné mais que je tiens à votre disposition.

Mais, en revanche, cela explique en partie l’extraordinaire montée en puissance du budget social de la France qui vient encore tout récemment s’alourdir de 2,5 milliards supplémentaires en faveur des pauvres et des déshérités dont la plupart proviennent de l’immigration immigrés, légale ou clandestine. Au surplus, la fameuse CMU C de Martine Aubry va bénéficier à 500 000 bénéficiaires supplémentaires. Je vous laisse deviner leur origine.

Tout ceci pour dire qu’il faut être quelque peu demeuré, ou cynique, pour oser prôner la poursuite de l’immigration -250 000 par an dont 200 000 légaux et 50 000 au moins venant de l’immigration clandestine, futurs chômeurs ou assistés sociaux- alors que le taux de chômage va vers 11% de la population active et que le budget social éclate de toutes parts, cependant que le taux de croissance de notre pays stagne autour de 0 %.

En conclusion, vous avez, à mes yeux, commis deux fautes majeures en publiant ce numéro.

La première est d’ordre professionnel. Un bon journaliste ne va pas puiser ses informations à une source unique, mais recherche, compare, utilise les divers travaux publiés sur le sujet. Vous ne l’avez pas fait, faute de temps peut-être. Mais je crois tout simplement par préjugé idéologique, vieux procédé de la presse de notre pays, une des pires en l’Europe, selon la plupart des observateurs étrangers. Les réflexes marxistes ne se perdent pas si facilement. Ou tout simplement par flemme.

En second lieu, vous avez commis une faute morale grave en pratiquant la désinformation à l’encontre de vos lecteurs. Car ces braves gens, qui n’ont pas le temps de lire beaucoup, -sinon ils ne liraient pas l’Express-, s’en remettent aveuglément à vous pour connaître la vérité révélée. Les malheureux ! Vous les avez une fois de plus abreuvés à une source empoisonnées.

Au total, quel jugement porter sur ce numéro de l’Express ? Mauvaise foi intellectuelle, inculture généralisée ou, tout simplement, amateurisme professionnel ? Un peu des trois sans doute.

Et c’est ainsi que notre pays avance d’un pas assuré vers une grave catastrophe économique et sociale, dont la désinformation, savamment distillée par la presse, portera une large responsabilité. Mais chacun sait que la presse de notre pays, dispose à la fois d’une irresponsabilité et d’une l’impunité à peu près plus totales.
Pour terminer, je serais néanmoins disposé à vous accorder l’indulgence, car vous êtes loin d’être sot, si vous avez dû rédiger ce papier sur commande. Auquel cas, tout va bien.

Mais peu importe après tout. Le proverbe dit que « la Vérité ne triomphe jamais, mais les menteurs finissent par mourir ».

Je vous souhaite néanmoins une longue vie et de bonnes fêtes de Noël et de Nouvel an.

Bien cordialement à vous.

Yves-Marie Laulan

L’UMP, l’huitre et les plaideurs

Le bon Lafontaine l’avait déjà écrit bien avant nous.

Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent
Une Huître que le flot y venait d’apporter :
Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;
A l’égard de la dent il fallut contester

L’huitre, objet d’une convoitise acharnée, c’est évidemment la présidence de l’UMP où les deux protagonistes voient, peut-être à tort d’ailleurs, l’antichambre de l’élection présidentielle.

Les plaideurs, chacun a reconnu les deux François, François Copé et François Fillon. On pourrait d’ailleurs appeler cet épisode charmant « la guerre des deux François ».
Quand à Georges Dandin, mon Dieu, comment ne pas le distinguer sous les traits d’Alain Juppé, né malin, rusé, madré. Il espère bien, en fin de compte, empocher, tout ou tard, la mise, grâce à une affaire qui le place enfin, le destin est miséricordieux, après tant d’avanies, en position d’arbitre, de vieux Sage, de Gourou même au sein de l’UMP.

Pendant tout ce bel incident,
Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.
Perrin fort gravement ouvre l’Huître, et la gruge

Il est loin le personnage d’il y a 15 ans, Monsieur « droit dans ses bottes », maigre et sec portant beau. Nourri au bon vin de Bordeaux, sa taille s’est épaissie, son visage empâté. Il ressemble enfin, et pour notre plus grand bonheur, à un radical socialiste bien rassurant, natif de notre bonne vieille région d’Aquitaine (foie gras, magret de canard, et armagnac).

A ceci près qu’il a noblement refusé de se présenter aux élections législatives, pour mieux préserver ses chances aux municipales, sans doute parce que les sondages ne le donnaient pas gagnant. Ce courage politique le désigne tout naturellement pour conduire l’UMP, enfin rassemblée sous sa houlette, à la victoire en 2017.
Reste nos deux gaillards qui risquent fort de faire les frais de cette aventure et de rester piteusement sur le carreau.

Ce repas fait, il dit d’un ton de Président :
Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille
Sans dépens, et qu’en paix chacun chez soi s’en aille.

Vous voyez : tout y est.
Entre les deux plaideurs, mon coeur balance. Entre Copé, teigneux, accrocheur et parfois arrogant et Fillon, doux, gentil, avenant, comment choisir ?
En fait, il n’y a pas la moindre divergence politique entre ces deux personnages. Simplement un conflit entre deux ambitions et deux tempéraments. Mais voilà. Faut-il, pour mener un jour l’UMP à la bataille, un guerrier, un combattant, parfois insupportable, mais n’hésitant jamais à prendre des coups, et à en donner ?
Ou faut-il préférer une personnalité bien sympathique, mais un peu mollassonne, qui n’a jamais fait de peine à personne, une sorte d’édredon politique en quelque sorte, bien décidée en tous cas à ne prendre aucun risque politique. On dit même qu’il envisagerait de ne pas se présenter à la Mairie de Paris », de peur de se faire battre. Du Juppé tout cru ! Après tout, il a été pendant 5 ans le Sancho Pansa de Nicolas Sarkozy et avalé un nombre incalculable de couleuvres. Il aurait quand même pu en avaler une de plus, de bonne grâce.

Ce qui surprend un peu est sa réaction un peu rageuse, capricieuse, quasi féminine pourrait-on dire, à son échec aux primaires. Une fois, il veut rafler la présidence ; le coup d’après, il n’en veut plus, mais à condition que son rival ne s’en empare pas. Un comportement de « mauvais perdant » qui augure assez mal de ce de ce qu’il pourrait faire à la tête d’un grand parti.

Quand un grand quotidien du soir s’attriste, la larme à l’œil, de voir l’UMP se déchirer à belle dents, il faut y voir, bien au contraire, une manifestation de la belle santé vigoureuse d’un grand parti qui ne veut pas mourir encore. Après tout, à quoi nous a conduit l’unanimité servile bien rangée derrière Nicolas Sarkozy ? A l’échec.

De cette furieuse empoignade sortiront, peut-être, les germes d’une belle victoire de la droite dans 5 ans.

Quant aux « cicatrices » dont on parle tant, dans quelque mois, une année au plus, on n’y pensera plus. « Une nuit de Paris aura effacé tout cela ». C’est ça, la politique.

Le rapport Gallois : « Choc » ou « pschitt » ?

Voici peu, la scène économique en Europe faisait penser au titre du beau livre de Erich Maria Remarque « A l’Ouest, rien de nouveau ».
C’était le calme plat, les taux d’intérêt en France, à 2,14 % (contre 4,9 % pour l’Italie et 5,9 % pour l’Espagne), restaient historiquement bas, les marchés étaient muets comme des carpes, comme s’il avait suffi que l’inoubliable Sarkozy quitte la scène politique et que le bon docteur Gallois apporte la clef des songes pour que tout rentre dans l’ordre, comme avant. Mais n’était-ce pas le calme avant la tempête ? Et ne sommes-nous pas, en réalité, dans l’œil du cyclone ?

Car deux coups du destin (il manque le 3° qui va surement se faire entendre) sont venus nous rappeler désagréablement à la réalité. C’est d’abord la énième demande d’aide de la Grèce sur fond de manifestations réclamant le versement d’une tranche d’aide supplémentaire (44 milliards d’ici la fin de l’année) et faisant apparaître un nouveau « trou » de quelque 31 milliards d’euros de plus, avec, bien sûr, une demande d’allongement des délais de remboursement. La dette atteindra alors 175 % du PIB avant de progresser vers 200 %. Mais comme le disait avec sagesse le sapeur Camembert : « passées les bornes, il n’y a plus de limites ».
Cette comédie, faut-il le rappeler, perdure depuis plus deux ans avec un rituel bruxellois désormais bien au point. Ce qui fait enrager Christine Lagarde. Revenue au bon sens depuis qu’elle a quitté les Finances pour s’installer commodément sur les berges du Potomac, elle a miraculeusement retrouvé la raison. Mieux qu’à Lourdes. Tout cela pour nous remettre en mémoire que la crise de l’euro n’est nullement réglée et que la Grèce est un puits sans fond (nos concours répétés à la Grèce commencent à avoir un impact négatif significatif sur notre balance des paiements et notre propre endettement).

Le 2°coup est l’annonce que le Moody’s, (suivie dans l’instant par l’INCRA, une nouvelle agence de notation) avait abaissé notre note d’un cran du triple AAA, et cela moins de quinze jours après la publication du rapport Gallois. Les ingrats ! A croire que ces agences de notation ne savent pas lire le bon français et déchiffrer les excellentes intentions de notre gouvernement.
La vérité est que ces agences ont fini par voir ce qui crevait les yeux depuis belle lurette : la situation de l’économie française est absolument désastreuse, avec 10,8 % de chômeurs, la perte de 750 000 emplois industriels en 10 ans, un déficit budgétaire de 4,5 %. Le solde de la balance commerciale hors énergie est passé de +25 milliards à -25 milliards ; nos parts de marché à l’exportation sont tombées de 12,7% à 9,3 % ; la part de l’industrie dans la valeur ajoutée a reculé de 18 % à 12,5 %. Du jamais vu. Sans compter un endettement extérieur qui continue de croître gaîment (86 % du PIB fin 2011, avec une augmentation de 500 milliards sous Nicolas Sarkozy), mais le tout aimablement camouflé sous le voile protecteur de l’euro, c’est à dire de l’Allemagne. Merci, Nicolas Sarkozy.Le réveil est rude.
En revanche les Français sont champions du monde pour les vacances et la durée du travail. Au surplus, nous accueillons, bon an mal an, quelque 250 000 immigrés, la plupart futurs chômeurs ou assistés sociaux. Quel bonheur de venir vivre en France.

Le rapport Gallois avait pour objet de remédier à cette situation catastrophique. Il comporte 22 mesures, toutes pertinentes. Mais la mesure phare est l’allégement des charges de l’entreprise, ramenée dans le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi élaboré par le gouvernement à 20 milliards (au lieu de 30) et étalés sur 3 ans (au lieu d’une application sur une seule année en 2013). L’objectif est, noblement, de créer un « nouveau modèle de croissance » pour la France. Le mot est joli. Mais pour l’instant le « choc » est sur le papier et dans les esprits. Tout va dépendre de sa mise en application.

On doit à la vérité de dire que ce rapport, mais surtout la suite que le gouvernement se propose de lui donner suscite déjà un certain scepticisme qui se justifie par deux raisons: Trop peu, trop tard.

Trop peu : remplacer un allègement fiscal par un crédit d’impôt n’est pas neutre. Surtout quand cet allègement indirect ne porte que sur 20 milliards d’euros au lieu de 30. Ce n’est plus de la thérapie de choc mais de la médecine douce.

Trop tard : Là encore, étaler sur deux ou trois ans l’application du rapport Gallois au lieu de le mettre en application dès 2013 a pour résultat de diluer dans le temps le résultat à attendre de cette mesure qui risque d’avoir, au mieux, un effet amorti et différé.
Le jugement qui vient à l’esprit est, bien sûr : « bien, mais peut mieux faire ».

On comprend bien les raisons pour lesquelles le gouvernement Ayrault a agi ainsi.
Il est manifeste que l’électorat de gauche (comme celui de droite, grand Dieu), qui ne comprend rien à l’économie, voit d’un très mauvais œil le gouvernement s’engager insidieusement sur la voie de l’austérité. Et encore n’a-t-il encore rien vu. Attendons 2013. Le Premier Ministre doit donc louvoyer avec prudence pour ne pas sombrer dans une situation politique ingérable avec un taux d’approbation inférieur à 20 %, proche de la crise politique majeure.

Par ailleurs, Il faut reconnaître honnêtement que François Hollande a eu malgré tout un certain mérite, et un courage certain de commanditer le rapport Gallois et de le rendre public. Ce que son malheureux prédécesseur à l’Elysée, obsédé par l’élection à venir, s’était bien gardé de faire. Paradoxalement, aujourd’hui, c’est la Gauche qui fait la leçon à la droite. Car augmenter les impôts, réduire la consommation de ménages pour alléger les charges de l’entreprise pour l’inciter à investir et à embaucher relève de la plus stricte orthodoxie économique. La Droite ne l’a pas fait. Mais Il est vrai qu’elle est « la plus bête du monde ».

Ceci étant, il est évident que même si le gouvernement parvient à faire avaler la pilule au PS, tout ne sera pas réglé pour autant. Car il manque à ce dispositif des réformes structurelles sans lequel ce programme risque fort de rester inopérant : c’est l’abandon des funestes 35 heures, la flexibilité du marché du travail, la réforme des retraites, des dépenses de santé, et par-dessus tout, la réduction des dépenses publiques, que sais-je encore. Quand on sait que les seules dépenses de protection sociale accumulées, gouvernements après gouvernements depuis 30 ans représentent jusqu’à 32% du PIB, on mesure mieux la montagne qui reste à gravir.

En dehors de cela, il y a le risque de voir la France s’engager à son tour dans une « spirale déflationniste à la grecque » : la réduction des revenus des ménages engendre une chute de leur consommation et de leurs dépenses ; ce qui réduit leur demande à l’entreprise ; qui voit son chiffres d’affaire chuter ; ce qui ne l’incite pas vraiment à investir ni à embaucher. Le risque est réel. Il est inhérent à tout plan d’assainissement quelque peu rigoureux. Mais comment l’éviter ?

On ajoutera que le bol d’oxygène ainsi accordé aux entreprises ne va pas forcément les amener à embaucher. Rappelons-nous le célèbre dégrèvement de la TVA en faveur de la restauration et l’hôtellerie. On sait que bien des entreprises ont purement et simplement mis ce bonus dans leur poche sans embaucher le moindrement du monde. Ce scénario peut parfaitement se répéter.

Par ailleurs, ce dispositif sera-t-il vraiment mis en œuvre ? Car les résistances seront rudes, chaque féodalités se battant bec et ongles pour conserver leur fonds de commerce, associations, entreprises publiques, hôpitaux etc. etc.

C’est tellement vrai que nos amis allemands, sournoisement, dans notre dos, sans qu’on leur demande rien, ont commencé à mette la main à un plan de réformes économiques pour la France (le coupable est Wolfgang Schäuble, le ministre des finances). Une honte, un scandale comme l’aurait dit le regretté Georges Marchais en son temps. De quoi faire bondir Marie-France Garraud arrachée par cette monstruosité à l’élevage des lapins angoras en Vendée.

Alors que penser ? En réalité, tout cela relève largement du théâtre d’ombres.
La France adore les grands rapports qui ne sont jamais mis en oeuvre (sauf, du temps de de Gaulle, avec le rapport Rueff-Armand de 1959). La vie économique en France est un cimetière de rapports : rapport Pébereau, rapport Camdessus, rapport Attali et j’en passe et des meilleurs. (J’en ai bien vécu une bonne demi-douzaine quand je n’y ai pas mis moi-même la main à la pâte).

On y retrouve depuis 30 ans, exactement les mêmes ingrédients, les mêmes propositions de réforme, (coût du travail, durée du travail, rigidité du marché du travail, protection sociale excessive, chômage, retraites, dépense publique démesurée, etc. etc.), toujours proposées, jamais appliquées.

La raison en est que la France a horreur des réformes, car la réforme fait mal, et les Français sont douillets et frileux. Au surplus, les politiques n’ont aucune envie, on ne sait pas pourquoi, de perdre la prochaine élection, (comme le pauvre Schröder en Allemagne). Et il y en a toujours une à l’horizon dans notre bienheureux pays. Il faut donc noyer le poisson.

Le rapport Gallois fera-t-il exception ?

En bon radical socialiste, François Hollande louvoie mollement entre les récifs en étant attentif à n’exaspérer aucun groupe de pression dangereux au-delà d’une certaine limite (son taux d’approbation est tombé à 36 %, la cote d’alerte), et en distrayant l’opinion publique avec ces épouvantails que sont le mariage homo et le vote des étrangers. Cela détourne l’attention du public, pour un temps.

Nous verrons bien si ce bluff va opérer.

Si le « choc de compétitivité rate », il n’y a pas de plan B de rechange. La France ira de crise en crise, avec une croissance molle, des taux d’intérêt intenables, un chômage insupportable, et vraisemblablement une inflation alimentée par les déficits et l’endettement. Bref, un ratage complet. Jusqu’à ce que tout saute : le couple franco-allemand, l’euro etc. Un scenario catastrophe de cette nature n’est nullement à exclure.

Hollande a encore l’occasion de devenir un grand président de la République, celui du redressement national, qui conçoit et conduit la réforme. Il se pourrait qu’il soit en train de la perdre à force d’atermoiements de demi-mesures et de compromissions. Auquel cas, il sera bien, en définitive, le petit bonhomme médiocre que tout le monde redoutait. Il a encore une chance. Mais pas pour très longtemps.

La réélection de Barak Obama

La cause est entendue. Obama a été réélu par les minorités noires et latinos, mais aussi par la fraction de la communauté blanche dite libérale, lisons quasi socialiste, parfaitement incarnée naguère par feu Edwards Kennedy, milliardaire au grand cœur. C’est celle qui ne rêve que d’étendre encore davantage l’emprise de l’Etat fédéral à des fins de justice sociale, entendons par là une redistribution aussi large que possible en faveur des déshérités, celle qui a milité avec acharnement en faveur de la réforme du National Health Service votée voici plus de deux ans.

Aux Etats-Unis comme en France, l’électorat blanc a été victime de l’immigration. En fait, cela était prévisible voici dix ans, lorsque le Bureau of Census américain nous a appris que le dernier bébé né aux Etats-Unis cette année-là changeait la majorité de la population en faveur des minorités. Les blancs d’origine caucasienne devenaient minoritaires pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique. Les conséquences électorales n’ont pas tardé à se manifester.

En gros, cette élection a vu le triomphe de l’Amérique sociale et compatissante contre l’Amérique industrieuse et industrielle, l’Amérique du travail, de la compétitivité et de la réussite individuelle contre l’Amérique compatissante soucieuse de la prise en charge par la collectivité de tous les « laissés pour compte de la croissance. Et ils sont nombreux Outre Atlantique où la crise financière a creusé encore davantage le fossé toujours béant des inégalités de la société américaine.

Cette réélection apparaît d’autant plus injustifiée que Obama, en dépit de son évidente bonne volonté et de ses qualités personnelles, a échoué sur toute la ligne, notamment en terme d’emplois et de croissance. La création d’emplois nouveaux reste anémique et la croissance oscille, pour l’instant, autour d’une trajectoire quasi plate et cela en dehors d’un déficit budgétaire qui reste phénoménal et des énormes quantités de liquidités enfournée à tour de bras par Ben Bernanke, le président d’une Fed complaisante devenue une machine à imprimer des billets. En dehors de cela, la crise des crédits hypothécaires n’est toujours pas résolue et bien des ménages modestes continuent à être expulsés sans ménagement de leurs logements.

Bien plus, la réforme du secteur bancaire et financier n’a été menée à bien qu’en partie et les fameux hedge funds recommencent à faire parler d’eux et proliférer ici et là. Les leçons de la dernière crise n’ont manifestement pas été tirées. Une nouvelle « bulle » spéculative de taille colossale est en train de se former. C’est le développement fort inquiétant du « shadow banking » (hedge funds, assurance, fonds de pensions et autres entités financières), ce secteur financier de 67 milles milliards de dollars (vous avez bien lu mille milliards), qui échappe totalement à la règlementation qui s’impose au secteur bancaire traditionnel. Décidément, la spéculation financière a encore de beaux jours devant elle. A quand la prochaine crise ?

Que faut-il attendre de cette réélection ? Il est permis de se demander si, avec la mise à l’écart de Mitt Romney, malgré ses défauts, l’Amérique n’a pas perdu sa dernière chance de se réformer et de remonter la pente. En d’autres termes, il est donc à craindre que les Etats-Unis, qui sont sur une pente hésitante depuis une dizaine d’années, ne vont pas à leur tour emprunter le chemin du déclin, comme la vieille Europe avant eux.

Car les « penseurs » Outre atlantique, et l’on pense ici naturellement au plus vociférant d’entre, le prix Nobel d’économie, mais surtout chroniqueur au New York Time, Paul Krugman, à la barbe fleurie, persistent à ne jurer que par l’évangile selon Keynes, à savoir, des déficits, encore des déficits et toujours des déficits (d’autant plus que comme il est prévisible, le nouveau Health Service qui entrera en œuvre en 2014 va se révéler un insondable gouffre à milliards de dollars (comme notre chère Sécu en Europe).

C’est que financer par le déficit est tellement commode. Aussi longtemps néanmoins que l’hydre de l’inflation ne réapparait pas (elle est contenu, pour l’instant) par le chômage et la compression du revenu moyen des ménages) et que les investisseurs étrangers, japonais mais surtout chinois, continuent, faute de mieux, à acheter les bons du trésor américains qui financent le déficit. Car les Etats-Unis, on le sait bien, disposent du redoutable privilège de battre monnaie internationale.

L’endettement des Etats-Unis va donc continuer à s’élever tranquillement vers le ciel avec cependant une double limite. La première serait si, pour une raison ou pour une autre, la Chine renâclait à financer l’Amérique, ce qui peut intervenir en cas de fâcherie sérieuse, (d’ordre diplomatique ou prudentielle) auquel cas les taux d’intérêt, qui sont restés à un niveau historiquement bas, et disons-le anormalement bas, commençaient à grimper, risquant du même coup d’étrangler dans l’oeuf une reprise économique toujours hésitante.

Il est vrai aussi que si la technique du « fracking » tenait ses promesses, et que les USA redeviennent exportateur net de pétrole et de gaz naturel, ce serait évidemment un ballon d’oxygène en faveur de ce pays qui pourrait à nouveau bénéficier d’un sursis inespéré dans la remise en ordre de son économie et notamment la reconstruction de ses infrastructures terriblement négligées. Mais saura-t-il en profiter ? Pour l’instant, il n’en a guère pris le chemin et il est à craindre que les ressources additionnelles ne soient utilisées pour financer de nouvelles largesses sociales en faveur de la nouvelle majorité, cad les anciennes minorités.

Un second obstacle qui se dresse sur la route du déficit à perpétuité tient à la majorité de la Chambre des Représentants où les Républicains, enragés de leur nouvelle défaite, ne semblent pas disposés au moindre compromis. Mais tout finira bien par s’arranger par un compromis boiteux, comme d’habitude.

C’est dans le domaine de la politique étrangère que le changement pourrait être le plus net. Le président Obama voudra sans doute, -il est né à Hawaii- concentrer son attention sur le Pacifique, face à la Chine, et se désintéresser un peu plus de cette insupportable Europe qui refuse obstinément de financer sa propre défense tout en s’enlisant voluptueusement, mois après mois, dans les méandres infinis de la crise de l’euro.

Par ailleurs, le processus, en route, d’islamisation insidieuse de la vieille Europe n’a certainement pas échappé aux observateurs américains. Entre une Europe plus ou moins islamisée et une Europe encore vaguement chrétienne, il est clair que les USA n’hésiteront pas privilégier la première, pour sauvegarder avant tout leurs intérêts stratégiques de long terme. Comme ils l’ont magistralement fait au Moyen-Orient (avec, il est vrai, des résultats bien ambigus). Et tant pis pour cette vieille Europe qui s’est obstinément montrée incapable de se défendre toute seule.

Par contre, le volcan israëlien risque de se réveiller tout d’un coup, et l’Amérique, pourtant lasse des combats en terres étrangères, pourrait bien se voir happée à contre cœur dans un nouveau champ de bataille au Moyen-Orient. D’autant plus que le brasier syrien flambe de plus belle et que le feu couve sous les cendres en Lybie.

Dure leçon. Il ne suffit pas de gagner de justesse les élections américaines pour que la paix revienne miraculeusement dans le monde.
Dans ce contexte déprimé, une Amérique diminuée pourra-telle rester le grand Arbitre international, le champion des libertés dans le monde ? Voire.

L’affaire Petraeus – An american comedy

Elle commence en farce et finit en tragi comédie.

La farce, c’est cette « romance « entre un général couvert de médailles et blanchi sous le harnois et une dame de la bonne société américaine de province. La tragi-comédie, c’est sa démission peu glorieuse de son poste, névralgique, de directeur de la CIA et les répercussions bien fâcheuses de cette sombre histoire sur l’establishment militaire américain. Quelle merveilleuse comédie de boulevard Feydeau en aurait tiré !

Les acteurs sont désormais bien connus. Petraeus est, ou plus exactement était, un héros militaire comme les Américains aiment à s’en doter : svelte, élégant, visage en lame de couteau, un vrai général d’Hollywood. Bien que n’ayant jamais commandé de troupes au feu, il a volé de postes prestigieux en commandements stratégiques, Irak, Afghanistan, OTAN avant d’être porté à la tête de la plus grande agence d’espionnage au monde, la fameuse CIA (que l’on retrouve dans tous les mauvais coups depuis 50 ans, Baie des Cochons comprise). En fait, à y regarder de plus près, il semblerait bien qu’il ait été avant tout un général « mondain », fort soucieux, semble-t-il, de se ménager les relations utiles à sa carrière.

Elle, mariée s’il vous plait, avec deux enfants, est une-femme-de-lettres en herbe, ambitieuse comme il se doit. Ayant bénéficié d’une formation militaire à West Point (mais elle avait sans doute, séché les cours d’éthique) puis civile à Harvard elle s’est installée avec son radiologue de mari (il faut bien vivre) à Charlotteville, North Carolina, petite ville provinciale, où elle devait s’y ennuyer ferme. Son CV ne comporte pas moins de 6 lignes, depuis « féministe », « surfer », « skieuse », « retraitée de l’armée » pour terminer sur une note attendrissante « Maman ». Il ne lui a manqué que d’avoir été interne à la Maison Blanche, comme Monica Lewinsky. En bref, une héroïne de la série « Desperate Housewives », une de ces innombrables américaines sans emploi dans la société américaine d’aujourd’hui qui débordent d’énergie, de frustrations, d’ambitions non réalisées mais qui se croient tout permis. L’analyse de son ordinateur a quand même révélé nombre d’informations relatives aux déplacements et activités du haut commandement militaire américain, sans compter ceux du général Petraeus, bien entendu. Là, une ligne rouge a été franchie et l’on sort de la frivolité mondaine.

Le tableau de famille ne serait pas complet sans Jill Kelley, (3 enfants, bien sûr), celle par qui le scandale est arrivé. C’est une sorte de Madame Bovary à l’américaine. Ici on a affaire à une « socialite » comme on dit aux USA, une dame du beau monde de Tampa, Floride, qui reçoit énormément de personnalités plus ou moins connues, dans le domaine militaire tout au moins. On songe ici naturellement au « Great Gatsby », le héros du beau roman de Scott Fitzgerald. C’est elle qui a eu l’idée lumineuse d’alerter le FBI, s’il vous plait, après avoir reçu une série de mails jugés menaçants. On croirait assister à un épisode de la saga Treirweiler contre Ségolène Royal.

En fait, ce ménage de haut vol, vu de plus près, apparaît sous des traits moins sympathiques. Sa Fondation contre le cancer semble avoir moins financé la recherche que des dîners de grand standing, des réceptions de haut niveau, de luxueux voyages à l’étranger, sans compter de de généreuses dépenses de fonctionnement. (Cela rappelle étrangement quelque chose de familier chez nous. Mais quoi ?). Mais là où le cas semble s’aggraver, est que ce couple qui recevait tant et si bien du beau monde en uniforme, était endetté jusqu’au cou. Une photo de groupe montre ces deux couples rondouillards en goguette en compagnie du général Petraeus, toujours efflanqué, la casquette vissée sur la tête, tel une asperge plantée dans un champ de navets. Bref, du beau linge.

Mais l’affaire se corse avec la mise en cause du général John Allen, ancien responsable en second du haut commandement central américain à Tampa et qui avait remplacé le général Petraeus en Afghanistan. Les services secrets ont identifié pas moins de de 20 000 à 30 000 mails échangés entre Kelley et ledit général. Apparemment le haut commandement militaire américain dispose de pas mal de loisirs pour l’écriture sentimentale. Du coup, sa nomination, imminente, comme commandant en chef à l’OTAN parait fortement compromis. Quand on vous dit que la femme est la perdition de l’homme.

Mieux encore, l’agent spécial du FBI chargé de l’enquête à ses débuts, l’honorable Frederick Humphries II, a tout fait pour étouffer l’affaire. C’est qu’il avait, lui aussi, une relation spéciale avec Jill Kelly. Décidément, ces quadragénaires américaines sont irrésistibles. O tempora, o mores.

On nage en plein vaudeville.

Là où cela devient moins divertissant est la démission surprise de Petraeus. Il était évident qu’il ne pouvait rester à ce poste de haute responsabilité, mais de vulnérabilité non moins grande, exposé au quotidien à des risque de chantage qui n’auraient naturellement pas manqué de se produire. Mais, du coup, le malheureux président Obama se trouve privé de militaires d’expérience au moment où il en aurait le plus besoin, avec une actualité géopolitique qui commence à se charger sérieusement un peu partout dans le monde, en Syrie, en Lybie, avec le retrait programmé d’Afghanistan, les menaces au Liban, à Gaza, avec l’Iran. Sans compter le remplacement d’Hillary Clinton au Secrétariat d’Etat et l’imprévisible Chine.

Mais cette triste affaire jette aussi une lueur un peu trouble sur la capacité d’Obama de bien choisir ses proches collaborateurs. Et aussi sur les moeurs, valeurs, comportements de certains militaires américains de haut rang, qui semblent plus portés à goûter aux joies de la Dolce Vita de Fellini que de partager la vie rugueuse de leurs soldats engagés sur le terrain. Trop de confort sans doute et manque d’éthique sans nul doute. Certes, la chair est faible, dans le civil comme dans l’armée. Mais quand même. Ce personnel semble malheureusement faire preuve à l’occasion d’une certaine fragilité psychologique joint à une certaine naïveté. On a l’impression d’avoir affaire à des teenagers, des ados immature tirés d’American Graffiti. Que le directeur de la CIA se livre à une débauche de mails compromettants sans prendre la précaution élémentaire de les encoder peut aussi surprendre. De vrais gamins.

Au surplus, ne dit-on pas en français « jamais dans le diocèse »(en allemand : nie im die Kompanie ») ?

Ceci, étant, il n’en demeure pas moins que l’establishment militaire américain ne sort pas grandi de cet épisode quelque peu sordide, d’autant plus que bien des questions non résolues se posent encore. Une affaire à suivre donc.

Pour une politique migratoire de survie, pour une droite réunie

Pour une politique de redressement démographique

La France est en guerre, une guerre démographique bien sûr, une guerre que nous sommes en train de perdre, par aveuglement, par sottise, par idéologie, par lâcheté surtout. En telle enseigne que dans 20 ou 30 ans, la France, telle que nous la connaissons, n’existera plus. C’est dire à quel point ces problèmes d’immigration sont d’une importance vitale pour la survie même de notre pays. Et tout le reste est littérature.

Dans ce contexte, quelle pourrait être une politique d’immigration de survie ?

Immigration et politique migratoire de nos jours.

C’est le phénomène par lequel des populations étrangères, ou d’origine étrangère, envahissent progressivement, pacifiquement, mais en masse, de l’intérieur ou de l’extérieur, un territoire pour être en mesure de s’en assurer, à terme, le contrôle. Il suffit de lire les diverses déclarations des responsables de ces communautés pour en prendre conscience. Le message est clair.

En corollaire, une politique d’immigration est celle qui permet à un parti politique, en l’occurrence le parti socialiste, de s’emparer du pouvoir de façon parfaitement légale par le biais du processus électoral, pour être en position de le garder à perpétuité. Quitte à jouer le rôle de l’apprenti sorcier.

En matière d’immigration, pour faire simple, deux démarches sont concevables C’est plus ou moins le laisser faire, le laisser aller, la politique du « chien crevé au fil de l’eau ». On a déjà reconnu la politique de Nicolas Sarkosy : on expulse à grand coups de trompe deux malheureux Afghans (à un coût de 10 000 euros par tête), mais on laisse rentrer quasiment sans contrôle environ 250 000 personnes par an, clandestins compris.

Ou alors, on institue des mécanismes de contrôle à fois quantitatifs et qualitatifs qui permettent de réguler plus ou moins bien le volume et la qualité culturelle de la population étrangère admise sur le territoire en fonction des besoins de l’économie et du maintien d’un équilibre démographique relatif. C’est la politique du Canada, de la Nouvelle Zélande, de l’Australie.

En France, on ne sera pas surpris de savoir que nous avons fabriqué, -le génie français pour la fabrication d’usines à gaz -, un système bâtard qui mélange à la fois certains contrôles administratifs largement inefficaces d’ailleurs, pour le droit d’asile par exemple, mais surtout des droits automatiques à caractère légal, ou institutionnels, désormais coulés dans le bronze, le regroupement familial, l’immigration nuptiale, catégories pour lesquelles il n’existe véritablement aucuns contrôles quantitatifs. Si demain il venait fantaisie à un grand nombre d’Algériens français nouvellement naturalisés d’aller « se marier au bled », rien ne pourrait les empêcher le plus légalement du monde de ramener en France leurs nouvelles épousées qui auraient, bien sûr, vocation, à devenir françaises, et donc électrices, quelques années après. Et l’on peut aisément deviner dans quel sens elles vont alors voter. Il suffit d’analyser les résultats des dernières élections présidentielles, et législatives, où les populations d’origine immigrée, souvent à majorité musulmane, ont massivement voté à gauche, à plus de 80 %.

Ce qui amène à affirmer avec force que l’immigration n’est nullement une démarche humanitaire, comme on s’acharne sottement à le proclamer, ni une démarche économique, avec plus de 3 millions de chômeurs, c’est une évidence. Il s’agit bel et bien d’une démarche politique délibérée qui vise à chasser durablement la Droite du pouvoir et de permettre à la gauche de se constituer, aux frais du contribuable, une forteresse électorale quasi inexpugnable, c’est-à-dire d’assurer à la Gauche la capacité de s’emparer du pouvoir et le conserver pour longtemps, très longtemps. Avec, au passage, le mort de notre pays. Mais quel homme politique s’en soucie vraiment?

Dès lors, il reste aux droites, le choix difficile, mais vital, de s’unir pour survivre ensemble ou de mourir chacune de son côté.
Dans ce contexte, quelle politique pourrait permettre de rassembler ces droites diverses, aux contours fuyants, autour d’une politique d’immigration de survie démographique et politique?

D’abord les chiffres

En matière d’immigration, quelles sont les grandes masses, celles qui font véritablement problème ?

- l’immigration familiale : 82 235 titres de séjour mais 98 646 en 2006.En fait, au cours des cinq années sarkoziennes, l’immigration familiale a oscillé d’année en année entre 85 000 et 87 000 titres de séjour

- l’immigration nuptiale. Tout de suite après, le deuxième poste migratoire le plus important est l’immigration nuptiale avec 46 661 personnes en 2010 mais 50 350 en 2006. Là encore, cette catégorie a varié entre 47000 / 48 000 personnes par an.

Ces deux masses, à elles seules, représentent près des deux tiers des flux migratoires annuels.

Le reste, en comparaison, fait pâle figure. Les demandes d’aile certes s’élèvent à 41 619 en 2010 mais sur ce total 10 377 seulement sont agrées. Mais là attention. Car il est bien connu qu’en majorité, les demandeurs non acceptés disparaissent instantanément dans la nature et gonflent d’autant le nombre des « sans papiers ». D’autant plus que la République, bonne mère, accorde sans discrimination la gratuité des soins de santé, grâce à la CMUC, plus de 220 000 de bénéficiaires par an, sans compter la scolarité gratuite pour les enfants et des allocations de séjour pour les parents par l’ATA, l’allocation temporaire d’attente (un beau pléonasme administratif au passage). Qui voudrait s’en retourner au pays, avec ou sans papiers, dans de telles conditions ?

C’est une des formes de l’immigration clandestine et non des moindres. Car, pour 2010, 52 000 moins 10 000 donne environ 40 000. Ce qui explique pourquoi l’Etat chaque année régularise plus ou moins discrètement environ 30 000 clandestins. De toute façon, plus de 80 % des arrêtés de reconduite à la frontière ne sont pas exécutés.

Pour être complet, il faudrait ajouter :

- l’immigration dite humanitaire, qui tourne autour de 20 000 par an et les titres de séjour des étudiants étrangers, proche de 60 000

- et, ce que l’on oublie toujours, l’immigration Outre-mer, antichambre de l’immigration en métropole, qui nourrit une population illégale estimée à 110 00 personnes

- à ce total il faut ajouter l’immigration de travail qui varie de 10 à18 000 par an, laquelle va bientôt s’enrichir de quelques dizaines de milliers de « Gens du Voyage » qu’il importe d’insérer sur le marché du travail.

Nous arrivons bien au total à un chiffre égal ou supérieur à 250 000 immigrés.

Mais ce torrent migratoire nourrit directement, ne l’oublions pas, les naturalisations, celles qui augmentent le volume des nouveaux électeurs, de gauche en majorité.

Là encore, rappelons les chiffres. Ils sont éloquents. ils concernent trois catégories :

- les naturalisations par décrets, soit 94 573 en 2010,

- les naturalisations par déclaration auprès du ministère de l’Intérieur, soit 21 923 en majorité par mariage comme on l’a vu,

- les acquisition par déclaration auprès du ministère de la Justice, soit 26 779. Il s’agit pour l’essentiel d’étrangers nés en France

Nous arrivons ainsi à un total de 143 275 de nouveaux électeurs effectifs ou potentiels qui vont peser sur la balance des élections. Mais les décisions annoncées par la ministre de l’Intérieur laissent entrevoir que ce total sera prochainement porté à un niveau supérieur.

Un calcul rapide montre ainsi montre ainsi que, sur 5 ans, le temps d’un mandat présidentiel, en additionnant le croît naturel des populations immigrées et l’arrivée des nouveaux venus, l’heureux élu socialiste peut espérer accroître son capital électoral d’environ 12 %, et cela sans rien faire d’autre que d’ouvrir un peu plus largement les frontières de la France.

Il n’est guère surprenant dans ces conditions que la France étouffe littéralement sous le poids des dépenses sociales et du chômage qui en découle. Le coût de l’immigration a été estimé par l’Institut de Géopolitique des Populations à plus 73 milliards par an. Dans ces conditions, la réduction puis la suppression du déficit budgétaire n’est pas pour demain. Le rêve passe.

Voilà le défi auquel les Droites réunies seront confrontées pour élaborer une politique de survie électorale et politique.

Quels pourraient être les objectifs d’une telle politique ?

Le but d’une véritable politique de contrôle de l’immigration susceptible de rallier les suffrages d’une droite rassemblée, d’une droite au sens large du terme, allant du Front national au centre, UMP comprise, devrait être celle qui permettrait d’assurer la survie de la France, pour longtemps, sinon pour toujours, en terme d’identité nationale, d’identité culturelle mais aussi de sécurité intérieure, de progrès économique, de cohésion sociale. C’est cette France-là qui est compromise par une immigration massive et bien trop rapide. Car une intégration réclame du temps pour réussir. Sinon, c’est le chaos.

Cette politique de survie devrait se décliner nécessairement en termes quantitatifs et qualitatifs. Car c’est toujours le nombre qui, en fin de compte, fait problème. Mais à quel chiffre arrêter le curseur ? Le Front national, jadis, avec nostalgie parlait d’un objectif d’immigration zéro. Plus près de nous, Henri de Lesquen, président de Radio Courtoisie. rappelait les prophéties d’un grand Anglais, Enoch Powell, lequel appelait de ses vœux une ré immigration qui aurait permis selon lui, de ramener la part des étrangers dans la population britannique, à des proportions plus raisonnables. On peut toujours rêver.

Alors faut-il déterminer le chiffre optimal à l’aveuglette, comme on joue à la roulette ?

Il importe impérativement de s’appuyer sur un « guideline », un repère si l’on préfère. On peut le trouver dans les travaux antérieurs de Philippe Bourcier de Carbon. Ce dernier à l’occasion d’un précédent colloque en 2008, avait procédé à un certain nombre de projections sur le thème : « que se passera-t-il si les flux migratoires en provenance de Turquie, d’Afrique noire et du Maghreb, sont maintenus à 200 000 par an, ou s’ils sont ramenés à un chiffre inférieur ? »
Il serait fastidieux d’entrer dans le détail de ces calculs, fort remarquables par ailleurs. Il en ressort, et on s’en doutait un peu, qu’à un chiffre de 200 000 par an, la France sera promptement noyée, submergée, engloutie irrémédiablement sous le flux de ces immigrés venus d’ailleurs, mais majoritairement musulmans ou sous l’influence ne serait-ce que culturelle de l’Islam. On voit d’ailleurs déjà ce que cela donne dans certains quartiers ou certaines villes.
Par contre, toujours selon la même source, si l’immigration était ramenée à 100 00 personnes par an, la France devrait pouvoir survivre tant bien que mal, au moins pour un certain temps.

Bien sûr, les problèmes d’intégration subsisteraient. Il n’y a pas de miracle. Mais la France devrait normalement se montrer être capable d’assimiler cet afflux de population, pour autant que la proportion d’étrangers hors UE soit stabilisée à un niveau raisonnable. Il faut savoir donner du temps au temps, comme François Mitterrand aimait à le rappeler. Au-delà, elle dépérira puis elle mourra.

Ce chiffre de 100 000 immigrés hors UE par an devrait donc être le point de départ des négociations à entreprendre pour l’élaboration d’une politique de compromis avec les divers partenaires d’une future droite plurielle.

Les moyens

Mais comment y parvenir ? C’est là que le bât blesse. Car dans l’état actuel de notre arsenal législatif et règlementaire, cet objectif est rigoureusement impossible à atteindre
Il faudra donc nécessairement réécrire le décret Giscard / Chirac de juillet 1994 portant institution du regroupement familial et soumettre à des conditions plus rigoureuses le droit au mariage des Français avec des étrangers. Ce qui ne sera pas une mince affaire. Car à l’heure des divorces en masse, du PACS et bientôt du mariage « joyeux » (le mariage gay), les membres du Conseil constitutionnel persistent à prêter religieusement au mariage un caractère institutionnel quasi magique. Quelle pantalonnade. Ce qui en fait néanmoins un boulevard pour l’entrée en France d’une masse croissante de nouveaux mariés pour l’occasion.
De plus, il conviendrait de renforcer considérablement les conditions d’accession à la nationalité, pour les immigrés certes, aussi pour les jeunes nés sur le sol français Ces conditions devraient être subordonnées à une parfaite connaissance de la langue, de l’histoire, de la culture de notre pays, comme c’est le cas au Canada, par une série d’examens échelonnés dans le temps. Emmanuel Valls se prose de faire exactement tout le contraire. Ce n’est pas un hasard.

L’immigration intérieure

Mais ce n’est pas tout. Le contrôle de l’immigration comporte en fait deux volets : l’immigration venue de l’extérieur, comme on vient de le voir, et l’immigration intérieure, de loin la plus importante, celle qui est née sur notre sol.
Il s’agit des jeunes nés de l’immigration, ceux de la deuxième et troisième génération, ceux qui font problème, les jeunes désoeuvrés de nos cités, ceux d’Echirolles ou d’ailleurs, les Merah connus ou inconnus qui se dissimulent avant de frapper. Car il faut savoir qu’aujourd’hui un enfant sur 4 ou 5 nés sur le sol français est d’origine étrangère, c’est à dire majoritairement africaine ou maghrébine et souvent musulmane. Or les vieux sont chez nous et les « Jeunes » de l’autre côté. Autrement dit, maîtriser l’immigration de l’extérieur est bien, mais cela ne règle qu’en partie le problème. Inutile de fermer partiellement un robinet si à côté un autre reste largement ouvert
Cette l’immigration intérieure, celle que l’on ne maîtrise absolument pas, provient de populations à la fécondité deux ou trois supérieure à la nôtre. En 2008 ils représentaient 165 000 naissances sur une totale de 810 000 naissances. Ils doivent aujourd’hui représenter quelques 180 000 naissances sur un total de naissances de 800 000.

Le drame de la France est de réunir des populations ayant un comportement démographique et culturel totalement opposé. D’un côté, il y a les Françaises, qui constituent une population post « transition», comme les démographes aiment à le dire, à fécondité apaisée, tournant autour de 1,6 enfant par femme. De l’autre se trouvent des populations avant transition, à fécondité forte ou très forte, allant de 2,7 à 4,2 enfants par femme dans les cas extrêmes. Le résultat de ce taux différentiel est clair. Le premier groupe tend à s’amenuiser d’année en année alors que le deuxième ne cesse de croître. Ce qui, à terme, ne peut manquer d’engendrer de graves troubles sociaux. Il importe de rééquilibrer ces deux groupes.

Ici il n’existe qu’un seul moyen de maîtriser cette immigration intérieure de façon à inciter ces familles à rejoindre les taux de fécondité de l’ensemble de la population : limiter sévèrement les allocations familiales aux familles, quelle que soit leur origine, qui dopent artificiellement leur fécondité. Ces allocations seraient réservées au 1+ et 2° enfants et rien, ou pratiquement rien, au-delà.

Pour couronner ce dispositif de redressement démographique, on ne peut manquer de prendre en compte la loi Simone Veil/Roudy. Cette loi avait hypocritement pour objet de supprimer les avortements. Sancta simplicitas. Le nombre des avortements cavalcade allègrement entre 200000 et 250 000 par an selon les années. Mais, grâce à Dieu, Simone Veil trône honorablement à l’Académie française en récompense des bons et loyaux services rendus à la nation.

Quoiqu’il en soit, si l’on veut faire sérieux, une politique de survie ne pourra laisser cette loi de « suicide démographique » inchangée.

Quelles sont les chances de voir un jour cette politique de survie adoptée ? Chacun pourra en juger par lui-même. Mais son indice de probabilité est sans doute égal à celui qui calculerait la probabilité de voir François Hollande gravir l’Everest en solitaire, sans bouteille d’oxygène.

Quoi qu’il en soit, la France vit clairement sur un volcan démographique. Et elle ne le sait pas. Et, plus précisément, ne veut pas le savoir. Mais ce volcan va tôt ou tard entrer en éruption.

Le grand retour de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy n’a pas tardé à effectuer une rentrée plus ou moins discrète sur la scène politique. Nul doute qu’il va s’y incruster avec l’énergie du désespoir.

Cela se comprend. Rien de plus infortunés que ces anciens présidents battus qui traînent dans l’ennui une existence inutile et misérable sans savoir quoi faire de leur temps, tels ces pitoyables chevaux de course, fourbus et réformés que l’on met au pré. Surtout s’ils sont encore jeunes. Songeons à Bill Clinton, Georges Bush ou VGE ou à Jacques Chirac. A cet égard, dans un souci de miséricorde, on devrait songer à voter une loi interdisant à toute personne de se présenter aux présidentielles avant d’avoir atteint l’âge canonique de 70 ans. Comme ça, on aurait la paix. Mais, avec Nicolas Sarkozy, il n’y a heureusement rien à craindre de semblable.

Car nous avions été bien naïfs. Les quelques rares observateurs qui avaient osé imaginer « l’après Sarkozy » le voyaient déjà quitter les berges de la Seine pour celles du Potomac et aller honnêtement gagner beaucoup d’argent dans un grand cabinet d’avocat d’affaires américain (tout comme jadis la ravissante Christine Lagarde). D’autant plus qu’il dispose d’un carnet d’adresses pratiquement sans égal au monde, depuis le prince de Monaco jusqu’à l’Evêque coadjuteur de la principauté d’Andorre.

Mais ce n’est pas du tout. Le voilà qui se déguise en touriste ordinaire au Maroc avant de rentrer à Paris pour s’enfermer au Conseil Constitutionnel dont il est membre de droit. Cela se comprend. La République, décidément bien généreuse offre un véritable pont d’or à ses anciens présidents. Voyez plutôt.

Tout comme Giscard avant lui, et notre Chirac, Sarkozy dispose d’un équipage de prince. La République lui verse 11 500 euros nets par mois, auxquels s’ajoute 6 000 euros versés au titre d’ancien Chef d’Etat. Cela fait déjà un joli pactole de 17 500 euros par mois. C’est quand même mieux que le smig. La petite Julia ne manquera pas de jouets à Noël. Cela d’autant plus qu’à cela s’ajoutent des « primes de sujétion » (on se demande lesquelles) d’un montant inconnu mais dont on peut s’imaginer qu’elles sont rondelettes. En outre, l’heureux bénéficiaire de ces largesses est logé dans un appartement de fonction « meublé et équipé », qu’il peut voyager sans limites et gratuitement sur Air France, et que deux policiers assurent la protection de sa précieuse personne, sans compter pas moins de sept collaborateurs.
Ah, j’allais oublier. Il dispose aussi d’une voiture de fonction qui ne doit pas être probablement une Coccinelle ou une Smart. On comprend aisément que dans ces conditions il soit difficile de renoncer à ce pactole, à vie, d’aller s’exiler à New York où, au surplus, il faut travailler dur pour gagner son pain quotidien.

Mais il y a plus. Car des délices nouveaux l’attendent à Paris où il va pouvoir jouer un rôle convoité, celui de la statue du Commandeur auprès de l’ancienne majorité. Ne fait-on pas déjà courir le bruit que les Français commencent à regretter Sarkozy ?

En fait, pour ceux qui pénètrent quelque peu la psychologie du personnage, son seul but dans la vie sera désormais de prendre sa revanche sur le destin injuste qui l’a privé d’un second mandat où son immense talent aurait pu s’épanouir à loisir. Là deux voies royales s’offrent à lui : soit chercher à revenir purement et simplement à l’Elysée ; soit barrer systématiquement la route au rival imprudent qui ferait mine de vouloir en faire autant. Chacun sait que l’on tire autant de satisfaction de l’échec de ses amis que de ses propres succès.

En d’autres termes, le boulevard qui s’ouvre devant lui, et on peut en imaginer d’avance les arcanes infinies, va lui permettre de mettre sans cesse des bâtons dans les roues de l’impudent François Copé si ce dernier s’imagine pouvoir rivaliser avec son ancien patron. Mieux encore, il lui sera loisible d’avoir recours à l’inusable et docile François Fillon, son ombre portée à la tête de l’UMP, comme sa marionnette préférée. Il pourra commodément en tirer les ficelles dans l’ombre pour avancer masqué vers son propre but. Tout cela en attisant savamment les rivalités fratricides au sein de son propre camp. Que de riantes perspectives.

De sorte qu’avec une droite divisée et éclatée, la gauche peut heureusement se préparer à l’ exercice ininterrompu du pouvoir pendant de longues années. Du Songe d’Attali au rêve de Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy est-il vraiment un agent d’Israël ?

L’idée parait absurde a priori. Pourtant il est permis de se demander si, comme acteur direct ou à titre de supplétif des Etats-Unis, Nicolas Sarkozy n’a pas eu tendance à privilégier systématiquement les intérêts d’Israël au détriment de ceux de la France.

Il est quand même surprenant, en effet, de constater que sa première déclaration publique, peu de temps après son échec aux présidentielles, a été pour « tacler » comme on dit aujourd’hui le président Hollande sur sa faiblesse supposée envers la Syrie. Curieux hasard.

On notera, au passage, qu’il n’est guère dans la tradition républicaine qu’un président fraîchement battu prenne la parole en public pour critiquer sans tarder son heureux successeur, surtout sur des questions de politique étrangère. Il est vrai que Nicolas Sarkozy ne s’est jamais beaucoup soucié de la bienséance et des convenances républicaines. On ne se refait pas.

Mais pourquoi cette ardeur renouvelée envers la Syrie ? On avait pu croire, un instant, que sur l’affaire libyenne, Sarkozy, alors président, s’était laissé convaincre par le trop fameux Bernard Henri Levy porté par un amour immodéré pour les Libyens en grand danger de mort sous la férule tyrannique de l’infâme Kadhafi (reçu quand même en grande pompe à l’Elysée quelques années auparavant).

Mais, avec le recul, il apparaît clairement qu’avec ou sans BHL, c’est Sarkozy lui-même qui était bel et bien à l’origine de cette généreuse croisade en faveur des Libyens épris de liberté. Ces derniers ont donné sans tarder la preuve de leur attachement aux vertus démocratique en rétablissant la Charia pour améliorer la condition féminine puis, tout récemment, selon diverses sources, en sodomisant, torturant et assassinant le malheureux ambassadeur Christopher Stevens, pourtant leur ami de toujours.

Alors pourquoi cet enthousiasme pour une intervention française en Syrie ? C’est là qu’il faut procéder, comme le disent les Anglo-saxons, à un petit exercice de « connecting dots », consistant à tirer des traits entre des points apparemment sans lien.

Avant la Libye, il y avait eu le retour en fanfare à l’OTAN qui a entraîné la mort en Afghanistan d’une centaine de nos soldats avant de se traduire, dans les mois à venir, par un retrait précipité sous la pression des Talibans, décidément bien coriaces. Mais pourquoi l’envoi d’un contingent de 4000 hommes, là où Chirac, pour une fois fort sage, s’était contenté d’envoyer une petite poignée de « conseillers » ? La réponse est claire. Il s’agissait de renouer des liens forts avec la puissance américaine quelque froissée après le refus français d’aller se balader en Irak. Jusqu’ici rien à dire, sauf que cette expédition aux antipodes, sans objet et sans succès, aura un peu plus épuisé nos forces et nos hommes dans un conflit sans issue. Nos soldats sont-ils morts pour rien ?

Mais là où le tableau se précise c’est quand on se rappelle que la France de Sarkozy a cru bon d’installer le 26 mai 2009 une base militaire de 500 hommes face à l’Iran (à 150 miles très exactement), à proximité du Detroit d’Ormuz, un magnifique Dien Bien Phu en perspective en cas de conflit sérieux. Cela rappelle évidemment certains souvenirs.

En termes de sécurité de nos approvisionnements pétroliers, une base française dans le Golfe persique n’a évidemment aucune portée opérationnelle. Quant à se lancer militairement à l’assaut de Téhéran à partir de là, on demande à voir. Pure bravade ou un geste de portée symbolique, ou diplomatique si l’on préfère, à l’adresse de l’Iran, pour faire plaisir aux Emirats ? Mais croit-on vraiment intimider l’Iran de la sorte ? Et, peut-on se demander, à l’instigation de qui cette décision, qui pourrait se révéler lourde de conséquences, a-t-elle été prise, et au profit de qui, les USA ou Israël ?

Là dessus intervient l’écrasement de la petite Libye, avec le concours en sous-main de la puissante Amérique qui détruit subrepticement les défenses anti aériennes de ce pays ainsi que les centres de communications (sans compter la fourniture de carburant et de munitions aux vaillants alliés européens à court de tout). Pourquoi cette démonstration de force purement gratuite ? Sans doute pour intimider les pays du Moyen-Orient qui douteraient de la détermination de la France de Sarkozy à entrer avec conflit avec l’Iran aux côtés d’Israël.

L’occasion n’a pas tardé à s’en présenter avec l’affaire de Syrie. Une fois de plus la France se porte aux avants postes, BHL en tête, pour sonner la charge contre la communauté alaouite, branche chiite, regroupée autour du président Bashar al-Assad sous le voile pieux d’une nouvelle croisade à caractère humanitaire, bien sûr. On a déjà vu le film. En fait, il s’agissait tout bonnement d’abattre Bashad Al Assad, soutenu par l’Iran chiite et de préparer son remplacement par un homme de paille sunni quelconque supposé favorable à un accommodement avec Israël et, bien entendu, les Etats-Unis ainsi qu’avec l’Arabie Saoudite, place forte des Sunnis mais surtout, grand pourvoyeur de pétrole à l’Amérique perpétuellement assoiffée. Cherchez l’erreur.

Car, patatras, le beau château de cartes s’effondre. En effet : a) Al Assad se défend comme un beau diable avec l’énergie du désespoir, sachant bien qu’en cas de défaite, son sort serait, au mieux, celui de Kadhafi b) La Chine et la Russie, déjà bernés avec la résolution de l’ONU 1973 par Juppé, notre va-t’en guerre de Dax (département des Landes), n’ont aucune envie de se laisser rouler dans la farine une fois de plus c) Les USA en pleine campagne électorale n’ont aucune intention de se laisser entraîner derechef dans une nouvelle guerre forcément impopulaire et plus qu’incertaine au Moyen-Orient d) et, surtout, la Syrie n’est pas la Libye.

Une intervention intempestive de la France se traduirait par des pertes bien plus sévères pour nos armes. Sans compter qu’une fois Al Assad abattu, tout porte à croire que ce serait une coalition d’islamistes fanatiques, déjà venus de tous les coins du monde, Afghanistan compris, qui viendraient s’emparer du pouvoir pour se lancer à partir de cette base aimablement offerte par l’occident, toujours prêt à jouer les apprentis sorciers, dans des attaques terroristes tous azimuts. A cet égard l’assassinat atroce de l’ambassadeur américain en Libye a, sans aucun doute, refroidi les ardeurs de l’Amérique et montré clairement les dangers d’un humanitarisme interventionniste excessivement naïf.

Mais qu’importe, pour notre Sarko national, rien ne serait trop coûteux pour affaiblir l’Iran, que ce soit directement ou indirectement, et se substituer, s’il le faut, à l’ami américain défaillant pour soutenir Israël.

Défense et illustration de François Hollande, présentement président de la République française

Les Jeux olympiques à peine terminés, les Français, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont inventé un nouveau sport national qu’ils pratiquent avec enthousiasme. Il s’agit, dirait-on en anglais, du « Hollande bashing », que l’on peut traduire par l’exercice consistant « à casser du sucre » à qui mieux mieux sur le dos du malheureux président fraîchement élu. On n’en voudra pour preuve que le récent numéro de l’Express, magazine teigneux par excellence, hier thuriféraire, aujourd’hui contempteur, lequel publie sans vergogne un article au titre évocateur : « Les cocus de François Hollande ». Il était grand temps qu’une voix compatissante et autorisée, -celle de l’auteur de ces lignes en l’occurrence-, monte au créneau déserté pour venir au secours de l’infortuné persécuté

En fait, objectivement, il est permis d’affirmer que le nouveau président n’a pas si mal que cela commencé son mandat. On pourrait même avancer qu’il n’a pas, jusqu’à présent tout au moins, commis de fautes majeures (peut-être qu’il n’en a pas eu le temps, mais c’est déjà ça). Considérons donc les faits, non pas d’un œil polémique ou idéologique, mais tels qu’ils se présentent au regard de l’observateur impartial (que je suis).

1° Tout d’abord, pour entamer son mandat, il n’a pas fait de déjeuners coquins au Fouquet’s, ni de croisières de luxe sur le yacht des copains. Cela compte sous la V° République telle qu’elle a été pratiquée par son prédécesseur.

2° En second lieu, soyons justes, homme pour homme, la composition du gouvernement Ayrault fait plutôt bonne figure par rapport au précédent. On y retrouve même quelques « poids lourds de qualité », ne serait, pour commencer, que le Premier Ministre lui–même, qui pèse quand même plus lourd que l’inexistant François Fillon (dont on peut se demander ce qu’il a bien plus fabriquer à Matignon pendant 5 longues années, à part relayer avec constance la voix de son maître, bref, un Premier Ministre pour rire). Mais, au deuxième plan, on discerne des personnalités parfaitement respectables, malgré la présence inopportune de deux « verrues » de taille il est vrai, la gracieuse Christiane Taubira, la Madone des prisons portes ouvertes, venue tout exprès de Guyane pour détraquer encore davantage notre système judiciaire et Cécile Duflot, l’illuminée de l’EELV et du 20° arrondissement).

Mais, après tout, Pierre Moscovici aux Finances vaut largement le sémillant François Baroin à la mèche accrocheuse et Laurent Fabius a quand même plus de présence, -et surtout de bon sens-, que le cher Alain Juppé, devenu « buveur de sang » sur le tard. Après avoir eu la peau de Kadhafi, ne voulait-il absolument lancer une armée française exsangue dans une aventure plus que douteuse en Syrie ? Mais la suite de la galerie n’est pas si mauvaise. Manuel Valls est un ministre de l’Intérieur à poigne dans une situation extraordinairement difficile, largement léguée pas ses prédécesseurs : il poursuit sans barguigner le démantèlement des camps sauvages des Roms ainsi que les évacuations par charter, au grand désespoir des associations de soutien, toujours vigilantes. Même Arnaud Montebourg pourrait faire un ministre très présentable s’il consentait à grandir et à devenir adulte. Enfin, cerise sur le gâteau, le nouveau ministre de la Culture, rompant une tradition inaugurée par la droite, n’a pas, oh merveille, le « petit défaut » si cher à Paul Claudel.

Mais, dit-on d’un ton tragique, François Hollande ne tient pas ses promesses électorales. La belle affaire ! C’est ici le lieu de rappeler le célèbre apophtegme de Jacques Chirac, orfèvre en la matière : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». On ne saurait mieux dire en si peu de mots. Quelle concision ! Quel style !

Car les Français sont d’incorrigibles gamins. Les promesses électorales sont évidemment conçues pour séduire l’électorat et faire élire le candidat, nullement pour être tenues. Et cela se comprend. Les électeurs ont évidemment envie d’entendre ce qui leur fait plaisir, ce qui va dans le sens de leur avantage personnel ou catégoriel, et nullement dans celui de l’intérêt général, qu’ils ne connaissent pas ou dont ils se moquent éperdument (les enseignants ou les fonctionnaires, par exemple). Ergo, dans la plupart des cas, tenir une promesse électorale va à l’encontre des intérêts de la nation. Qu’on se le dise. Et tant pis pour ceux qui se retrouvent parmi « les cocus » de l’élection, de scrutin en scrutin, et cela depuis la nuit des temps.

Pour en revenir à François Hollande, il ne tient pas ses promesses ? Et c’est tant mieux. C’est en cela qu’il est un bon président (à condition qu’il tienne la rampe, ce qui reste à voir). Et la droite, la plus bête du monde, dit-on, à juste titre, a bien tort de l’accabler de critiques. Elle devrait l’encenser au contraire, car il fait le « sale boulot » que le regretté Sarko a bien été incapable de mener à bien.

Il va augmenter les impôts de 33 milliards d’euros pour réduire le déficit ? C’est exactement ce qu’il fallait faire et que notre cher Nicolas n’a pas eu le courage de mettre en oeuvre. Ces impôts vont porter sur les classes moyennes ? Et sur qui diable voulez-vous qu’ils portent ? Sur les Chinois ou les Japonais, ou encore sur nos malheureux smigards ou une poignée de riches qui s’envolent à tire d’aile à l’étranger, footballeurs et artistes de gauche en tête. En fait, c’est de 80 milliards qu’il devrait réduire le déficit public, les 50 milliards de différence étant à trouver en taillant hardiment dans les dépenses de santé et, bien sûr, les retraites, sans compter les aides à l’immigration. Mais là c’est une toute autre histoire, car on toucherait ici à nos chères « vaches sacrées. Mais on en reparlera, à coup sûr, plus tard. Nécessité fait loi.

Il va créer 65 000 postes d’enseignants supplémentaires mais les compenser par une réduction drastique des emplois dans les ministères jugés non prioritaires, et Dieu sait s’il y en a. C’est très exactement qu’une droite courageuse et lucide aurait dû faire (quoiqu’à vrai dire, ces créations des postes seront, au mieux, un emplâtre sur une jambe de bois, le mal existentiel de l’éducation nationale en France étant autrement profond).

Mieux, il refuse d’augmenter la rémunération des fonctionnaires ? Mais, on le sait, nos fonctionnaires sont des privilégiés (l’emploi à vie, ça compte en période de chômage chronique), trop bien payés et bien trop nombreux.

On lui fait grief d’alléger les charges des entreprises et d’augmenter les prélèvements sur les particuliers ? Mais, excusez-moi, c’est très exactement ce que tous les économistes dignes de ce nom – il en reste – n’ont cessé de préconiser pour opérer le redressement du pays.

Ah, prenons garde de ne pas oublier dans la longue liste des bienfaits méconnus de François Hollande, – qui tel Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus les déverse sur nous comme autant de pétales de rose, le maintien du nucléaire reconnue « filière d’avenir », le clin d’œil au gaz de schiste, le maintien de la loi Hadopi et des contrôles d’identité cependant que le blocage du prix de l’essence et l’allocation d’autonomie pour les étudiants (autrefois plus prosaïquement dénommées bourses pour étudiants) passent joyeusement à la trappe. Et comment ne pas s’en réjouir hautement ?

Bien sûr, car tout se paie dans notre monde pécheur, il faut en contrepartie s’attendre à voir fleurir un certain nombre de fleurs vénéneuses, le mariage gay, cette caricature grotesque du mariage ordinaire et pire encore l’adoption d’enfants par des ménages homosexuels, petits innocents condamnés à vivre dans un environnement familial anormal. C’est le massacre des Saints Innocents, version moderne.

Mais le malheureux François Hollande n’a guère le choix. La route des largesses économiques étant coupée, il lui faut bien donner quelques compensations dans le domaine sociétal, comme on jette un os à des roquets. Car cela ne coûte rien (sauf à l’âme de la France) et ça fait tellement plaisir à la poignée d’homosexuels qui tiennent le haut du pavé à Paris.

Décidément, vive Monsieur François Hollande, le Bienfaiteur du pays, qui fait exactement le contraire de ce qu’il a promis, pour le plus grand bien de la France.

Mais « pourvou que ça doure », comme disait naguère Laetitia Buonaparte.