je considère François Hollande comme un criminel de guerre

Je considère Hollande comme un criminel pour défaillance dans son mandat.
Finis les mines tristes, les hommages, les marches blanches ou grises, les fleurs , les bougies les appels aux drapeaux, aux valeurs de la République et les Marseillaises à tout bout de champ.
Il serait temps de lui demander des comptes;

Je propose le lancement d’une pétition nationale pour demander la démission de François Hollande pour cause de négligence criminelle dans l’exercice de son
mandat.

Yves-Marie Laulan

des attentats qui vont hanter François Hollande

Yves-Marie Laulan Paris le 24 novembre 2015
Des attentats qui vont hanter François Hollande

On savait que François Hollande était nul en termes de croissance et de lutte contre le chômage. On savait aussi qu’il était le fossoyeur de la société française avec sa loi sur le mariage gay, couplée avec la réduction drastique des allocations familiales pour les familles françaises moyennes, celles qui travaillent et qui paient les impôts, au profit des familles nombreuses immigrées, souvent musulmanes, à la fécondité prolifique.
Mais le dernier clou planté dans son cercueil de président nul seront les attentats qui ont endeuillé Paris pour longtemps. Et ce n’est probablement pas fini. Car jamais deux sans trois, dit le dicton. Tout le monde attend donc le 3° attentat, qui risque d’être encore plus meurtrier. Oui mais quand ?
Sa responsabilité est énorme, colossale, gigantesque. Et voici pourquoi. Il a fait de la France le « ventre mou » de l’Europe. Les terroristes d’hier, et ceux de demain, peuvent s’en donner à cœur joie. Pourquoi se gêner ?
1° En premier lieu, rappelons que la gauche qu’il incarne a toujours été favorable à l’immigration, terreau du terrorisme, mais qui fabrique aussi des électeurs dociles votant traditionnellement pour une gauche porteuse de subventions et d’aides en tous genres. Lui-même, on s’en souviendra, a été élu grâce aux deux millions de voix apportées par les électeurs immigrés et leurs descendants, très majoritairement musulmans. Ce genre de cadeau ne s’oublie pas. Mais ce n’est rien à côté des bourdes en série qu’il a commises au cours de son mandat, lesquelles nous conduisent au bord de l’abîme.
2° En effet, constatons un gigantesque « fiasco » en termes de renseignements et de prévention. Les attentats de Charlie Hebdo en janvier auraient quand même dû mettre les pouvoirs publics en alerte rouge. Mais rien de sérieux n’a été fait. Dès lors, ou ils sont négligents, ou ils sont impuissants. Oh, bien sûr il y a eu quelques piquets de soldats montant une garde dérisoire devant les synagogues et les magasins kacher. Ceci étant, les frontières passoires de l’UE sont restées intouchables et les terroristes libres de se balader sans contrôle aucun, avec armes et bagages, c’est le cas de le dire, de part et d’autre de nos frontières. Ces criminels ont donc été libres de circuler sans entraves sur tous les axes, grands et petits, du territoire national, jusqu’au cœur de Paris, où ils ont pu commodément frapper. On croit rêver. Mais Il ne fallait surtout pas toucher à Schengen., pierre angulaire de l’Europe en construction.
3°Mais il y a plus. Comment ne pas voir que François Hollande a agi comme une sorte de Tartarin de Tarascon national, accumulant les déclarations guerrières et les provocations sans avoir le moindre moyen de tenir ses engagements ? Car enfin.
Etat-il vraiment nécessaire d’aller s’engager seul en Syrie où nul intérêt national fondamental ne nous retient, au risque d’attirer la foudre sur nos têtes ? Et c’est bien ce qui s’est produit. Il a agi comme un enfant au zoo qui va tirer pour s’amuser la moustache d’un tigre sans se préoccuper de savoir si la porte de la cage est bien verrouillée.
En l’occurrence il est à craindre que la motivation de Hollande était bien plus sordide. A l’approche des élections régionales, qui risquaient d’acter l’effondrement de sa cote de popularité dans les sondages en raison de désillusions apportées par une politique économique désastreuse, il s’agissait de se poser en chef de guerre triomphant sur le théâtre des opérations extérieures. Et d’envoyer nos Rafales larguer des bombes sur quelques crottes de chameau éparses dans le désert libyen. Ce qui est aussi efficace que de vouloir attraper des moustiques avec des gants de boxe. Opération aussi grotesque que bouffonne, comme peut en attester n’importe quel expert militaire.
Mais cette « gesticulation » militaire avait surtout pour objet de rassurer le bon peuple et le convaincre que «l’ on faisait quelque chose » . Car elle permettait rapporter de superbes images pour la télé de Rafales rugissants décollant de jour comme de nuit du pont du porte-avion Charles de Gaulle. A nouveau, comment ne pas penser à Tartarin, le célèbre chasseur de casquettes d’Alphonse Daudet, dont la devise était, on s’en souvient, « fen de brut » « faisons du bruit ». Mais le vacarme des réacteurs des Mirages va-t-il couvrir les sanglots de parents des jeunes morts du Bataclan, victimes de l’impéritie d’un président incapable et maladroit ?
4°Ce qui ressort à l’évidence de cet épisode peu glorieux est que nos forces armées, affaiblies par les ponctions et les saignées opérées par les présidents précédents, y compris celles opérées par l’ineffable Nicolas Sarkozy, ne sont plus en état d’intervenir, même modestement à l’extérieur et de défendre efficacement le territoire national contre une poignée de terroristes, une dizaine au plus. Engager des troupes au sol, seul moyen efficace de lutter contre les djihadistes en Syrie ? Il n’en est pas question, faute de moyens.
Et voilà notre cher président embarqué dans une « tournée des popotes » à l’étranger d’un nouveau genre pour quémander humblement l’aide de nos voisins et amis. Lesquels, Etats Unis compris, n’ont guère montré d’enthousiasme jusqu’à présent pour s’enrôler dans une nouvelle croisade contre les féroces infidèles venus du Moyen-Orient. On les comprend un peu. Eux non plus ne veulent pas s’attirer des ennuis avec Daesch, ou EI ou le Califat, quel que soit son nom. Que les Français se débrouillent. Ils n’avaient qu’à rester tranquilles . Qui sème le vent récolte la tempête.
En revanche, et c’est une grande consolation, les déclarations de solidarité n’ont pas manqué. Et des ampoules bleu – blanc -rouge se sont allumées aux quatre coins du monde avec des Marseillaises entonnées à satiété. C’est quand même moins compliqué que d’envoyer de soldats et ça se voit mieux, même de loin, surtout à la télé.
5° La leçon de l’histoire est que tout pouvoir qui n’est pas en mesure d’assurer la sécurité de ses administrés perd toute légitimité politique. Le pouvoir de François Hollande n’est plus légitime. Il ne tient que par la rouille ou la peinture. C’est un gouvernement de faillite. La France est ici victime des institutions de bronze crées par le général de Gaulle pour des hommes politiques de sa stature. Quand le pouvoir est occupé par des médiocres, comme aujourd’hui, ces institutions le conservent en état de coma avancé, ou jouent le rôle d’attèles qui maintiennent en place tant bien que mal le membre mort ou en état de décomposition avancée.
Quand on pense que ce gouvernement conserve à sa tête un Premier ministre, au coup de menton mussolinien, dont la principale préoccupation , à la veille des attentats, était de constituer avec LR, un front républicain contre le Front national de Marine le Pen, l’ennemi commun, porteur des miasmes du fascisme le plus abject. Quelle vision. Quel sens de l’histoire du présent.
Et dire que ce même gouvernement conserve pieusement en son sein comme Garde des Sceaux, Christiane Taubira, « Madame prisons portes ouvertes », laquelle n’a cessé d’affaiblir notre droit pénal pour le soumette à la torture de son libéralisme juridique extravagant, déjanté et pervers. Sa seule présence est une injure à la noblesse de la fonction qu’elle occupe, et à la dignité nationale.
Mais soyons assuré que François, expert dans l’art d’accommoder les restes, songe sans tarder au profit politique qu’il va pouvoir retirer de cette sinistre tragédie nationale. Déjà, sa cote a remonté de quelques points. Alors, les présidentielles, pourquoi pas ? Les Français sont si faciles à berner.

Les nouveaux migrants vont nous apporter le fascisme

Yves-Marie Laulan Le 2 novembre 2015

Les « nouveaux » migrants apporteront le fascisme
ou un succédané

En octobre 2015, pas moins de 218 000 migrants provenant de tous les coins du Moyen-Orient et d’Afrique ont abordé les rivages de l’Europe. Encore un petit effort et le petit million ardemment réclamé par Angela Merkel, Mutter Angela Merkel, sera largement dépassé .
Le scénario de l’avenir est clair et limpide : l’Europe va vivre sous une menace démographique effroyable qui va nécessairement se concrétiser dans les années à venir mais dont on distingue déjà les prémisses. Les mécanismes démographiques sont implacables. Impossible d’y échapper. Car les réservoirs humains des flux migratoires au XXI° siècle sont inépuisables : au Moyen-Orient, ils se chiffrent en dizaines de millions ; en Afrique, en centaines de millions.
Que font les gouvernements européens face à ce déferlement prévisible? Rien, si ce n’est préparer leurs prochaines échéances électorales.
Que font les responsables de la Commission européenne ? Rien, si ce n’est saucissonner ces flux compacts en tranches plus digestibles destinées à être avalées de gré ou de force par les différents membres de l’Union européenne.
Jamais la stupidité, l’aveuglement, la veulerie de l’Europe et de ses responsables n’auront été éclairés d’une lumière aussi cruelle.
***

Un phénomène sans précédent
Mais il faut s’arrêter un moment sur ce qui se passe sous nos yeux. Car nous assistons sans comprendre, muets, stupéfaits et impuissants, à un évènement hors du commun, sans précédent dans l’histoire contemporaine de l’Europe .
Songeons combien, il y a encore quelques années, il fallait combien de documents, de démarches, de paperasses pour aller d’un pays à un autre, en franchissant une frontière : un passeport non expiré, avec photo ressemblante, aux dimensions règlementaires, souvent un visa, ou alors une carte d’identité, en cours de validité, pour les heureux ressortissants de l’Union européenne. Parfois des certificats sanitaires étaient exigés pour s’assurer que le passager en instance n’allait pas importer de dangereuses maladies dans la population du pays .A cela s’ajoutaient les contrôles tatillons à la douane pour savoir si l’on ne transportait pas des substances dangereuses sur soi, ou dans ses bagages, voire des explosifs, dans d’innocents tubes de pâte dentifrice, ou même dans les semelles de nos chaussures.
Mais, ces temps-ci, toutes ces précautions sont jetées gaiment à l’eau de la rivière. De véritables troupeaux humains en colonnes serrées passent hardiment les frontières de l’Europe sans s’arrêter, les mains dans les poches et sans que l’on demande le moindre document d’identité.
Normal : ce sont des migrants. Alors, tout est permis. Ainsi le veut l’idéologie ambiante. Un nouveau statut, celui de de « migrant cheminant », s’est ainsi créé peu à peu. Et il autorise tout, comprend tout, justifie tout, sans restriction. Qui aurait le cœur de les contrôler ? Car ces migrants sont, bien sûr, des réfugiés politiques éminemment sympathiques et malheureux. En quête de liberté politique et d’épanouissement spirituel. Ils veulent échapper l’oppression, la persécution, l’insécurité, dans leurs pays. Mais ils fuient aussi , et pourquoi pas, la misère et la pauvreté , sachant bien qu’une Europe compatissante les attend au bout de la route. Il convient, en conséquence, de les accueillir de tout cœur ainsi réserve aucune. D’ailleurs ils en ont le droit. C’est le droit d’asile « spontané » dérivé du droit d’asile légal.
On est ici, en effet, en présence d’une création juridique bizarre, biscornue, enfantée par des juristes et des politiciens ingénus il y a quelques années ; Ils ne savaient pas qu’ils étaient en train d’enfanter un monstre aux contours incertains. Ce droit bénéficie à toute personne étrangère qui, sous les prétextes les plus divers, est en droit de réclamer son dû au pays qui les reçoit : droit à l’accueil, au logement, au pécule, à la Sécurité sociale, à l’éducation, à la justice. Et, à terme, à la nationalité. Et le tout gratuitement, sans contrepartie quelconque. Conséquence évidemment prévisible : le nombre de demandeurs d’asile s’enfle d’année en année pour atteindre des proportions incroyables. Réponse du gouvernement : réduire les délais de traitements des dossiers. Or les refus vont, dans l’instant, augmenter le nombre les émigrés clandestins qui ont de bonnes chances d’obtenir une régularisation administrative quelques années plus tard. Et la noria continue.
Qui pourrait maintenant nier que nos populations n’ont pas d’inépuisables réserves de charité chrétienne de la plus belle eau ? Qu’a-t-on besoin de Secours catholique ou des Restaurants du cœur pour nous rappeler à nos devoirs d’êtres humains, membres à part entière de la grande famille de l’homme ? Il suffit de déplier n’importe quel quotidien pour savoir ce que nous devons faire. Et si nous n’avons pas compris le message de nous-mêmes, nos gouvernements, nos innombrables associations caritatives, nos généreux reporters et journalistes sont là pour nous rappeler à notre devoir humanitaire. Ah mais !
Une menace qui risque d’emporter notre civilisation
Mais revenons sur terre. Il faut bien voir que cette colossale vague d’immigration est doublement dangereuse pour l’Europe car :
-Il s’agit, bien entendu d’une immigration ethnique à forte composante arabe,
mais aussi africaine (déjà), il ne faut se voiler la face (mais horreur, il ne faut pas être raciste…. C’est mal),
-au surplus, on est en présence d’une immigration religieuse qui vient consolider les positions de l’Islam sur notre territoire national. Que va-t-il se passer si, d’aventure, les Musulmans de l’intérieur font un jour cause commune avec ceux venus de l’extérieur ? Cela s’est vu , dans le passé.
En d’autres temps, on aurait exigé, horresco referens , de ces nouveaux arrivants de renoncer à leurs pratiques religieuses. Mais cela n’est plus à la mode. Nos sociétés profondément déchristianisées et imbues de tolérance religieuse, et de tolérance tout court d’ailleurs, n’envisagent pas une seconde de faire autre chose que de laisser l’Islam consolider paisiblement ses positions sur notre sol . En attendant les prochains attentats qui vont inévitablement se produire mais aussi favoriser l’alimentation hallal et la niqab. Mais surtout, ne succombons pas à la hideuse islamophobie qui ronge la paix sociale et détruit l’ordre de nos rues. Les Musulmans sont nos frères. Il faut les aimer. …en attendant qu’ils nous remplacent.
L’Europe sans défense.
Pourquoi ces flots ininterrompus ne se tarissent-il pas ? Tout simplement parce qu’une fois franchies les portes de l’espace de Schengen aucune barrière ne s’oppose à leur passage. Le traité de Schengen sonnera-t-il le glas d’une l’Europe incapable de défendre son territoire ? Car notre Europe a été bâtie sur une pyramide d’illusions
C’est d’ailleurs là que l’on apprécie pleinement l’incroyable sottise de la création de l’espace de Schengen par des idolâtres de l’Europe dépourvus de la moindre culture historique ou géopolitique. Comme si l’Europe devait pouvoir contempler sereinement un avenir infini de paix , de concorde et de sécurité interne et externe, et cela pour les siècles des siècles . Tout simplement parce que, pendant 70 ans, l’Europe n’a connu aucune guerre, aucun conflit. Significatif (à part le conflit de Sarajevo dans les années 90 promptement étouffé sous les bombes américano-otaniennes). D’où le sentiment parfaitement illusoire d‘une impunité totale, d’une sécurité acquise pour l’éternité. Rien ne peut plus nous atteindre.
Mais voilà. La menace n’a pas disparu. Elle a simplement changé de visage. Elle ne se présente plus de nos jours sous les uniformes vert-de-gris de naguère, mais sous les traits pitoyables de malheureux en quête de sécurité, de logements sociaux, d’éducation gratuite et d’aide sociale généreuse. Les sociétés européennes ont atteint un tel degré de décomposition morale qu’elles ne disposent plus des réflexes élémentaires qui commandent leur survie, comme ces gros oiseaux de jadis, Moas ou Dodos, incapables de voler, disparus depuis longtemps des îles du Pacifique. Les Mélanésiens débarquant de leurs pirogues pouvaient aisément les abattre à coup de bâtons. Les Européens en sont là. Mais le problème est que ce sont eux, aujourd’hui, les gros oiseaux sans ailes.
Soyons clair : les migrants sont un cheval de Troie au sein de l’Europe. Nous avons vécu, et nous vivons encore sous la bannière du slogan plaisamment illustré par Jean Yann : « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Rien de plus faux, rien de plus trompeur. Le monde réel, en dehors des frontières de l’Europe est dur, cruel, brutal et sans pitié. C’est un monde où le cocktail de bons sentiments dont nous enivrons à chaque instant n’a aucun cours. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreux Afghans, Pakistanais et Ethiopiens, qui viennent grossir les rangs de nos « bons » migrants, sont commodément assimilés aux « malheureux » syriens chassés par la guerre. Mais croyez -vous que le passage de nos frontières va les rendre plus attentifs à la conditions de leurs femmes infortunées traitées comme des créatures inférieures ?
Une fois chez nous, ils continueront, bien sûr, à se comporter de la sorte, comme ils l’entendent, mais à l’abri des volets fermés des logements sociaux qui leur seront attribués , gratuitement bien sûr, tout en profitant largement des délices de nos allocations familiales, et autres avantages sociaux . Eh oui , George Dandin…… Les migrants emportent leurs mœurs et leurs coutumes à la semelle de leurs chaussures. L’actualité nous apprend la mort par lapidation d’une femme afghane accusée d’adultère. Toujours dans l’actualité, une femme, au Pakistan cette fois, est brûlée vive pour avoir refusé de se marier de force. Et ce sont ces gens- là que l’on prétend nous faire accepter par communautés entières, pour l’amour de l’humanité?
Comme si la menace venue de l’étranger devait revêtir uniformément le même visage, celui de tanks défilant en rangs serrés. Comme si l’entrée de foules en masses compactes ne présentait pas exactement les mêmes dangers, et même davantage. Car les tanks peuvent être refoulés ou détruits. En revanche, une fois entrés, il est quasi impossible de déloger ou de déplacer des indésirables, même de force. L’expérience montre abondamment qu’ils s’implantent promptement sur place et s’incrustent pour toujours.
L’Europe est ainsi victime d’une prodigieuse « arnaque aux bons sentiments » qui occulte une réalité plutôt déplaisante. Car enfin, ne peut-on pas s‘interroger sur ces énormes troupeaux humains qui, comme les sauterelles de la Bible, déambulent sur les routes et les chemins de l’Europe, sans cartes, sans GPS, sans guides. Mais aussi apparemment, sans pain, sans eau , sans équipements contre le froid et la pluie, sans abris ni médicaments. Qui leur sert de repères ? Qui les alimentent ? Qui les financent ? Qui les protègent ? Autant de questions pourtant bien évidentes que nos braves reporteurs au grand cœur ne semblent pas poser, tout à leur attendrissement altruiste.
L’Europe est ainsi la proie de son idéologie abstraite et irréaliste, quand les « bons sentiments » remplacent le bon sens. Les frontières sont toujours nécessaires dans un monde imparfait. Et Dieu sait s’il l’est et le sera aussi longtemps qu’il y aura des hommes, tout comme le recours à la force, ou même à la violence, en faisant à tous les moyens disponibles, de la police et de l’armée. Mais voilà. Encore faut-il avoir la volonté de s’en servir. L’Europe risque fort de périr faute d’avoir la volonté de survivre. : plutôt mourir plutôt que renoncer à ses principes moraux attendrissants, même s’ils se révèlent mortifères.
L’Allemagne un exemple consternant de naïveté
Le cas allemand fait problème. Par quels cheminements bizarres Muter Merkel en est-elle venue à déclencher ce mouvement irrésistible vers « l’Eldorado » germanique, dont elle risque, d’ailleurs, d’en être la première victime politique ? Du moins si on en croit les premières indications sur un retournement de l’opinion en Allemagne, notamment en Bavière. Finis les panneaux « wilkommen » qui fleurissaient au passage des premières vagues de migrants. Mais c’est bien elle qui, par ses déclarations étourdies sur l’Allemagne capable d’absorber un million de migrants ou davantage, a déclenché la phénoménale migration en cours .
Faut-il y voir le sentiment quasi maternel d’une femme privée d’enfants et de vie familiale ? Ou, après le piteux épisode grec, le souci de redorer l’image de l’Allemagne et de la faire apparaître comme une nouvelle « terre d’asile » parmi les nations ? A moins que ce ne soit la préoccupation, évidemment moins généreuse, de combler à bon compte le déficit des naissances allemandes (au moins 3 millions de personnes) de façon à fournir des bras à bon compte à l’industrie allemande.
Ou encore tout simplement un accès inattendu d’ « hubris », cette forme d’ivresse qui frappe les responsables politiques trop longtemps restés au pouvoir. A défaut d’une contestation politique sérieuse, ils sont victimes d’une certaine schizophrénie. Elle leur fait perdre le contact avec la réalité politique au point de les convaincre que tout peut leur réussir, qu’ils peuvent relever n’importe quel défi, aussi insensé qu’il soit. Ne serait-ce pas le cas de l’Allemagne d’Angela Merkel ?
Ceci étant, comment se tirer de ce mauvais pas?
C’est bien simple : il faut empêcher les migrants de quitter leur pays, (serait-ce au prix d’une aide financière gigantesque, le jeu en vaut la chandelle), les empêcher de passer (par terre ou par mer), les empêcher de pénétrer (dans notre territoire).Et les rapatrier de gré ou de force s’ils ont quand même réussi à entrer chez nous. Cette triple interdiction suffirait à elle seule à tarir considérablement le flot de la migration.
Car, lorsque les candidats à une immigration heureuse sauront ce qui les attend en Europe et sur les chemins qui y mènent, par le biais de téléphones satellites dont ils sont abondamment pourvus, nul doute que ces flux migratoires se tariront d’eux- même. Sinon, il faudra bien utiliser la manière forte, c’est-à-dire avoir recours à nos moyens militaires pour se défendre de cette invasion paisible.
Mais ce ne sont certainement pas nos responsables politiques actuels placés sous la haute surveillance des médias et des organisations caritatives qui seront capables d’agir ainsi. Alimentés au biberon de l’humanitarisme, gavés des principes généreux d’une idéologie caritative, emmaillotés dans le cocon des droits de l’homme, ils sont de facto frappés de paralysie.
Pourtant, au-delà d’un certain seuil, le public, jusqu’ici largement indifférent et passif, risque de se réveiller. Il va se sentira menacé dans sa sécurité, dans sa façon de vivre, dans son niveau de vie. Il va sans aucun doute réagir et peut-être basculer d’un excès de laxisme à un excès de panique. C’est l’inévitable retour de bâton que provoque une politique de redressement trop longtemps différée. Dès lors, la pression de l’opinion portera au pouvoir des hommes nouveaux qui formeront un gouvernement de Salut Public. Il se chargera de la « sale besogne », manu militari, que nos gouvernements « mous » auront été bien incapables de mener à bien. Et nos chères libertés risquent fort d’être malmenées au passage. C’est le prix à payer pour la sécurité, comme dans toutes les périodes d’exception.
L’afflux de migrants risque fort de tuer nos libertés, comme les marins venus de loin apportaient jadis la peste dans les ports où ils abordaient.

François Hollande, les migrants et le Code du Travail une belle leçon d’hypocrisie présidentielle 16 octobre 2015

François Hollande, les migrants et le Code du Travail
une belle leçon d’hypocrisie présidentielle 16 octobre 2015

François Hollande, les migrants et le Code du Travail
une belle leçon d’hypocrisie présidentielle.

Notre président bien aimé , -il s’agit de notre président François Hollande vous l’avez tous compris– s’en prend aux « manipulateurs » (de droite bien sûr , car à gauche, on ne manipule jamais) qui veulent nous faire peur à propos des migrants dont la foule se presse à nos frontières.
Il a raison. Manipuler l’opinion publique est très vilain . D’ailleurs, lui François Hollande, n’a jamais « manipulé « le public ». Ainsi, quand il affirmait pendant sa campagne électorale qu’il serait un président « normal », il ne manipulait pas du tout son auditoire. Mais pas du tout. Ainsi quand, à peine élu, le voilà qui se précipite de nuit, en scooter, dans l’alcôve de sa belle du moment , ce n’était pas de la manipulation (encore qu’on ne peut naturellement pas savoir ce qui s’est vraiment passé au cours de ses doux instants de retrouvailles). Car enfin, quoi de plus normal pour un président fraîchement élu que d’agir ainsi. Tout le monde en ferait autant, depuis de Gaulle à Pompidou, en passant même par Chirac . Normal, vous dis-je, d’assouvir ses besoins naturels, toutes affaires cessantes, quand on est porté à la tête de l’Etat.
Ceci étant, si notre président « normal » voulait ouvrir toutes grandes les frontières aux migrants massés à nos portes, il ne voudrait pas, sans aucun doute, en faire dans l’instant des assistés sociaux futurs chômeurs vivant à la petit semaine des chiches subsides de l’Etat . Car il aggraverait ainsi de ce fait la montagne de dépenses sociales en France toujours croissante. Non, il voudrait en faire de bons travailleurs productifs désireux d’apporter leur contribution à l’économie française. Tout cela serait tout à fait normal, comme en Angleterre où les migrants affluent en masse (en partant de Calais). Car ils savent qu’ils pourront y travailler sans obstacles dès leur arrivée. Pourquoi cela ne se passe-r-il pas de même en France ?
C’est que chez nous, les choses se présentent tout différemment. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de travail en France. Il y a en a tant qu’on veut. Mais il n’est pas possible pour les migrants, ou pour n’importe quel demandeur d’emploi d’ailleurs, d’entrer librement sur le marché du travail. Chômeur ils sont, chômeurs ils resteront.
Et pourquoi ? C’est là que notre président vénérable, socialiste de surcroît, pourrait faire date dans l’histoire économique de notre pays. Il pourrait même écrire sa page spéciale. Mais comment ?
Pour cela, il suffirait de libérer le marché du travail en France et de supprimer ou, au moins, de simplifier drastiquement le Code du Travail dont le poids et la complexité étranglent lentement mais surement toute velléité de réveiller l’emploi dans notre pays.
Mais comment accomplir ce petit miracle ? La recette est simple. On la retrouve dans tous les rapports qui se succèdent depuis 30 ou 40 ans en France, le dernier en date étant l’excellent rapport Gallois. Le cœur nucléaire de la problématique de l’emploi en France se situe dans la possibilité, pour l’employeur, de licencier librement, si la nécessité s’en fait sentir, et cela sans se faire tabasser (Air France) on séquestrer (Good Year Nord) ou sans payer des indemnités fabuleuses qui mettent en danger la situation financière de l’entreprise.
Mais chacun sait que les syndicats et les salariés, syndiqués ou non, s’y opposent farouchement. Or ces gens-là votent socialiste. Avec les fonctionnaires, c’est la base de l’électorat socialiste dans notre pays. Il n’est donc pas question, pour notre François Hollande, de leur causer le moindre chagrin. Hors de question donc, pour l’amour de migrants qui de toute façon ne voteront pas en France , de procéder à la moindre réforme du marché du travail . Il n’est pas tombé sur la tête.
Il est beaucoup plus commode et beaucoup moins coûteux politiquement, de stigmatiser depuis Bruxelles la droite égoïste sans rien changer en quoi que ce soit le Code du Travail et le marché du travail .
Car c’est cela la vraie manipulation « à la hollandaise ». Notre François y est passé maître. Quand à nos malheureux migrants, ils attendront aux frontières . Après tout, ils en ont l’habitude. On les nourrira de beaux discours génér

L’Europe malade de l’Allemagne?

Yves-Marie Laulan Paris le 12 octobre 2015
l’Europe malade de l’Allemagne ?

L’Allemagne d’Angela Merkel serait-elle, à son tour, frappée par les trois coups du destin : le crash d’Andréas Lubitz, pilote de la compagnie aérienne Germanwings, la monstrueuse tromperie de Volkswagen et enfin l’effarante « boulette » de la Chancelière, confrontée avec la crise des migrants, versant étourdiment de l’huile sur le feu au lieu de colmater la brèche. Bien plus, voici que, tout dernièrement la Deutsche Bank, la principale banque allemande donne à son tour des signes de fragilité avec des pertes de 7 milliards d’euros qui ont, dans l’instant, entraîné une baisse en Bourse de 20 %. L’Allemagne, jusqu’ici considérée comme le pilier de l’euro, le roc économique inébranlable sur lequel l’Europe d’après- guerre est ancrée, serait-elle devenue subrepticement un « colosse aux pieds d’argile », d’une inquiétante fragilité derrière une apparence de force et de sérénité ?
Le crash de la Germanwings révèle l’étonnante légèreté des contrôles d’une compagnie aérienne renommée. Celle-ci n’a pas hésité, sans états d’âme excessifs, à confier un avion chargé de passagers confiants aux mains d’un pilote fou dont la fragilité psychologique avait été avérée, sans erreur possible, par de multiples diagnostics médicaux étalés sur plusieurs années. Mais qui s’est préoccupé de les demander, de les consulter et enfin d’en tirer les conséquences logiques ? Mieux valait sans doute fermer les yeux sur le recrutement d’un pilote moins couteux dans une filiale de la compagnie mère, la Lufthansa. Rentabilité avant sécurité.
L’affaire Volkswagen tire ses racines d’une origine analogue. On peut la résumer par un adage bien connu : « si la température ne nous convient pas, cassons le thermomètre ». Il fallait mettre les véhicules allemands aux normes de pollution exigées aux Etats-Unis, tout en conservant de bonnes performances en matière de prix, de consommation de carburant et de vitesse. Ce n’était pas possible. La quadrature du cercle. Mais un peu d’imagination y a suppléé : un logiciel magique logé dans le tableau de bord permettant de déjouer les tests indiscrets. Et voilà le tour joué. A ceci près que la confiance dans le « made in Germany » risque fort de « passer à la casserole » pour longtemps.
La monnaie repose, on le sait sur la confiance. Mais c’est aussi la confiance qui fonde les relations entre les nations au sein de l’Europe. On était familier avec la faiblesse traditionnelle de la France qui engrange chaque année, bon gré mal gré, quelque 80 à 90 milliards de déficit extérieur à telle enseigne que son endettement extérieur va bientôt égaler le montant de son PNB et tutoyer la dette de la Grèce. Mais baste, peu importait. La France, c’est bien connu , qu’elle soit à gauche ou à droite, ne sait pas et ne saura jamais gérer son économie.
Car il y avait toujours à ses côté l’Allemagne, la grand sœur raisonnable et généreuse, fourmi épargnante prête à servir d’ombrelle à la cigale française qui pouvait en toute impunité emprunter à des taux historiquement bas pour financer ses déficits devenus chroniques. Mais que va devenir le couple franco-allemand si la France structurellement boiteuse est désormais mal soutenue par une Allemagne qui trébuche à son tour ? Ce couple va-t-il illustrer la fable de « l’aveugle et du paralytique » au grand dam d’une Union européenne dont on mesure aujourd’hui toute la fragilité à l’épreuve de la crise des migrants.
Car les réalisations de la construction européenne que les eurocrates extasiés exhibaient avec la fierté d’un Tartarin exposant les dépouilles des fauves abattus, -Union européenne, euro, espace de Schengen-, se révèlent à l’usage, et à l’épreuve, singulièrement fragiles. Un grand nombre de pays membres au nord de l’Europe renâclent sans vergogne devant les quotas de migrants que la Commission européenne et les gouvernements français et allemands prétendent leur imposer, au nom de l’amour de l’humanité et de la solidarité européenne. C’est qu’ils ont l’instinct du bétail que l’on mène à l’abattoir. Ils savent bien plus ou moins confusément que, crise humanitaire ou pas, ces flux de migrants emmènent avec eux leurs problèmes, leurs religions et leurs préjugés et leurs prétentions menacent à terme leur identité, leur façon de vivre et la paix sociale de leurs pays
Déjà, dans les camps en Allemagne, messieurs les migrants proclament hautement qu’il n’est pas question de renoncer à la Charia pour leurs femmes, -Ligue des Droits de l’Homme ou pas-, tout en refusant de manger du porc cher à la population d’accueil et en réclamant à haute et intelligible voix de la viande hallal. Quand même. Il faut savoir vivre. Et cela aujourd’hui. Qu’en sera-t-il demain ?
En fait, la seule solution raisonnable devant ces flots humains venant d’outre Orient serait soit, de refuser simplement et simplement de les recevoir,- après personne ne leur a demandé de venir- soit de les loger dans de camps provisoires, mais certes confortables, de réfugiés, avec engagement de les ramener chez eux ultérieurement, de gré ou de force. Nullement de les installer sur place à demeure. Mais lequel par nos gouvernements pusillanimes oserait tenir un discours aussi musclé, humanitarisme médiatique oblige ? Car les médias, alertés par les associations charitables de service, sont là qui guettent le moindre faux pas, comme des vautours autour d’une bête malade.
Il faut appeler ces migrations pour ce qu’elles sont : une invasion. Et une invasion religieuse qui plus est. Or une invasion est un acte de guerre. Et, à la guerre, il faut savoir se défendre. Angela Merkel, excellente comptable et manœuvrière politique de talent, en est-elle capable ? N’a-t-elle pas montré ici les limites de ses capacités « d’homme d’Etat » ?

Une immigration heureuse ?

Yves-Marie Laulan Le 25 septembre 2015

Les conditions d’une « immigration heureuse ».

Il n’y a pas « d’immigration heureuse » ni au départ, ni à l’arrivée. Une immigration, surtout si elle porte sur des chiffres élevés, exerce forcément des effets traumatisants dans le pays de départ. Les migrants vont tout abandonner, dans l’espoir souvent déçu, d’une vie de félicité. Dans le pays d’arrivée, l’entrée en masse d’éléments étrangers par l’origine, la langue, les coutumes ne peut manquer, la première vague d’émotion passée, de produire des réactions de réserve, puis d’hostilité. C’est très exactement ce qui est en train de se produire en Europe où les frontières se ferment les unes après les autres, devant l’arrivée d’une foule d’indésirables . Les migrations d’aujourd’hui, et plus encore, celles de demain, constituent un phénomène géopolitique majeur dont la gestion ne relèvent pas de la compassion ni des bons sentiments, mais de la bonne gouvernance.
La France ne fait exception à cette règle quoiqu’en disent les médias et, maintenant, les autorités religieuses, au plus haut niveau . C’est entendu, la France est un pays généreux où le droit d’asile a toujours honoré notre pays. Mais, avant de se lancer tête baissée, au nom de la « tarte à la crème » de la France « terre d’aile », dans un nouvelle vague d’immigration d’une ampleur inégalée susceptible d’engendrer des réactions de xénophobie, certains faits doivent être tenus présents à l’esprit, au risque de passer pour un esprit grincheux.
1° En premier lieu, il faut rappeler que depuis 15 à 20 ans au moins, notre pays accueille chaque année entre 200 et 250 000 immigrés , sans compter les immigrés clandestins, si bien que la France abrite aujourd’hui une population de clandestins non déclarés et non titulaires de « documents », estimée à 300 000 à 500 000 personnes (selon les personnes bénéficiant de l’AME soit près d’un million), dont une très grand majorité de musulmans venant du Maghreb et d’Afrique noire et maintenant du Moyen-Orient. Ainsi s’explique que le pourcentage d’enfants d’immigrés scolarisés dans nos écoles se rapproche de 20 %, soit près d’une cinquième. Dans 10 à 20 ans, ces enfants deviendront adultes et constitueront un pourcentage relativement élevé de la population, soit un Français sur 5.
Cela est tout à fait compréhensible car les sources de l’immigration actuelle proviennent quasi exclusivement de pays musulmans (à l’exclusion de pays de tradition chrétienne ou simplement laïque). Les pays musulmans exportent massivement leurs fidèles (et leurs problèmes) . L’immigration syrienne et irakienne ne fera que renforcer la présence, déjà considérable de l’Islam dans notre pays (et, demain, l’immigration africaine potentielle !). L’immigration actuelle n’est pas un évènement neutre. C’est un phénomène religieux de la plus haute importance dont les conséquences se feront sentir pour les siècles à venir .
2° En second lieu , il faut rappeler qu’en dehors de l’émotion suscitée par le spectacle désolant de ces cohues d’adultes et de leurs familles en route vers l’Eldorado allemand ou français, l’installation d’ adultes présente de redoutable problèmes d’assimilation et de cohabitation avec les populations d’accueil. Toute immigration de quelque ampleur est nécessairement déstabilisante dans l’immédiat, et plus encore à terme, en perturbant les équilibres établis dans la population d’accueil en termes de financement, de chômage et de majorités électorales au plan local et national.
3°Une dernière considération est à prendre en compte. Peut-on sérieusement instaurer une politique d’immigration forcément importante et donc coûteuse sans prendre en compte l’avis des gens, c’est-à-dire de la population d’accueil ? La question s’est récemment posée en Allemagne où Angéla Merkel avait, dans un premier temps, avancé que son pays était prêt à recevoir un million de migrants. Mais cette déclaration imprudente avait promptement déclenché un véritable raz de marée humain en direction de l’ Allemagne et de l’Autriche. En conséquence, la Chancelière a été sans tardé contrainte de tourner casaque peu de temps après devant les réactions plus que réservées des pays voisins (Hongrie , Slovaquie, Croatie etc.,), vite débordés par ces flots humains mis en mouvement par les déclarations allemandes , mais aussi et surtout par les répercussions franchement hostiles sur le plan intérieur, en Bavière notamment.
Ces péripéties appellent deux types de réflexion. En premier lieu, les dirigeants européens, Allemagne en tête, n’ont nullement pris conscience de l’importance des problèmes migratoires qui ne font pas partie de leur univers mental habituel. Or les migrations d’aujourd’hui et, plus encore, celles de demain, représentent un phénomène démographique totalement inédit dans l’histoire du monde, en raison de l’énormité des flux migratoires mis en cause. On est désormais en présence d’une problématique totalement nouvelle que les gouvernements ne sont nullement préparés à affronter. L’attitude de l’Allemagne en est la preuve la plus récente. L’immigration d’aujourd’hui représente désormais une véritable dynamite sociale dont les effets sur le plan politique peuvent être foudroyants. Or, ni en France, ni en Allemagne, n’existe un Ministère des Migrations habilité à traiter raisonnablement de ces problèmes. Or c’est un sujet chargé d’émotion et d’hypocrisie où, plus que tout autre, foisonnent les clichés et les idées fausses.
En second lieu, le traitement des phénomènes démographiques, et notamment des migrations, a été jusqu’à présent été abordé comme des manifestations relativement bénignes, voire secondaires, peu dignes de retenir l’attention des pouvoirs publics.
On en voudra pour preuve la totale liberté accordée à l’INED, qui est un démembrement de l’Etat placé théoriquement sous la tutelle du ministère des Affaires sociales. Mais cette administration jouit en réalité d’une totale impunité ce qui a permis à ses responsables, depuis longtemps pénétrés par une idéologie tiersmondiste, de déverser dans la presse peu informée de ces problèmes (et donc dans l’opinion publique), un flot ininterrompu d’informations inexactes, déformées ou tronquées. Jusqu’au jour où l’opinion publique effarée été placée devant un fait accompli .
4°Or le monde a changé. La problématique migratoire revient au premier plan. Il faudra s’en accommoder et, sous peine de provoquer de graves désordres dans la société civile, prendre l’avis des gens, c’est-à-dire de l’opinion publique. Cela signifie que les problèmes migratoires ne devront plus être traités comme un élément relevant exclusivement et arbitrairement des pouvoirs régaliens de l’Etat. Il convient de mettre le public à l’épreuve et le placer devant ses responsabilités
A cet égard, la décision prise sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing avec Jacques Chirac, Premier Ministre, de mettre en œuvre le rapprochement familial par un simple décret représente une de ces mesures aux conséquences incroyablement marquantes (de 30 000 à 50 000 entrées annuelles sur le territoire français dans des conditions plus que douteuses) prise avec légèreté, comme par mégarde, sans y accorder la moindre importance . C’est typiquement l’exemple à ne pas suivre.
A l’avenir toute décision concernant les problèmes migratoires devrait faire , a minima , l’objet d’une large débat public au niveau du Parlement.
Mais il faudrait aller plus loin et ne pas hésiter à tenir un referendum destiné à doter les décisions prises en ce domaine de la plus forte légitimité politique, compte tenu de l’importance capitale des migrations dont on perçoit bien qu’elles façonnent l’avenir même de la France.
Et puisque les médias s’égosillent à soutenir mordicus que les Français sont largement disposés à recevoir les migrants, une dernière mesure destinée à mettre à l’épreuve les bonnes dispositions de l’opinion publique serait de créer une taxe spécialement dévolue au financement d’un « Fonds pour l’Accueil des Migrants ». Car les conseilleurs ne sont pas forcément les payeurs. Et il n’est pas exclu que l’enthousiasme proclamé par les médias ne se refroidisse pas singulièrement devant ces perspectives d’alourdissement de la pression fiscale.
Par ailleurs et enfin, l’accueil des migrants, si devrait être subordonné à certaines conditions, à savoir :
-L’apprentissage obligatoire de la langue française et de la nation française, son histoire et ses institutions
-l’acceptation d’une formation professionnelle pour exercer un métier dans les secteurs déficitaires de l’économie,
-l’installation à résidence dans des régions défavorisées et dépeuplées où leur arrivée serait susceptible de revitaliser ces zones.
Ces réfugiés ne pourraient pas, en outre, bénéficier des aides sociales sans fournir, en contrepartie, une prestation économique significative sous peine de créer de nouvelles couches d’assistés sociaux à perpétuité.

L’Ukraine en péril

Yves-Marie Laulan Paris le 2 avril 2014

L’Ukraine en péril

Le problème de l’Ukraine s’enracine clairement dans la situation catastrophique de son économie. Pourquoi l’Ukraine est-elle en état de faillite virtuelle ? C’est bien là le nœud du problème. Car si ce pays avait des finances en équilibre avec une économie prospère, il n’aurait pas eu besoin d’appeler à l’aide l’Union européenne, si bien que Poutine n’aurait pas eu l’occasion de venir se mêler des affaires ukrainiennes.
Rappelons que l’Ukraine a un énorme problème d’endettement. Le déficit des paiements extérieurs atteint 8 % du PNB, et au cours des deux prochaines années, en 2014 et 2015, ce sont 35 milliards de dollars qui viennent à échéance. Par ailleurs, les réserves de change sont au plus bas, les banques sont à court de liquidités et l’endettement atteint 180 % du PIB, des taux « grecs ». Notons, au surplus, qu’entre1996 et 2013, la population de l’Ukraine a perdu 7 millions de personnes en raison d’un des plus faible taux de fécondité d’Europe (1,1 enfant par femme) et, sans doute, d’une forte émigration.
Sur le plan de l‘économie, le tableau n’est guère plus plaisant. Depuis 1991, l’économie de l’Ukraine s’est contractée de 30 % alors même que celle de la Russie augmentait de 20 % pendant la même période.
Un article récent de la presse économique allemande observait qu’en 2012, le PIB par tête en Ukraine était de 6,394 dollars, soit 25% inférieur au niveau atteint un quart de siècle plus tôt. En revanche, si l’on compare la situation de l’Ukraine avec celle des quatre pays anciennement sous la domination soviétique qui adopté l’économie de marché dans le cadre de l’Union européenne, Pologne , Slovaquie, Hongrie et Roumanie, on constatera que le PIB par habitant s’est élevé à 17 000 dollars,150% de plus qu’en Ukraine. On comprend dans ces conditions que les Ukrainiens se soient révoltés .
Cette situation est d’autant plus surprenante, ou même aberrante, que l’Ukraine possède un potentiel économique tout à fait respectable avec des terres agricoles qui comptent parmi les plus riches au monde (le fameux tchernozium), des gisements en minerais abondants ( fer ,charbon), une industrie lourde héritée de la période soviétique (aciers, tuyaux, fonte), fort peu compétitive il est vrai, mais robuste néanmoins et une industrie chimique active .
Mais l’Ukraine doit importer 90 % de son pétrole de Russie et une grande partie de son gaz, d’où une dépendance perpétuelle vis-à-vis de la Russie, cette dernière n’étant nullement ennemie de la manipulation du prix, voire même de l’interruption pure et simple des approvisionnements en énergie, pour ramener sa voisine à la raison, comme au bon temps du régime soviétique . De fait , la Russie, le 1° avril, n’a pas hésité à augmenter de 40 % le prix du gaz vendu à l’Ukraine. De quoi lui maintenir la tête sous l’eau, voire à l’asphyxier complètement.
En dépit de ces atouts, victime de la crise de 2008 et de la chute du prix des matières premières, d’une compétitivité très médiocre et d’énormes problèmes de corruption, l’Ukraine dispose d’un niveau de vie inférieur à celui de la période soviétique d’où un réel problème de pauvreté. En conséquence, le banque centrale fait tourner la « planche à billets » et la valeur de la monnaie nationale, l’Hryvnia, s’effondre . Il s’ensuit que l’aide russe, ou occidentale, à elles seules, ne suffiront pas à sortir l’Ukraine de l’ornière.
Au vu de ce qui précède, il est clair que la situation affligeante de l’économie ukrainienne ne peut s’expliquer que par une gestion économique très médiocre voire aberrante. C’est là que la réaction violente des manifestants de la place Maiden trouve ici sa justification en raison de l’incompétence criante de son ancien gouvernement.
Une réorganisation énergique de l’économie ukrainienne s’impose donc, à commencer par le relèvement sensible des prix intérieurs de l’énergie, tant pour la consommation domestique qui encourage des gaspillages considérables, que pour l’industrie, ce qui favorise des modes de production obsolètes. Il faudra aussi supprimer les subventions multiples favorisant artificiellement tel ou tel secteur économique afin de rétablir la vérité des prix. Par ailleurs il sera nécessaire de laisser flotter l’Hryvnia sur le marché des changes pour que cette monnaie retrouve une parité convenable. Il importe enfin de rétablir la sécurité pour faciliter la reprise du tourisme, source précieuse de devises, et pour rassurer les investisseurs extérieurs.
Cela n’ira pas sans mal et le public en Ukraine pourrait même réagir négativement à la cure d’austérité qui lui sera implosé par cette remise en ordre pourtant indispensable. L’heure de vérité approche pour l’Ukraine, au moment même où la Russie de Wladimir Poutine ne dissimule plus ses convoitises.
En effet, après avoir avalé sans coup férir la Crimée, la Russie tourne maintenant son regard vers les régions russophones ukrainiennes de l’Est et du Sud du pays, Donetsk, Kharkiv, Lougansk et Odessa. Ce sont les zones les plus industrielles : industrie lourde, métallurgie et mines. C’est là que la proposition russe d’imposer à Kiev une réforme de la constitution pour mettre en place une structure fédéraliste prend ici tout son sens. L’appétit ruse n’est nullement calmé avec la Crimée. Car le schéma déjà utilisé pour s’emparer de la Crimée pourrait être mis en œuvre à nouveau avec la même efficacité. Il suffirait que les parlements locaux des régions disposant d’une nouvelle autonomie réclament haut et fort, appuyés par des manifestations savamment organisées, leur rattachement à la mère patrie russe pour que l’Ukraine soit irrémédiablement démembrée. A ce stade, l’absorption du reste de l’Ukraine ne serait plus qu’une question de temps.
Et le rêve de Wladimir Poutine de reconstituer les contours de l’ancien empire soviétique, dont l’Ukraine constitue la pièce maîtresse, serait enfin réalisé.

Regard sur le terrorisme ordinaire

Yves-Marie Laulan Le 31 mars 2015
Regard sur le terrorisme ordinaire

L’attentat à la kalachnikov qui a entraîné la mort de 21 touristes étrangers le 18 mars dernier au musée du Bardo en Tunisie nous ramène à une triste réalité de notre temps. A cela fait écho l’attentat du 2 avril au Yémen où l’explosion d’une laiterie par des terroristes Houthis (d’obédience chiite) a provoqué la mort de plusieurs dizaines de personnes . Puis, tout récemment, ce sont 147 morts au Kénya dans un campus universitaire massacrés par les islamistes somaliens d’Al-Chebab.
Que ce soit sous le nom d’Al Qu’Aïda, de Daech ou d’un califat fantôme en voie de réanimation, le terrorisme est sans trêve à la manœuvre. Il fait désormais partie de notre quotidien. Il s’est terriblement banalisé. Il n’est guère de mois, de semaine, de jours même que l’on apprenne un attentat quelque part dans le monde ayant entraîné la mort d’un certain nombre de personnes innocentes, des civils dans la plupart des cas.
***
Certes, le terrorisme est né avec l’homme. Il a toujours existé à l’état latent. Mais il a revêtu des formes très diverses au fil du temps. Il frappait naguère le plus souvent des personnes porteuses de symboles de puissance ou de majesté. Il s’attaque de nos jours à des foules anonymes qui ont simplement eu la mauvaise fortune d’être au mauvais moment au mauvais endroit.
Tous les grand conquérants ont eu à divers moments la tentation de recourir à la terreur pour soumettre leurs adversaires, depuis les Mongols jusqu’à Guillaume le Conquérant (pour « pacifier » le Northumberland obstinément rebelle). Mais c’est la secte des « Assassins » qui porté ce genre de méthode de contrôle des populations d’un genre un peu particulier à un niveau de perfection rarement égalé dans l’histoire.
Rappelons que la secte des « Assassins » , dont la terreur était l’arme principale, a été fondée au Moyen Orient –ce n’est pas un hasard- par Hassan, un ismaélite d’obédience chiite. Enfermé dans sa forteresse d’Alamout, ce dernier, puis ses disciples, ont fait régner la terreur pendant pas moins de 150 ans dans tout le Moyen Orient parmi les dignitaires. Ces derniers vivaient dans la crainte permanente de perdre leur vie aux mains des « fédaviès », les exécuteurs proprement dits prêts à tuer et à mourir. C’était un moyen de domination politique fort efficace. Jusqu’au jour où les Mongols, excédés, ont mis un terme à leurs activités en leur donnant systématiquement la chasse afin de les exterminer jusqu’aux derniers. Mais l’on reconnait déjà les caractéristiques des attentats suicides si fréquents de notre temps.
Ces actes fous sont, certes, commis par des fanatiques ou des illuminés, au nom de leurs principes, ou au nom de Dieu. Mais quelles qu’en soient leurs motivations, les moyens sont toujours les mêmes, semer la terreur et intimider l’adversaire de façon à le détourer de son but ou, de l’amener à déguerpir ou tout simplement de le faire disparaître.
Le terrorisme est, par excellence, l’arme des faibles, ceux qui, individus ou groupes, n’estiment n’avoir pas d’autres moyens pour se faire entendre. C’est souvent l’arme du faible au fort, le premier ne reculant devant rien pour faire reculer le second. Son arme principale est l’effet de surprise. Mais ce n’est pas toujours le cas.
Rappelons précisément la « Terreur » pendant la Révolution française qui était bien, n’en déplaise à nos amis socialistes qui se sont complu à la célébrer sous François Mitterrand-, un épisode de terrorisme d’ Etat symbolisé par la guillotine. Il a été méthodiquement appliqué par ceux qui disposaient de la force armée pour combattre leurs adversaires en situation d’infériorité . Cela été aussi le cas lors de la création d’Israël, comme on l’a vu, bien qu’il soit malséant de rappeler aujourd’hui cet épisode peu glorieux qui a marqué la naissance de l’Etat hébreux.
Comme on vient de le voir, le terrorisme peut donc être un moyen de poursuivre une certaine politique (pour paraphraser Clausewitz qui appliquait ce principe à la guerre).
De nos jours, le terrorisme s’est multiplié et modernisé. Il était sélectif. Il est devenu universel. Il était ciblé. Il est devenu aveugle. Il frappe de tous temps, en tous lieux, le plus souvent par surprise, sous les prétextes les plus divers, des plus raffinés au plus stupides. Pourquoi se développe-t-il ainsi ?

René Girard nous explique que le désir mimétique, la volonté d’imiter, et de rivaliser est le fondement de la violence chez l’homme. Incontestablement le terrorisme actuel comporte un effet d’imitation très accentué. C’est devenu une véritable mode morbide et mortifère. Sinon comment expliquer les motivations de ces hommes et ces femmes qui, les uns après les autres, entourent leur ceinture d’explosifs pour aller se faire sauter au milieu d’une foule, pour entraîner le plus grand nombre possible de personnes dans la mort ?
***
Pour simplifier grossièrement, en dehors de l’Afghanistan et du Pakistan, le terrorisme intéresse principalement 4 zones, à savoir l’Europe, les Etats-Unis, l’Afrique et le Moyen Orient. Le terrorisme revêt certes des formes variées selon le lieu, avec, cependant, une constante : c’est toujours l’Islam qui est à la manœuvre, jamais le christianisme, le bouddhisme, le taoïsme ou le confucianisme. ll faut y voir sans doute un hasard de l’histoire religieuse de l’humanité . Quoi qu’il en soit, il semblerait bien qu’aujourd’hui comme autrefois, l’Islam génère la violence et l’intolérance, comme la poule pond des œufs ou le pommier produit des pommes.
En Afrique, l’Islam inspire vaguement le terrorisme local qui y trouve une justification commode. Il relève, en fait, largement du banditisme féroce hérité des guerres civiles et tribales qui ont marqué la post colonisation et le départ des Européens.
Pour l’Europe et les Etats-Unis, le terrorisme, toujours, bien entendu, animé par l’Islam, vise moins à déstabiliser des sociétés bien trop enracinées pour se laisser ébranler par quelques tueries occasionnelles vite cantonnées puis sanctionnées, qu’à « punir » les infidèles, les Occidentaux débauchés bien entendu, et notamment , les communautés juives. Celles-ci ont l’immense tort d’être fort bien intégrées. Elles servent opportunément de « boucs émissaires » à des fanatiques qui, précisément, sont incapables de s’intégrer, les malheurs des Palestiniens aux mains d’Israël ne servant que de justificatif commode. C’est l’esprit de vengeance qui domine ici, l’Islam punitif, une variété fort répandue.
Reste le Moyen Orient devenu le « terrain de jeu » par excellence du terrorisme qui y trouve toutes les raisons du monde, conflits entre Etats, entre tribus, entre clans, entre religions, de s’adonner librement à son sport favori. Il consiste à tuer des gens à coup de bombes, de kalachnikovs ou de mines, au nom d’Allah. Tous les moyens sont bons.
Un facteur dominant néanmoins est la rivalité millénaire entre l’Islam chiite, celui de l’Iran, et l’Islam sunnite, représenté par l’Arabie saoudite et une kyrielle de petits Etats secondaires ou satellites. On sait que les musulmans chiites sont fortement minoritaires, 15 % pas plus de la population de la région, contre 85 % pour les Sunnites. Le terrorisme au quotidien, faute de guerres conventionnelles trop lourdes et trop coûteuse, est devenu le moyen normal d’entretenir des relations ordinaires avec le voisin et de régler commodément les différends de frontières qui peuvent surgir.
Les deux acteurs principaux de la région, les deux « poids lourds », sont donc l’Iran et l’Arabie saoudite, l’Egypte ne jouant plus aujourd‘hui qu’un rôle plus effacé. Ce sont eux qui mènent et le jeu directement ou par groupes ou mouvements interposés.
Dans ce cadre régional, le terrain de jeu favori du terrorisme est occupé, au centre, par trois pays structurellement instables et turbulents, le Yémen, l’Irak, la Syrie ( le Liban auparavant), avec, aux extrémités du périmètre ainsi défini, la Somalie des Chébbabs et l’ Afghanistan des Talibans. L’objectif de ces mouvements terroristes est de tenter, à coup d’attentats et de massacres, de déstabiliser encore davantage des structures étatiques encore faibles et flageolantes. C’est ainsi que le Moyen Orient, 70 ans après la dernière guerre mondiale, est maintenu dans un état quasi permanent de turbulences et d’instabilité sans trêve ni repos, une espèce de chaudron infernal où peuvent mijoter à loisir tous les conflits possibles et imaginables entre ethnies, races, religions, clans, tribus et Etats.
En conséquence, faute d’Etats solides, stables et structurés capables de mettre en œuvre une bonne gouvernance, le Moyen Orient n’a pas été en mesure depuis 1945 d’instaurer un ordre étatique stable. Dans ce contexte, la religion est devenue un véritable poison culturel qui mobilise toutes les énergies des élites et les détourne de leur véritable tâche. Elle serait bien évidemment de mettre en œuvre des politiques de développement durable au profit des populations qui stagnent dans une pauvreté abjecte. Ici, l’Islam apparaît, une fois de plus, comme un obstacle culturel quasi insurmontable au progrès et à la modernité .
De ce fait, le Moyen Orient accumule au fil des années un déficit culturel qui paraît de plus en plus difficile à combler en termes d’éducation, d’apprentissage des libertés, et d’amélioration de la condition féminine. A cet égard, dans ces régions, la femme apparaît encore comme un être de statut inférieur, destiné à être mis étroitement sous tutelle dans le cadre de la famille ou de la société musulmane. La femme, et sa place dans la société, sont, en effet, considérées comme le facteur déstabilisant majeur susceptible de porter atteinte à l’équilibre des sociétés musulmanes traditionnelles. C’est notamment le cas en Afghanistan, au Pakistan et même en Egypte. Emanciper les femmes, c’est ouvrir la porte au désordre social, au dépérissement des liens familiaux voire d’attenter à l’Islam.
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A vrai dire, l’Europe ou le Moyen Orient n’ont pas l’exclusivité du terrorisme. Il est planétaire. Les pays où les touristes occidentaux peuvent se promener en toute sécurité couvrent un espace qui se rétréci d’année en année. Peu de sociétés, peu de nations échappent à ce fléau . Il frappe aussi bien la Chine avec les Ouigours que la Russie avec les Tchétchènes et maintenant l’Afrique avec Boko Haram ou la Somalie avec les Al-Chebabs .
Le terrorisme n’a souvent pas de visage. Ou plutôt , il en a plusieurs. Il en a parfois trop. Car beaucoup de ces mouvements extrémistes qui naissent et disparaissent sans cesse relèvent purement et simplement d’une démarche proche d’une anarchie meurtrière, sans objectifs politiques bien définis si ce n’est le désir morbide de tuer . C’est ce qui rend particulièrement ardue la lutte contre le terrorisme. Il n’a pas non plus toujours de territoire bien défini .C’est bien d’ailleurs l’obstacle auquel les Américains se sont heurtés, en vain, en Afghanistan où le combat opposa it une armée régulière à des guérilleros.
Ceci étant, il faut bien reconnaître que le terrorisme moderne présente bien des avantages pour les groupes qui veulent y recourir. Il est commode , bon marché et quasiment à la portée de tous, car remarquablement économe en termes de moyens. Quelques fusils d’assaut démodés, quelques kilos d’explosifs ramassés achetés pour une poignée de dollars dans n’importe quel bazar oriental (ou place Clichy) feront parfaitement l’affaire du terrorisme ordinaire. Reste à trouver les hommes. Ils ne manquent pas. Ils sont aisés à trouver parmi les centaines de milliers, voire les millions de Jeunes désœuvrés, sans emplois, sans formation ni éducation, sans perspectives qui errent dans les rues de tant de cités au Moyen Orient ou même dans les rues de nos cités frappées par le chômage.
En effet, on le rencontre aussi bien chez nous, dans nos quartiers pourtant dotés de toutes les commodités d’un pays moderne . Ici, la recette est différente. Il suffirait, semble-t-il, de motiver les candidats au terrorisme par l’apprentissage de quelques versets sommaires soi-disant tirés du Coran, dans la mosquée du coin , en prison ou sur les réseaux sociaux et l’affaire est faite. On a fabriqué quelques soldats d’Allah supplémentaires prêts à verser le sang de l’infidèle, celui qui habite juste à côté .
A l’inverse, la lutte contre le terrorisme est extraordinairement onéreuse. La guerre en Afghanistan contre les Talibans, guerre au trois quarts déjà perdue, a coûté pendant près de 10 ans, aux USA des sommes fantastiques et, fâcheusement, d’une efficacité douteuse : plusieurs trillons, plusieurs dizaines de milliards de dollars. Aux terroristes, l’opération n’a pratiquement rien coûté : le coût de quelques heures d’entrainement pour apprendre à piloter des avions gros porteurs : une modeste poignée de dollars. Et pour que résultat magnifique! La destruction des deux tours jumelles du World Trade Center et plus de 2000 morts . Comble de satisfaction, c’est l’ennemi lui-même, l’Amérique, qui a fourni les armes pour mener l’opération à bonne fin : les deux avions de l’American Airlines et de l’United Airlines . On ne peut rêver mieux. Et, en France, combien va coûter au budget de la défense nationale le stationnement de quelques 10 000 soldats dans nos rues pendant 6 mois au moins?
Quoiqu’il en soit, il est manifeste que les volontaires de la mort n’ont guère manqué que ce soit au Pakistan, en Irak ou en Libye ou récemment au Yémen ou au Kénya. Tous les motifs, mêmes les plus futiles, les plus invraisemblables, les plus incompréhensibles sont bons pour faire périr son voisin. Le terrorisme frappe ainsi sans discrimination les Chrétiens que les Musulmans ne supportent pas (en Egypte, au Pakistan et un peu partout au Moyen Orient), les Chrétiens contre les Musulmans (au Mali), les Musulmans entre eux, Sunnites contre Chiites, bref, tous individus, toutes collectivités qui ne sont pas en concordance parfaite avec la communauté dominante à laquelle appartiennent les terroristes
Il atteint, là encore sans discrimination, hommes femmes et enfants, dans les lieux de passage fréquentés, ou les lieux de rassemblement, marchés, casernes, les lieux de prières, églises ou mosquées à l’occasion, sachant bien que pour les auteurs de ces atrocités « Dieu reconnaîtra les siens » . En l’occurrence, il s’agit d’Allah. Les hommes sont toujours prompts à mettre Dieu au service de leurs crimes. Cela leur sert de justification.
Le terrorisme n’existe pratiquement plus en terres chrétiennes, après, reconnaissons- le , des siècles de sauvageries en tous genres. N’oublions pas la Saint Barthélémy et les guerres de religion qui ont ensanglanté le sol de l’Europe tout au long du 16° siècle. Là, il s’agissait, il est vrai de faire peur certes, mais aussi purement et simplement d’ éliminer les fidèles de l’autre religion, celle d’en face.
Mais aujourd’hui le terrorisme à caractère religieux est presque exclusivement le privilège des Musulmans, ou plus précisément de cette frange extrémiste désignée sous le vocable d’Islam radical. On tue au nom d’Allah plutôt qu’au nom de Dieu. Piètre satisfaction pour les victimes il est vrai. Il a frappé en France en ce début d’année, aussi en Angleterre en à Madrid précédemment.
Mais nos pays ont été épargnés, grâce au Ciel, pour l’instant de ces machines à tuer en masse que sont les voitures piégées. Là, les morts se comptent par centaines et les blessés par milliers. En revanche, on sait s’il en a été fait grand usage ailleurs, en Irak, en Syrie et maintenant au Yémen. Ce sont des procédés d’autant plus terrifiants que la parade est extrêmement difficile à mettre en œuvre, surtout dans des pays où les ressources budgétaires sont limitées, les services de renseignements rudimentaires et l’appareil policier inadéquat.
Mais, pour l’instant tout au moins, sa terre de prédilection demeure le Moyen Orient, cette zone de turbulences perpétuelles que rien ne semble devoir apaiser . Là, le terrorisme contemporain ne recule devant aucune atrocité, décapitations en série ou à « l’ancienne » ou même le bûcher comme pour ce malheureux pilote jordanien brûlé vif dans une cage de fer. C’est qu’il s’agit de « faire atroce » pour alimenter les images d’épouvante qui iront alimenter les écrans de télévision de par le monde. La télévision est devenue un instrument de choix pour le terrorisme à grand spectacle. Sa cible est évidement les téléspectateurs de nos pays qui ne rechignent pas excessivement à se faire peur devant l’écran, pour autant que le coup ne passe pas trop près.
Voilà donc les fruits amers de ce « printemps » de l’islamisme radical dont nul ne concevait qu’il puisse naître si promptement des cendres du « Printemps arabe » célébré avec bonheur voici peu par les médias extasiés du monde entier. Il est vrai qu’en termes de naïveté la presse occidentale n’a pas son pareil au monde, toujours prête à prendre ses désirs pour des réalités. Comme si les pays étrangers dans le Tiers Monde en quête de changement devaient obligatoirement s’aligner sur le modèle occidental et emprunter les mêmes cheminements que lui. Cette illusion a nourri toutes les interventions françaises et américaines en Libye, en Irak, en Afghanistan, bref un peu partout où nous avons cru bon de mettre les pieds. Aujourd’hui la Libye attaquée par Nicolas Sarkozy, inspiré par un soit- disant philosophe , – est en plein chaos. Al Qu’Aïda s’y taille une place de choix par la terreur. A quand le tour de la Syrie ?
Dès lors que faire ?
Une politique étrangère ne se bâtit pas à coups de bons sentiments ni de morale bourgeoise . Un doigt de cynisme teinté d’un soupçon de réalisme ne messied pas. Nous avons voulu combattre le terrorisme en dehors de nos frontières ? Nous l’avons importé chez nous.
Pour être réaliste il faut prendre conscience, comme les présidents occidentaux, américains ou français auraient intérêt à le faire, de la triste leçon des 30 dernières années. C’est que le meilleur rempart contre le fanatisme religieux et le terrorisme qui lui est étroitement associé sont ces tyrans laïques ou non, disparus ou toujours en place : Saddam Hussein en Irak, Kadhafi en Libye, Bachar el-Assad en Syrie . Inspirés par une bonne conscience bourgeoise inepte nourrie de nos chères valeurs et un aveuglement naïf, nous avons cru indispensable de les faire disparaître ou d’envisager de le faire. Pour mieux voir fleurir les pires atrocités sur leurs ruines. Beau travail …
Après tout, Mustapha Kemal, qui n’était pas un tendre, lorsqu’il a voulu faire de la Turquie un pays moderne, n’a rien trouvé de mieux que d’imposer la laïcité de gré ou de force, en employant la manière forte à l’occasion, si nécessaire pour éliminer ou plus précisément, cantonner un Islam à l’époque omniprésent. Et cela a marché. A l’inverse, avec Erdogan, le Premier Ministre turc actuel, l’Islamisme militant, et donc intolérant, est en passe de reconquérir le terrain perdu.
Sur le plan intérieur, la tâche n’est guère facilitée par la présence, bâtie par nous -mêmes, de communautés plus ou moins soumises à l’influence de l’Islam, et donc susceptibles à tout instant de dériver marginalement, pour des raisons circonstancielles, vers un radicalisme dangereux. Mais il est vrai que nos sociétés ne sont pas sans défense ni dépourvues de moyens techniques efficaces susceptibles d’être mis en œuvre pour contenir la menace.
Reste qu’un équilibre toujours délicat est à observer entre sécurité et liberté. Dans des cas extrêmes, il est assuré que l’opinion sera prompte à renoncer aux libertés en faveur de la sécurité, tant il est vrai qu’aucune société moderne ne peut vivre en permanence dans la crainte quotidienne d’un attentat. Les Pieds Noirs en Algérie pendant la guerre et les Israéliens de nos jours ont connu et connaissent encore ce genre de situation intolérable et difficile à vivre. Il est aisé de prêcher à autrui la morale et la modération à distance dans l’espace et dans le temps.
Sur le plan externe, l’intervention en Afghanistan est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Après les Russes, les Américains s’y sont cassés les dents et les Talibans sont déjà de retour. L’exemple à suivre vient peut-être, pour une fois, de la Russie soumise au terrorisme tchétchène. La solution a consisté à mettre en place un gouvernement tchétchène musulman, parfaitement étranger à toutes nos normes habituelles de la démocratie. Il est odieux, bigot, arriéré et féroce. La condition féminine y est détestable. Mais le gouvernement de Ranzan A . Kadyran maintient, d’une poigne de fer, l’ordre interne et la paix avec la Russie. Il n’y a plus d’attentats terroristes. Le pouvoir russe ne lui en demande pas plus.
Faisons- en autant. Cessons de vouloir à tout prix implanter la démocratie et les libertés publiques et privées dans des sociétés où elles ne peuvent manifestement pas germer . Il faut pratiquer le droit de non-ingérence, l’anti- Bernard Kouchner en quelque sorte. Nous ne nous en porterons que mieux.
A cet égard, quelle bourde historique magistrale le fameux Laurence d’Arabie a commise dans les années 20 pour aller fédérer les tribus de la péninsule arabique pour les libérer de la tutelle turque ! Cet agité –le Bernard Henri Levy de l’époque- aurait bien mieux fait de les laisser tranquilles et se débrouiller toutes seules. Nous aurions aujourd’hui un Moyen Orient beaucoup plus serein et paisible.
Car, après tout, quel décret divin, quel ordonnance venue du ciel ont fait de nous les justiciers et les réformateurs de tous les pays du monde ? Devons-nous modifier, formater le monde entier à l’image de nos principes, de notre droit, de nos valeurs, de nos habitudes et de nos coutumes ? C’est ici que l’arrogance naïf de l’Occident montre son vrai visage, celui de l’innocence.
Il faut s’y résigner : le monde à l’image de l’Occident, dans ses vertus et ses faiblesses, n’est pas pour demain, n’en déplaise à Francis Fukuyama, dont le livre , « La fin de l’histoire », constitue la plus fabuleuse pitrerie intellectuelle des temps modernes. Il n’est pas étonnant qu’il ait connu un tel succès de libraire. L’esprit de l’homme éclairé est toujours friand de balivernes.